Contes orientaux
Les Contes orientaux de Caylus ornés de 8 belles gravures.
Très bel exemplaire de cette rare édition originale conservé dans sa reliure de l’époque au chiffre du duc de Valentinois.
2 volumes in-12 de I/ (4) ff., 312 pp., (4) ff., 4 gravures ; II/ (1) f., 331 pp., 4 gravures.
Veau marbré, dos à nerfs ornés de filets et motifs dorés, chiffre couronné en pied, pièces de titre et de tomaison en maroquin rouge, filet or sur les coupes, tranches rouges. Reliure de l’époque.
168 x 96 mm.
Caylus, Anne Claude Philippe, comte de. Contes orientaux tirés des manuscrits de la bibliothèque du Roy de France, ornés de figures en taille douce.
La Haye, 1743.
Rare édition originale et premier tirage des 8 gravures des Contes orientaux de Caylus.
Barbier, I, 748 ; Cohen, 99 ; Bibliothèque du baron Jérôme Pichon, 1057 ; Bibliothèque Edouard Rahir, IV, 1000.
« Les contes de fées et les récits merveilleux occupent dans l’œuvre littéraire de Caylus une place importante, sans doute la première » (Jean-Paul Sermain).
« Dans les dernières années du règne de Louis XIV, l’engouement pour les contes se prolonge dans la vogue des récits orientaux : à partir de 1704, Galland publie sa « traduction » des Mille et Une Nuits. Le goût pour les contes arabes ou persans s’inscrit dans l’intérêt croissant du public pour l’exotisme. Dans cette période de crise des valeurs, l’intérêt porté aux mœurs des pays étrangers nourrit la remise en question des institutions politiques et religieuses et c’est sur cette confrontation entre le regard étranger et le comportement des Français que Montesquieu construira ses Lettres persanes » (F. Hahn).
« Le comte de Caylus (1692-1765) put se livrer entièrement à son goût prononcé pour les arts, le satisfaire et l’augmenter par différents voyages entrepris pour son instruction. Ainsi, après avoir visité l’Italie, dont il admira les chefs-d’œuvre avec transport, il partit pour le Levant, à la suite de l’ambassadeur de France près de la porte Othomane. Passant quelques jours à Smyrne, il profita de ce séjour pour explorer les ruines d’Éphèse et celles de Colophon, connues alors de si peu d’Européens ».
Très bel exemplaire relié à l’époque pour le duc de Valentinois, l’un des grands collectionneurs du XVIIIe siècle, qui y a ajouté une note piquante, identifiant la dédicataire des contes : « La Comtesse de Mailli, sultane déposée » (l’une des trois sœurs Mailly successivement maîtresses de Louis XV, Louise Julie avait eu la faveur royale de 1733 à 1739 puis en 1742, juste avant la publication des Contes).
Jacques-François-Léonor de Goyon-Matignon (1689-1751) fut nommé colonel d’infanterie et obtint en 1713 la charge de lieutenant général de Normandie. En faveur de son mariage, Louis XIV lui accorda le 24 juillet 1715 le brevet de duc et pair de France, au titre du duché de Valentinois. Devenu Prince de Monaco, il rentra à Paris où, dans son somptueux hôtel, il donna libre cours à son goût des lettres et des arts, recevant artistes et écrivains, dont Voltaire (O. Hermal, pl. 1820).





