René - Génie du Christianisme

Chateaubriand, François-René de
Paris, An X (1802).

Éditions originales célèbres de René de Chateaubriand et du Génie du christianisme.

Magnifique exemplaire en reliure de l’époque de la baronne de Cholet.

4 volumes in-8 de : I/ X et 292 pp. (mal chif. et 396), (2) ff., 85 pp. et 10 pp. ; II/ (2) ff., 342 pp. et 14 pp.; III/ (2) ff., 304 pp. et 4 pp. ; IV/ (2) ff., 356 pp. (mal chif. 344) et 75 pp.
Veau fauve raciné, dos lisse richement orné, pièces de titre et de tomaison en maroquin rouge et en maroquin vert, roulette dorée sur les coupes, tranches jaspées. Reliure de l'époque.

194 x 120 mm.

Chateaubriand, François René, vicomte de. René - Génie du christianisme ou Beautés de la religion chrétienne.
Paris, An X (1802).

Édition originale de René publiée avec l’édition originale du Génie du Christianisme quelques jours avant la proclamation officielle du Concordat à Notre-Dame de Paris, en présence du premier consul.
Carteret, I, 160-161 ; Vicaire, II, 281-282.

Dès la parution de René dans Le Génie du christianisme, ce fut le succès, l’enthousiasme surtout, auprès de la jeune génération. On le préféra à Atala, non seulement à cause de ce qu’il faut bien appeler son actualité, mais parce que le style de René ne déconcertait pas par les mêmes hardiesses que celui d’Atala. En fait, ce n’est pas un remède à la mélancolie qu’apporta Chateaubriand ; au lieu d’en guérir son temps, il la mit à la mode. L’influence de René fut immense, non seulement sur des ouvrages immédiatement contemporains, comme l’Obermann de Sénancourt (publié en 1804, mais commencé un an avant la publication de René), l’Adolphe de Benjamin Constant, l’Edouard de Mme de Duras, mais principalement sur les grands écrivains romantiques : Musset tel qu’on le retrouve dans les Nuits et dans La Confession d’un enfant du siècle directement inspirée de René : Vigny, dans certaines pièces des Destinées, ainsi que dans le personnage de Satan d’« Eloa » - Poèmes antiques et modernes : un grand nombre de personnages de Hugo sont des descendants de René : il n’est pas jusqu’à Alexandre Dumas père qui n’ait donné son « René » en composant Antony. Sans vouloir multiplier les exemples qui sont innombrables de l’influence exercée d’une manière durable par Chateaubriand, il faut enfin mentionner Le Rouge et le Noir et surtout Armance de Stendhal. La part de Chateaubriand dans la formation de cette mélancolie romantique qui devait envahir pour plusieurs décennies la littérature est considérable : on peut la comparer à celle de Goethe et de Byron, qu’elle dépasse même, du moins en France. René n’est pas une œuvre composée comme Atala de divisions symétriques, c’est un récit continu. Mais par son style constamment lyrique et la composition en strophes, par l’harmonie solennelle et plaintive du récit de René qui en occupe la presque totalité, c’est un poème, une ode au désespoir.

« Le Génie du Christianisme est, en fait, l'œuvre centrale de Chateaubriand. Les Martyrs furent écrits pour justifier les théories du IVe livre, et la plus grande partie de l'œuvre de Chateaubriand découle des idées qu'il exprime et des positions qu'il prend dans le Génie ».

Le succès de l’œuvre fut immense.

« Il y eut bien des voix discordantes, c'étaient celles des voltairiens athées ; mais l'œuvre n'en donna pas moins à Chateaubriand une gloire immense du jour au lendemain, et elle devait connaître un regain de faveur lors de la Restauration.

L'œuvre exerça une influence durable, non seulement sur la poésie où elle suscita un nouveau genre : la méditation philosophique et religieuse, que devaient illustrer plus tard Lamartine, Vigny et Hugo, et sur la critique littéraire où Chateaubriand se montrait un novateur, mais sur l'histoire (car elle attira l'attention sur une période complètement négligée jusqu'alors : le Moyen Age), sur l'art, en remettant à la mode l'art gothique, où les artistes trouvèrent une nouvelle source d'inspiration et même d'imitation ; enfin, elle créa un mouvement de renaissance religieuse ou du moins elle l'appuya ».

Dans cet exemplaire, le cinquième volume contenant les appendices a été réparti à la fin de chaque tome pour en faciliter la lecture.

Magnifique exemplaire en reliure strictement contemporaine, encore très marquée par le XVIIIe siècle.

Provenance : baronne de Cholet, avec ex-libris.

Vendu