Contes et Nouvelles

La Fontaine, Jean de
Amsterdam (Paris), 1745.

Les Contes de La Fontaine ornés en premier tirage des 67 vignettes de Cochin.

Précieux exemplaire, l’un des rarissimes conservé dans sa reliure en maroquin à dentelle à l’oiseau de Derome, aux armes de Mademoiselle Le Duc, marquise de Tourvoie, danseuse à l’opéra, épouse de Louis de Bourbon-Condé.

De la bibliothèque du Duc de Chartres.

2 tomes en 1 volume petit in-8 : I/ (4) ff., XIV pp., 224 pp., (1) f. ; II/ (5) ff., 268 pp., (1) f.
Maroquin olive, large dentelle à l’oiseau encadrant les plats, armoiries frappées or au centre, dos lisse orné de roulettes formant faux-nerfs et de fleurons dorés, pièce de titre en maroquin rouge, filet or sur les coupes, roulette intérieure dorée, doublures et gardes de tabis rose, tranches dorées. Reliure de l’époque de Derome le jeune.

163 x 100 mm.

La Fontaine, Jean de. Contes et nouvelles en vers. 
Amsterdam (Paris), 1745.

Précieuse édition des Contes de La Fontaine présentant 69 Contes, « ce livre abominable et licencieux ». Bien que datée d’Amsterdam, elle a été imprimée à Paris, chez la veuve Alix. (Rochambeau, pp. 521-522).

Premier tirage.

« Presque toute l’édition porte de nouveaux titres datés 1745 », tels que dans le présent exemplaire. (Tchémerzine, III, 861).

Elle est ornée de 70 vignettes en premier tirage, l’une en tête de la vie de La Fontaine, les autres en tête de chacun des Contes et de 2 fleurons placés dans les titres. 67 vignettes sont gravées par Chedel, Fessard et Ravenet d’après les dessins de Cochin.

Précieux exemplaire, présentant les cartons annoncés par Rochambeau : 3 des gravures d’après Cochin ont été remplacées par de ravissantes réductions de planches de Larmessin, d’après Lancret pour les contes : « A femme avare, galant escroc », « On ne s’avise jamais de tout », et « Les Remois ».

L’exemplaire présente aussi les cartons annoncés pp. 71 et 72.

Les contes réunissent toute l’œuvre licencieuse de Jean de La Fontaine, lequel les désavoua et renonça aux profits de « ce livre abominable », interdit comme immoral. La Fontaine a été le rénovateur du conte français. La facilité qui s’y donne carrière est prodigieuse. « Et s’il arrive qu’elle passe les limites du goût, elle n’en reste pas moins, note encore Faguet, un véritable modèle de narration élégante, fine et gracieuse ».

Somptueux exemplaire, l’un des rarissimes répertoriés conservé dans son maroquin de l’époque à superbe dentelle à l’oiseau deDerome, aux armes de Mademoiselle Le Duc, marquise de Tourvoie, fille d’un Suisse du palais du Luxembourg, maîtresse puis épouse de Louis de BourbonCondé, comte de Clermont.

Cette reliure absolument exquise est extrêmement proche de celle reproduite par J. Guigard. Nouvel armorial du bibliophile I. p. 175.

« Ses reliures devaient être d’une rare beauté. En effet, ici, la bordure se déroule harmonieusement et délicate sous la douce fermeté de ses mouvements. L’écusson placé au centre représente les armoiries parlantes de la marquise de Tourvoie. Catalogue des livres de la Bibliothèque de Mlle Le Duc, dressé par Prault, fils ainé, librairie, quai Conti ». Olivier Hermal reproduit lui aussi ce fer planche 2374.

Condition de toute rareté et très enviable alors que les exemplaires répertoriés par Tchémerzine et figurant dans les grandes collections n’étaient revêtus que de simple maroquin ancien, ainsi les exemplaires des bibliothèques Paillet, Guyot de Villeneuve et Pichon, Montgermont et Descamps-Scrive.

De la bibliothèque du Duc de Chartres avec ex-libris, puis de la Librairie Pierre Bérès, vendu 17 000 € en 2011.

Vendu