Mémoires de Mr D'Artagnan

Courtilz de Sandras, Gatien

Édition originale et exemplaire impérial des Mémoires de D’Artagnan, source directe des Trois mousquetaires reliée en maroquin rouge aux armes du Tsar Paul Ier et de l’Impératrice Maria Feodorovna.

3 volumes in-12 de : I/ (3) ff., 440 pp. ; II/ (1) f., 497 pp. ; III/ (1) f., 492 pp.

Cuir de Russie rouge, armoiries impériales frappées or au centre des plats, filets dorés en encadrement, dos à nerfs orné, pièces de titre et de tomaison en maroquin citron, filet or sur les coupes, roulette intérieure, tranches dorées. Reliure aux armes de l’Empereur Paul Ier de Russie et de l’Impératrice Maria Feodorovna, vers 1778-1789.

157 x 92 mm.

Courtilz de Sandras, Gatien. Mémoires de Mr d’Artagnan, capitaine-lieutenant de la première compagnie des mousquetaires du roi, contenant quantité de choses particulières et secrètes qui se sont passées sous le règne de Louis le grand.

Cologne, Marteau, 1700.

Edition originale de ce roman « très curieux » (Jacob), source directe des célèbres Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas.

Quérard, II, p.318; Rahir ; Bulletin Morgand and Fatout, 4129 ; Destailleur, 1817 ; Jacob, 859 ; Barbier, 11503.

« M. Alexandre Dumas s’est avantageusement servi de l’ouvrage rédigé par Courtils de Sandra pour son roman intitulé les Trois mousquetaires. Les noms d’Athos, Portos et Aramis, ces noms si pittoresques y sont écrits en toutes lettres ; les duels, les amours de D’Artagnan et ses aventures avec Milady y sont bien réellement racontées » (Quérard).

« Il faut voir dans les Mémoires de d’Artagnan une préfiguration du roman réaliste car Courtilz de Sandra ne leur donna cette apparence de vérité historique que pour mieux captiver ses lecteurs. Dans la préface, l’auteur prétend puiser la matière de son œuvre dans les papiers de D’Artagnan »

(Dictionnaire des Auteurs, I, 699).

« Trois écrivains ont collaboré aux « Trois Mousquetaires » : Gatien de Courtilz pour le scénario et l’intrigue ; Maquet pour la rédaction grossoyée, le brouillon et en quelque sorte la maquette ; Alexandre Dumas pour l’animation du récit et les dialogues, la couleur, le style, la vie » (Henri d’Alméras).

Dans les Mémoires de Mr de d’Artagnan s’élabore le mythe du gentilhomme de peu qui joue un rôle important dans un ordre social senti comme immuable.

Gatien de Courtilz sieur de Sandras (1644-1712) vécut une existence assez tumultueuse en raison de ses écrits polémistes.

« La hardiesse de sa plume lui valut douze années de Bastille » (Quérard).

Il livre dans ses écrits un tableau coloré de la fin du grand siècle, riche en anecdotes et scandale. L’auteur écrira l’ouvrage à la Bastille où il aurait rencontré D’Artagnan et où les livres censurés, saisis, étaient déposés dans son "enfer", qui deviendrait "la plus belle bibliothèque, soigneusement inventoriée, des ouvrages interdits du royaume" (Portier des Chartreux).

Souvent réédité malgré saisies et interdictions, ce texte brode sur la vie réelle de Charles de Batz-Castelmore, comte d’Artagnan (1600-1673), mousquetaire au service de Mazarin.

L’écrivain avait publié un Testament politique dans lequel il critiquait ouvertement l’absolutisme du roi Louis XIV.

Les Mémoires de d’Artagnan sont pour l’auteur une nouvelle occasion d’élaborer une critique du régime.

Le présent texte ayant été très vite réédité, la majorité des exemplaires de cette édition originale sont constitués de tomes des différents tirages successifs, datant de 1700, 1701 ou 1702.

Le présent exemplaire comporte les trois tomes à la date de 1700 et constitue bien l’édition originale du texte.

Exemplaire impérial relié en cuir de Russie rouge aux armes de l’Empereur Paul Ier et de l’Impératrice Maria Feodorovna (1759-1828).

Le 6 septembre 1776, elle épouse à la chapelle du palais d’Hiver de Saint-Pétersbourg, le tsarévitch Paul Petrovitch (dont c'est le second mariage), fils de Catherine II et de Pierre III.

Le 23 décembre 1777, La grande-duchesse donne naissance à son premier enfant, un garçon, et en avril à un deuxième, ce qui ravit l'impératrice. Mais la bonne entente entre les deux femmes se détériore très rapidement. La Grande Catherine retire l'aîné des enfants à ses parents, puis le second, afin de les éduquer selon sa convenance et sans l'ingérence des parents. Ceux-ci ne sont autorisés à rendre visite à leurs enfants qu'une seule fois par semaine. De la naissance d'Alexandre à celle de la grande-duchesse Alexandra, le couple n'a aucun enfant auprès de lui. Privée de l'éducation de ses deux fils, la grande-duchesse Marie Feodorovna consacre son temps à la décoration du palais de Pavlovsk, don de Catherine en hommage à la naissance de son premier petit-fils. Marie en fait l'une des plus belles propriétés de Russie.

Le tsarévitch Paul Petrovitch et son épouse demandèrent à Catherine II la permission d'effectuer un voyage en Europe occidentale. Sous le pseudonyme de « comte et comtesse du Nord » (Severny en russe, adjectif se rapportant au Nord mais possédant également d'autres références). En septembre 1781, le couple partit pour un voyage de quatorze mois les menant en Pologne, en Autriche, en Italie, en France, en Hollande et en Allemagne. Paris fit une grande impression sur le couple et ils furent présentés à Versailles. Sur le chemin du retour, Marie rendit visite à ses parents. À la fin de 1782, le couple fut de retour en Russie. Marie consacra toute son attention à son palais Pavlovsk où, en 1783, elle donna naissance à la grande-duchesse Alexandra. Pour célébrer la naissance de sa petite-fille, Catherine II fit alors don au jeune ménage du palais de Gatchina, auquel le tsarévitch accorda toute son attention jusqu'en 1796, date de son accession au trône.

Marie Feodorovna possédait un goût exceptionnel. Sous sa direction, le palais de Gatchina, le palais Catherine, le palais Alexandre à Tsarskoïe Selo, le palais d'Hiver à Saint-Pétersbourg et l'Ermitage furent décorés et meublés. Elle aimait les arts et les soutint généreusement. Le plus important de ses héritages fut la création des premières écoles pour femmes en Russie et de multiples organismes de bienfaisance dans tout l'Empire.

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