Pensées philosophiques

Diderot, Denis
Prix : 13 000 €

« Dans cette première œuvre significative, Diderot marque sa place comme un des maîtres philosophes du siècle » (R. Mortier et R. Trousson).

Édition originale des Pensées de Diderot conservée dans sa fine reliure en maroquin de l’époque.

In-12 de (2) ff., 136 pp., (6) ff. de table.

Maroquin rouge. Reliure de l'époque.

163 x 89 mm.

Diderot, Denis. Pensées philosophiques.

La Haye, Aux dépens de la Compagnie, 1746.

Edition originale du premier grand traité philosophique deDiderot condamné au feu par le Parlement de Paris le 7 juillet 1746.

D. Adams, II, PD3 ; Tchemerzine, II, 919 ; Cioranescu, 24143 ; Niklaus, p.50 ; Catalogue de Backer, 1205.

Un arrêt du Parlement de Paris du 7 juillet 1746 condamna l’opuscule au feu. Il fut attribué à Voltaire et à La Mettrie, mais, en 1749, alors qu’il était en prison à Vincennes, Diderot reconnut la paternité des Pensées.

« Les Pensées philosophiques se rattachent à la littérature clandestine anticléricale du début du siècle qui circulait sous forme de copies manuscrites. Le titre indique qu’il s’agit d’une réponse aux Pensées de Pascal et qui parut faire suite aux Lettres philosophiques de Voltaire ».

Diderot dénonce l’absurdité des différents dogmes de la religion chrétienne, qu’il juge contraires à la morale, tout en soulignant la faiblesse des preuves qu’elle invoque, notamment des preuves historiques fondées le plus souvent sur des témoignages suspects. Il s’en prend également à l’idéal d’ascétisme de la morale chrétienne. Diderot entreprend par ailleurs de réfuter l’athéisme auquel il oppose le spectacle de l’ordre de la nature, en particulier celui régnant dans le monde vivant qui révèle, selon lui, l’existence d’une Intelligence créatrice.

« C’est dans les Pensées philosophiques que nous saisissons, à y regarder de près, l’essence de la pensées diderotienne. Dans cette première œuvre significative, Diderot, en affirmant sa forte et complexe personnalité, marque sa place comme un des maîtres philosophes du siècle » (R. Mortier et R. Trousson).

« Peu d’ouvrages de Diderot ont été aussi systématiquement critiqués que les Pensées philosophiques si ce n’est l’Encyclopédie elle-même. Dès leur parution, amis et ennemis ont bien vu que les Pensées philosophiques donnaient un ton nouveau à la philosophie des lumières, plus direct, plus indépendant, plus insolent même, moins soucieux que celui de Voltaire de conquérir les suffrages de la mondanité raffinée.

Les traditionnalistes et les ennemis des philosophes n’ont pas été les seuls à voir l’originalité de la pensée de Diderot. Voltaire, visiblement impressionné par ces manifestations d’un génie assez éloigné du sien, s’est penché avec attention à plusieurs reprises sur les Pensées philosophiques. Ses annotations faites avec attention traduisent une inquiétude certaine inquiétude devant l’introduction de l’enthousiasme dans la philosophie des lumières et devant certains aspects de l’argumentation matérialiste de Diderot. L’opuscule de Diderot a été tenu pour un évènement important par ses contemporains et plus d’un quart de siècle après sa parution, il exerce encore la sagacité ou la hargne de ses adversaires » (R. Morin).

Dès que paru, l’ouvrage fut condamné au feu par le Parlement de Paris comme : « présentant aux esprits inquiets et téméraires le venin des opinions les plus criminelles et les plus absurdes dont la dépravation de la raison humaine soit capable et plaçant par une incertitude affectée toutes les religions au même rang pour finir par n’en reconnaître aucune » (Belin, Le mouvement philosophique, p.25).

Précieux et bel exemplaire conservé dans sa fine reliure en maroquin rouge de l’époque.