Collection de differens ouvrages anciens
Édition originale rarissime – l’un des deux exemplaires imprimés sur papier bleu – de cette prestigieuse « collection tirée à seulement 56 exemplaires,
si connue des amateurs, écrit Nodier. Elle contient plusieurs ouvrages singuliers et fort rares réimprimés par les soins de Pierre-Siméon Caron (1740-1815) ».
Superbe exemplaire « Renouard » avec ses gardes en peau de vélin et Duriez, relié en maroquin uniforme de l’époque de Courteval.
Ensemble 11 pièces en 10 volumes in-8. Maroquin bleu nuit à grain long, double filet or encadrant les plats, dos lisse de filets et fleurons dorés, roulette à la chaîne dorée sur les coupes, roulette intérieure dorée, non rogné. Reliure de l’époque de Courteval.
186 x 118 mm.
Caron, Pierre-Siméon. Collection de differens ouvrages anciens, poésie et facéties, réimprimés par ses soins.
Paris, 1798-1806.
Brunet insistait déjà il y a 150 ans sur l’intérêt et la rareté de cette collection très recherchée de textes littéraires anciens : « Cette collection qui contient la réimpression de plusieurs ouvrages singuliers et fort rares deviendra un jour difficile à trouver puisqu’elle n’a été tirée qu’à 56 exemplaires dont 12 en papier vélin, 2 en papier bleu, 2 en papier rose et le surplus en papier ordinaire. Le nombre des collections complètes est moindre car en raison de la parution échelonnée des volumes, plusieurs personnes ont eu la négligence, ayant acquis les premiers, de retirer les derniers ». (Brunet, Paris, 1870).
Brunet, Manuel du libraire, I, 1592-94. Gay-Lemonnyer, Bibliographie des ouvrages relatifs à l'amour, III, p. 963 et 766, 780. Charles Nodier, Mélanges tirés d'une petite bibliothèque, p. 64 à 76. Pixerécourt, Cat. de la bibliothèque (1839). N° 1628.
Précieux exemplaire de cette collection de pièces littéraires, totalement disparues du marché, l’un des 2 complets sur papier bleu, imprimés il y a 228 ans.
Il comprend notamment :
I) Recueil de plusieurs farces tant anciennes que modernes…
Paris, Nicolas Rousset, 1612, comprenant : Farce nouvelle et recreative du medecin qui guarist de toutes sortes de maladies ; Frace de colin ; Farce nouvelle de deux savetiers, l’un pauvre, l’autre riche ; Farce des femmes qui ayment mieux suivre et croire Folconduit et vivre a leur plaisir ; Farce nouvelle de l’Antéchrist et de trois femmes ; Frace joyeuse et recreative d’une femme qui demande les arrerages à son mary ; Chanson nouvelle ; Farce nouvelle… en tout 144 pages.
II) Sottie à dix personnages, iouée à Geneve en la place du Molard, le dimanche des Bordes, l’an 1523, à Lyon, par Pierre Ribaug. – Sottie iouée le dimanche après les Bordes, en 1524, en la iustice, pour ce que le dimanche des Bordes faisait gros vent, fut continuée ladite sottie. Et ioua la grand-mère, maistre Pettremane, grand ioueur d’espée, etc. 48 pages.
III) Farce iouyeuse et recreative du galant qui a faict le coup, à quatre personnages.
A Paris, 1610, Chanson nouvelle, 27 pages, 25 pages chiffrées et 2 ne le sont pas.
La Farce de la querelle de Gaultier-Garguille, et de Perrine, sa femme, avec la sentence de séparation entre eux rendue, à Vaugirard, par aeiou, à l’enseigne des trois raues, fig., 16 pages.
IV) Le ieu du Prince des Sotz et mère Sotte joué aux Halles de Paris, le mardy gras, l’an mil cinq cens et onze, fig., 58 feuillets chiffrés d’un seul côté.
V) Le mystère du chevalier qui donna sa femme au dyable, à dix personnes, 39 feuillets.
VI) Le plat de carnaval ou les Beignets appretés, par Guillaume Bonnepâte, pour remettre en appétie ceux qui l’ont perdu. A Bonne-Huille, chez Feu-Clair, rue de la Poële à la pomme de Reinette, l’an dix-huit cent d’œufs, fig., 2 ff. blancs, 2 ff « objet de curiosité », X pp. et 142 pp., 1 f. – Carton ouvert aux gensbons, vrays et joyeux amis ; car on ne doit rien avoir de caché pour eux, 8 pages non chiffrées.
VII) Nouvelle moralité d’une pauvre fille villageoise, laquelle ayma mieux avoir la teste couppée par son père, que d’estre violée par son seigneur, faicte à la louange et honneur des chastes et honnestes filles, à quatre personnages. A Paris, chez Simon Caluarin, rue S. Jacques, à la Rose blanche couronnée, fig., 38 pages.
VIII) Traduction des Noels Bourguignons de M. de La Monnoye, 1735, 24 pages, non compris les 2 pages de titre – Les chansons folastres des comédiens (recueillies par un d’eux et mises au iour en faveur des Enfans de la Bande ioyeuse, pour leur servir de remède préservatif contre les Tristes dits mélancholicomorboafflatos. A Paris, chez Guillot-Goriu, aux Halles près le pont Alais, à l’enseigne des trois Amys, 1637). 16 pages. – Chute de la médecine et chirurgie, ou le monde revenu dans son premier âge, traduit du chinois, par le Bonze Luc-Esiab, A Emeluogna, la présente année 000,000,000, 8 pages.
IX et X) Opus Morlini, complectens Novellas Fabulas et comoediam, intergerrine datnm : il est, innumeris mendis tum latinae dictionis, tum ortographiae etiamque interpunctionis quibus scatet i editione priori, in hâc posteriori non expurgatum, maximacurâ et impensis Petri Simeonis Caron bibliophili ad suam nec on amicorum oblectatjonem rursus editum. Parisiis, M. DCC.IC. Suivi de : Epilogus Operis : Errores – Corre – Morlinus ad lectorem – Conclusio Lectori bibliophilo et rariorum amanti. 165 feuillets, dont 3 premiers feuillets non chiffrés 147 chiff., et 15 dern. non chiff.
La sotie est un dialogue sans action dramatique, entre Sotte commune (le peuple), le Prince des sots (le roi de France), Mère sotte (l'Église) et divers comparses. Au dénouement, Mère-sotte, dont tous ont compris l'ambition et la rapacité, est honteusement démasquée.
Gaultier Garguille est le surnom du normand Hugues Guéru. Il fut au tout début du XVIIe siècle un célèbre farceur battant le pavé parisien avec des pièces qu'il improvisait, d'un ton proche de celui de la commedia dell'arte. Dénoncé par les comédiens patentés, il obtint de Richelieu de jouer à l'Hôtel de Bourgogne. Ses chansons, pour la plupart fort grivoises, ne manquent pas de charme : Gaultier Garguille possédait un sens du langage bien à lui mais il savait aussi puiser dans le vieux fonds populaire.
Magnifique exemplaire complet des 11 pièces, en 10 volumes, à très grandes marges, l’un des deux sur papier bleu et le seul avec ses gardes en peau de vélin, relié avec luxe en maroquin bleu de l’époque de Courteval.









