Œuvres avec des éclaircissements historiques

Boileau

Remarquable exemplaire de présent orné de 61 gravures en premier tirage de cette « première édition des Œuvres de Boileau où l’on ait réuni le Bolaeana » (Brunet, I, 1059).

Superbe exemplaire relié en maroquin de l’époque aux armes de Marie-Sophie-Émilie-Honorate Colbert, marquise de Seignelay, comtesse de Montmorency-Tancarville (1712-1747).

2 volumes in-4, maroquin olive, roulette fleurdelisée et large dentelle en encadrement avec fleurs, fruits, motifs foliacés, armoiries centrales, dos à nerfs richement ornés aux petits fers avec pièces d'armes alternées, roulette intérieure, doublure et gardes de papier dominoté à motifs de grandes fleurs jaunes, roses et taupe sur fond foliacé violet, tranches dorées. Reliure de l'époque.

288 x 213 mm.

Première édition des Œuvres de Boileauoù l’on ait réuni leBolaeana, ouvrage de De Losme de Monchesnay.

« En tout, 1 portrait par Rigaud, gravé par Ravenet, 1 fleuron qui sert aux deux titres, 7 vignettes par Trémollières, gravées par Ravenet, 38 culs-de-lampe, dont beaucoup de semblables, et 6 lettres ornées, dont une répétée, non signée, plus 1 fleuron à écusson en tête de la préface.

Ce qui donne de l’intérêt à cette belle édition, c’est que l’orthographe de Boileau n’a point été modernisée, comme dans toutes les autres.

On trouve assez souvent dans cette édition la suite des 6 figures de Cochin, pour le Lutrin, entourées d’un cadre historié. Nous pensons que ce sont là les premières épreuves utilisées ensuite, le cadre effacé, dans l’édition de 1747 » (Cohen, 168)

L’abbé Souchay avait déjà donné, en 1735, une édition de Boileau, en 2 volumes in-12, avec une vie de l'auteur par l'abbé Goujet, et de courtes notes.

Le moraliste, qui écrivit « il faut avoir de l’âme pour avoir du goût », Vauvenargues, rend au critique cet hommage délicat et pénétrant : « La raison n’était pas distincte, dans Boileau, du sentiment : c’était son instinct. Aussi a-t-elle animé ses écrits de cet intérêt qu’il est si rare de rencontrer dans les ouvrages didactiques ». En même temps, on installait Boileau dans cette espèce de royauté scolaire qui devait assurer son autorité, mais aussi l’exposer aux sarcasmes des poètes insurgés contre l’école. Pas plus qu’à Racine, en effet, les romantiques ne ménagèrent au Législateur du Parnasse les horions ni les nasardes. « Vieille perruque » est une de leurs moindres injures. Lui-même le théoricien de la « déraison » ce Musset pour qui les Satires et les Epîtres n’étaient que « tisane à la glace », laissera bientôt sur sa table Racine voisiner avec Shakespeare sous l’œil satisfait de Boileau. Et quand Gautier sera passé d’Albertus aux Emaux et Camées, il ne méprisera plus si allègrement l’ouvrier probe, scrupuleux qui se faisait de l’Art une si respectueuse idée. Flaubert lui-même s’inclinera devant la ferveur et le zèle que le satirique met au service de la langue française.

Aujourd’hui la question Boileau ne se pose plus. Le grand polémiste est au-dessus des polémiques, son affaire est classée et, croyons-nous, tout à son avantage. Des universitaires éminents (Brunetière, Lanson) ont parfaitement défini son rôle de combattant et l'importance de son action. Ils ont également mis en lumière la franchise de son inspiration et la qualité de son art. Ils ont montré que ce législateur et ordonnateur n'avait rien d'un timide ni d'un conformiste. On a même découvert que cet amateur de formules précises et de principes rigoureux trouvait dans le sublime et dans la poésie un je-ne-sais-quoi irréductible aux analyses comme aux définitions, bref, que son esprit géométrique s'alliait à cet esprit de finesse qui est une forme de l'intuition. Enfin on a pénétré dans l’intimité de l'homme. On connaissait son esprit, sa droiture, sa probité ; on a découvert son humeur joyeuse, sa fantaisie, son amour de la vie, sa bonté, la délicatesse de son cœur, on l'a jugé digne non seulement de respect, mais de sympathie et d'amitié. Il y a un siècle environ, Gautier tâcha de réhabiliter ses victimes. En fait, l'arrêt rendu depuis par la postérité, juge suprême des procès littéraires, cet arrêt définitif est tout à l'honneur du poète et de l'homme qu'estimaient également Antoine Arnauld, grand homme de Port-Royal et Bourdaloue, gloire de la Compagnie de Jésus.

Exemplaire de présent, dans lequel on a relié les 6 planches hors texte de Cochin pour Le Lutrin, celles-ci placées dans un encadrement historié répété.

Superbe exemplaire relié en maroquin vert de l’époque - dos légèrement éclaircis - aux armesde Marie-Sophie-Émilie-Honorate Colbert, marquise de Seignelay, comtesse de Montmorency-Tancarvilleet dame de Gournay, fille de Marie-Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay, maître de la garde-robe et brigadier des armées, et de Marie-Louise-Maurice de Furstenberg, née en 1712. Elle fut la première femme de Charles-François, IIème du nom, duc de Piney-Luxembourg, maréchal de France, décédé en 1764, qu'elle avait épousé en 1724 ; elle mourut à Paris le 29 octobre 1747.

Ex-libris ancien calligraphié de Margaret Graves.

Vendu