Le Neveu de Rameau
Première édition française, en date, du Neveu de Rameau « à coup sûr, le grand chef-d’œuvre de Diderot » (en français dans le texte).
Il sera « condamné à la destruction par le Tribunal de la Seine à la fin de 1823 » (Tchemerzine).
Très bel exemplaire de la bibliothèque Génard.
In-8 de (3) ff., 262 pp., (2) ff.
Maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, dos à nerfs orné, filets or sur les coupes, roulette intérieure, tranches dorées.
Reliure signée de Chambolle-Duru vers 1875.
211 x 130 mm.
Diderot, Denis. Le Neveu de Rameau, Dialogue. Ouvrage posthume et inédit par Diderot.
Paris, Delaunay, Libraire, Palais-Royal, 1821.
Première édition française, en date, du Neveu de Rameau de Diderot « condamné à la destruction par le Tribunal de la Seine à la fin de 1823 » (Tchemerzine).
Adams, NR1 ; Tchemerzine, II, 974 ; En Français dans le texte, 153.
Le libraire allemand Goeschen donna une édition en allemand en 1805 à Leipzig de la traduction de Goethe in-12 avec des notes. C’est cette traduction allemande qui fut retraduite en français par MM. De Saur et de saint Geniès et publiée en 1821 comme Ouvrage posthume et inédit.
« Le Neveu de Rameau est, à coup sûr, le grand chef-d’œuvre de Diderot, rédigé pour lui seul dans le secret le plus absolu à partir de 1762 et revu jusque vers 1773, « une œuvre dont la vie amalgame une actualité de vingt ans et, à partir du plus grand disparate, atteint le plus parfait naturel » (Jean Fabre). L’histoire même de ce texte fascinant est un vrai « roman bibliographique » : publié pour une première fois en 1805 dans une traduction allemande par Goethe, le texte est publié en 1821 au t. XXI des Œuvres de Diderot par Brière d’après une copie venant de la fille de Diderot. Conte, dialogue, satire, Le Neveu de rameau est tout cela à la fois, et bien davantage encore. Au Café de la Régence, près du Palais Royal, Diderot (Moi) rencontre Jean-François Rameau (Lui), personnage authentique, neveu du grand musicien. Entre ce bohème et « M. le philosophe » va s’engager un dialogue plein d’esprit, souvent profond, amer, cocasse ou réaliste, sur les sujets les plus divers. Si Rameau reste très près de son modèle, il ressemble par bien des traits à Diderot lui-même, qui joue à merveille de la dialectique de ses deux personnages sans souci de conclure autrement que par ce « Rira bien qui rira le dernier » lancé par Rameau. Chaque ligne reflète une jubilation de l’écriture ; chaque lettre suscite de nouvelles réflexions et renforce l’admiration (Thierry Bodin, En Français dans le texte).
C’est ce pêle-mêle d’observations sur les hommes et leur caractère, sur la musique et les travers du temps qui fait – dans le perpétuel rebondissement du récit, et parmi les surprises du style – la saveur du Neveu de Rameau. Dans cette satire qu’il destinait à une publication posthume, Diderot fait défiler, avec plus de malice que de méchanceté, les « faquins », les « maroufles » de son siècle, comme aussi les victimes désignées de ses polémiques avec des gens de lettres. Il dit leur fait aux Palissot, aux Fréron père et fils, aux Poinsinet, et s’il parle avec sympathie de Greuze ou de Voltaire, nous saurons toutefois que l’un est vaniteux et l’autre sensible à la critique » (Dictionnaire des Œuvres).
Très bel exemplaire provenant de la Bibliothèque Génard, relié en maroquin rouge de Chambolle-Duru.



