L'Apocalypse
Édition originale de L’Apocalypse de Bossuet.
Précieux exemplaire, complet de L’Abrégé de l’Apocalypse non signalé par Tchemerzine, finement relié à l’époque en élégant maroquin rouge aux grandes armes de Michel Le Tellier, marquis de Louvois.
In-8 de 96 pp., pp. 1 à 496, (17) ff. pour l'Abrégé de l'Apocalypse, pp. 497 à 838, (16) ff.
Maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, grandes armoiries frappées or au centre, dos à nerfs richement orné, roulette dorée sur les coupes, roulette intérieure dorée, tranches dorées. Reliure de l'époque.
192 x 122 mm.
Bossuet, Jacques-Bénigne. L’Apocalypse avec une Explication.
Paris, veuve de Sébastien Mabre-Cramoisy, 1689.
Édition originale deL’Apocalypsede Bossuet.
Tchemerzine II, p. 384 ; Verlaque, p. 42 ; Bourseaud, p. 18 ; Soultrait, Bibliothèque J. Bonna XVIIe siècle, 39 & 40 ;
« L'Apocalypse sous la main de Bossuet devient un poème en prose, lourd d'images qui se soulèvent lentement, se déploient et éclatent. Je relis ces deux textes régulièrement : on n'a pas tant, dans notre langue, de ces tentatives presque hallucinées qui se hissent au mystère, à la prophétie.
L'Apocalypse, traduite par Bossuet, ce n'est pas une version historique du grand texte mystique, c'est l'Apocalypse tout entière, dans un sortir de pluie, encore toute trempée de glaise, dans l'élan lyrique qui l'a construite. C'est une jeunesse de langue, c'est l'Apocalypse définitive, c'est l'Apocalypse poème qui nous porte tous dans les abîmes du présent.
Jean, l'exilé, dans un empire romain multipliant les persécutions à l'encontre de ses co-religionnaires, reprend les images et le flambeau des vieux prophètes, et l'amplifie encore. Voilà les cavaliers, l'hydre et les serpents, voilà la prostituée, les avertissements, les châtiments, les promesses et enfin la ville qu'on reconstruit, où plus jamais besoin de fermer les portes. Tout est brûlant, acéré, multiplié. C'est ce que Bossuet assume, depuis le vieux grec, en amont de la vulgate latine, pour en retrouver l'épaisseur, l'abrupt.
Mais Bossuet bâtit une autre fondation souterraine : l’Apocalypse est un des plus grands poèmes prophétiques de notre vielle civilisation, et en fait ici l’ébranlement de notre langue moderne. » F. B.
Exemplaire bien complet de l’Abrégé de L’Apocalypse, en 17 ff. intercalé entre les pages 496 et 497 dont ni Tchemerzine, ni Rochebilière, ni Brunet ne font état.
« Ni Brunet, ni Claudin, dans le catalogue Rochebilière, ne signalent les 17 feuillets pour l'Abrégé de l'Apocalypse, intercalés entre le dernier chapitre de l'Apocalypse et l'Avertissement aux Protestants » (Cat. De Backer).
Magnifique exemplaire, grand de marges, finement relié à l’époque en maroquin rouge aux armes de Michel Le Tellier, marquis de Louvois.
François-Michel Le Tellier (1641-1691), marquis de Louvois et de Courtenvaux fut conseiller au Parlement de Metz et obtint le 13 décembre 1655 la survivance de la charge de ministre et secrétaire d Etat ; il devint en 1666 secrétaire d'Etat à la guerre, surintendant général des postes en 1668, chancelier et commandeur des ordres du Roi le ler janvier 1671, ministre d'Etat en février 1672 et surintendant des bâtiments, arts, manufactures et commerce de France en septembre 1684.
L'administration de Louvois fut des plus remarquables et assura à la France la suprématie militaire, mais sa dureté et son ambition provoquèrent plusieurs guerres inutiles et la révocation de l'édit de Nantes.
