Novelas

Cervantes, Miguel de
Bruxelles, Roger Velpio et Huberto Antonio, 1614.
Prix : 25 000 €

Le célèbre exemplaire en vélin ivoire de l’époque des Novelas de Cervantes de 1614 de François de Béthune (1598-1678), fils du Duc de Sully, compagnon privilégié du roi Henri IV, avec sa signature autographe sur le titre.

In-8 de [8] ff., 616 pp., vélin ivoire, dos lisse, traces d’attaches. Reliure de l’époque.

177 x 105 mm.

Cervantes, Michel. Novelas exemplares de Miguel de Cervantes Saavedra. Dirigido a don Pedro Fernandez de Castro, conte de Lemos, de Andrade y Villalus, etc. 
Bruxelles, Roger Velpio et Huberto Antonio, 1614.

Précieuse deuxième édition autorisée, la première imprimée hors d’Espagne, la quatrième chronologiquement, après la première donnée à Madrid, en 1613, par Juan de la Cuesta, et une contrefaçon sévillane et une pirate parue à Pampelune.

Les Novelas ejemplares, publiées pour la première fois à Madrid en 1613, regroupent 12 récits originaux et expérimentaux, précédés du célèbre Prólogo de l’auteur, dans lequel il exprime sa fierté et sa satisfaction vis-à-vis de cette collection.

La composition des Novelas se répartit entre les nouvelles "idéalistes" et celles "réalistes". Son influence sur le développement de la novella espagnole fut considérable, et son succès populaire important. L'ouvrage inspira les grands noms des Lettres françaises, Scarron, La Fontaine et plus tard Voltaire ou Diderot qui vouait à l'auteur castillan une véritable admiration.

Elle est dédiée au Comte de Lemos, Gouverneur du Royaume de Naples.

Composées entre la première et la seconde partie de Don Quichotte, les Nouvelles exemplaires représentent le monument le plus achevé de l'œuvre narrative de Cervantès.

Le recueil se compose de 12 nouvelles : La petite gitane, L’amant généreux, Rinconète et Cortadillo, L’espagnole anglaise, Le licencié Vidriera, La force du sang, L’illustre servante, Les deux jeunes filles, Cornelia, Le mariage trompeur, Le colloque des chiens, La fausse tante.

Toutes ces Nouvelles ou Contes moraux brossent un tableau achevé de la société espagnole à la manière d’un manuel de savoir-vivre, brodé des perles rares des « entremeses », sorte de sketches alertement troussés qui évoquent avec une étrange résonance psychologique et une amère gaieté une société en dissolution.

« Le cadre conventionnel de la nouvelle italienne se brise ici - pour atteindre un équilibre esthétique intérieur qui ne dépend plus de règles apparentes et fixes. Cervantès part de la tradition pour cueillir, au-delà de toute convention, les aspects de cette humanité qui s’agitait sur les places et dans les rues de l’Espagne de son temps. Il arrive à ce résultat par l’emploi de procédés esthétiques entièrement nouveaux, dont il est l’initiateur ; grâce à un dialogue serré et vif, le récit progresse, sans une faille, traduisant fidèlement l’évolution psychologique des personnages ; point de notations qui ne soient déduites, et toujours avec bonheur, de la situation elle-même ; la peinture est sobre, juste ; le style, brillant et précis ; la vie s’y reflète dans ses aspects multiples ; tour à tour tragique et comique ; dans certains récits où s’affrontent les instincts élémentaires de la vie - et qui comptent parmi les meilleurs, - on assiste à la naissance d'une poésie brutale et cependant jamais vulgaire ; car si rien n’échappe au regard pénétrant de l’auteur, rien non plus qui ne soit évoqué avec amertume : mais constamment ce sourire ironique, légèrement résigné, et, somme toute, bienveillant, où s’exprime un amour malheureux mais attentif des hommes. »

La rareté des toutes premières éditions des Nouvelles de Cervantès est légendaire et soulignée à juste titre par les bibliographes.

Brunet mentionne ainsi qu’en 1828, Salva ne connaissait qu’un seul exemplaire en Espagne de la première édition de 1613. Le bibliographe cite seulement 2 autres exemplaires.

La seconde édition est considérée « comme presque aussi rare et aussi recherchée que la première ».

La troisième imprimée à Pampelonne en 1614 présente la même rareté.

Brunet répertorie ensuite cette présente édition imprimée à Bruxelles en 1614 et ne cite que 2 exemplaires ; les exemplaires des bibliothèques Hibbert et Heber. Petit manque au coin supérieur droit du f. Y1 et f. Oo4.

Remarquable exemplaire du fils du Duc de Sully (1559-1641), compagnon d’Henry IV.

François de Béthune (1598-1678), duc d’Orval, Pair de France, Lieutenant général des armées du roi (1652), Grand-Voyer de Paris, Surintendant des Bâtiments de France.