Cinna
Édition originale de Cinna de Pierre Corneille imprimée à Rouen en 1643, rarissime en vélin ivoire souple de l’époque.
In-4 de (8) ff., frontispice compris, 110 pp., (1) f. bl.
Vélin ivoire souple. Reliure de l'époque.
224 x 165 mm.
Corneille, Pierre. Cinna ou la Clémence d'Auguste. Tragédie.
Imprimé à Rouen aux despens de l'autheur [par Laurens Maurry], & se vendent à Paris, chez Toussainct Quinet, 1643.
Rare édition originale de ce chef-d’œuvre de Corneille, longtemps considéré comme sa meilleure pièce.
Tchémerzine, II, 544 ; Picot. Bibliographie cornélienne, n° 20, pp. 25 à 28 ; Le Petit, 154-156 ; Catalogue Rothschild, II, n°1145.
Elle est ornée d’un beau frontispice gravé daté 1643, représentant les conjurés implorant la clémence d’Auguste.
Le privilège daté du 1er aout 1642 est accordé pour 20 ans à Pierre Corneille qui déclare en faire cession à Quinet. L’achevé d’imprimer est du 18 janvier 1643.
Pour la première fois, le privilège n'est pas accordé à un imprimeur libraire, mais à un auteur
- en l'occurrence "à nostre amé & feal Pierre Corneille".
Ainsi, à partir de Cinna, Corneille fit imprimer ses ouvrages à ses frais par Laurens Maurry.
Reçu imprimeur depuis 1632 environ, il tenait boutique rue aux Juifs à Rouen, à l'enseigne du Cœur fleurissant.
« Corneille demeura fidèle à Laurens Maurry, qui imprima toutes ses œuvres, même après son installation à Paris, jusqu'à Agésilas » (Michel Dubos).
« Cette superbe tragédie » (Le Petit).
« Cinna rencontre un accueil unanime aussi bien auprès du public que des doctes. Pour mesurer la répercussion de la pièce il n’est qu’à lire la lettre que Guez de Balzac, véritable autorité dans le monde des lettres, adresse à Corneille le 17 janvier 1643 : « Votre Cinna guérit les malades, il fait que les paralytiques battent des mains, il rend la parole à un muet » (F. Wolf).
Tragédie politique, Cinna est, de toutes les pièces de Corneille celle qui, après le Cid, a fait le plus de bruit. Son succès fut extraordinaire. La préférence accordée à Cinna sur tous les autres chefs-d’œuvre de Corneille ne s’explique pas seulement par les beautés de la pièce dont le style atteint un haut degré de perfection. Les contemporains y voyaient une allusion à l’esprit frondeur de l’époque.
Précieux et rarissime exemplaire relié en vélin ivoire souple de l’époque.
Aucun exemplaire de cette édition originale in-4 n’est répertorié en reliure de l’époque sur le marché public depuis l’origine des relevés, il y a 41 ans (A.B.P.C.) Un seul exemplaire relié par un maître du XIXe siècle subit le feu des enchères : l’exemplaire Barthou décrit comme court de marges (hauteur 219 mm), adjugé cependant près de 3 000 € il y a 44 ans. Ce même exemplaire Barthou fut vendu 23 000 € en juin 2008, il y a 11 ans.
Les exemplaires répertoriés par Tchemerzine étaient tous reliés par les maîtres du XIXe siècle : Thibaron-Joly, Duru, Lortic, Trautz-Bauzonnet et Cuzin.





