Pensées philosophiques
Édition originale des Pensées de Diderot, imprimée sur grand papier en reliure de l’époque
aux armes dorsales de François-Guillaume Castanier d’Auriac.
In-12 de (2) ff., 136 pp., (6) ff. de table.
Veau marbré, filet à froid, dos lisse orné, pièce de titre rouge, pièces d’armes en tête et queue, tranches rouges. Reliure de l'époque.
156 x 90 mm.
Diderot, Denis. Pensées philosophiques.
La Haye, Aux dépens de la Compagnie, 1746.
Edition originale rare du premier grand traité philosophique deDiderot condamné au feu par le Parlement de Paris le 7 juillet 1746.
D. Adams, II, PD2 ; Tchemerzine, II, 919 ; Cioranescu, 24143; Niklaus, p.50 ; Catalogue de Backer, 1205.
Exemplaire sur grand papier. Premier tirage rare des Pensées selon R. Niklaus, second tirage selon Adams.
Diderot dénonce l’absurdité des différents dogmes de la religion chrétienne, qu’il juge contraires à la morale, tout en soulignant la faiblesse des preuves qu’elle invoque, notamment des preuves historiques fondées le plus souvent sur des témoignages suspects. Il s’en prend également à l’idéal d’ascétisme de la morale chrétienne. Diderot entreprend par ailleurs de réfuter l’athéisme auquel il oppose le spectacle de l’ordre de la nature, en particulier celui régnant dans le monde vivant qui révèle, selon lui, l’existence d’une Intelligence créatrice.
« Peu d’ouvrages de Diderot ont été aussi systématiquement critiqués que les Pensées philosophiques si ce n’est l’Encyclopédie elle-même. Dès leur parution, amis et ennemis ont bien vu que les Pensées philosophiques donnaient un ton nouveau à la philosophie des lumières, plus direct, plus indépendant, plus insolent même, moins soucieux que celui de Voltaire de conquérir les suffrages de la mondanité raffinée.
Les traditionnalistes et les ennemis des philosophes n’ont pas été les seuls à voir l’originalité de la pensée de Diderot. Voltaire, visiblement impressionné par ces manifestations d’un génie assez éloigné du sien, s’est penché avec attention à plusieurs reprises sur les Pensées philosophiques. Ses annotations faites avec attention traduisent une inquiétude certaine inquiétude devant l’introduction de l’enthousiasme dans la philosophie des lumières et devant certains aspects de l’argumentation matérialiste de Diderot. L’opuscule de Diderot a été tenu pour un évènement important par ses contemporains et plus d’un quart de siècle après sa parution, il exerce encore la sagacité ou la hargne de ses adversaires » (R. Morin).
Dès que paru, l’ouvrage fut condamné au feu par le Parlement de Paris comme : « présentant aux esprits inquiets et téméraires le venin des opinions les plus criminelles et les plus absurdes dont la dépravation de la raison humaine soit capable et plaçant par une incertitude affectée toutes les religions au même rang pour finir par n’en reconnaître aucune » (Belin, Le mouvement philosophique, p.25).
Précieux exemplaire imprimé sur grand papier revêtu d’une élégante reliure en veau de l’époque aux armes dorsales de François-Guillaume Castanier d’Auriac, né en 1702, qui épousa en 1733 Marie-Louise de Lamoignon de Blancmesnil, fille du premier président au Parlement de Paris ; reçu conseiller au Parlement de Toulouse la même année, il devint maître des requêtes en 1729, secrétaire des commandements de la reine, premier président du Grand Conseil en 1746 et conseiller d’Etat en 1751 ; il mourut à Fontainebleau le 3 décembre 1765.



