Un Amant
Très rare édition originale française des Hauts de Hurle-Vent.
« Emily Brontë, Un amant, ed. or. de la 1ère traduction de ce qui deviendra Les Hauts de Hurle-Vent, extrêmement rare et recherché.
Chez Coulet et Faure, rue Drouot, 160 (fr.), 19/6/1967 » (note autographe de François Mitterrand).
In-12 de xxviii et 351 pp.
Demi-percaline rouille à coins, dos à la bradel, auteur et titre dorés, motif floral doré au centre du dos, date dorée en queue. Reliure de l’époque.
187 x 117 mm.
Brontë, Emily. Un Amant. Traduction française précédée d’une introduction par T. de Wizewa.
Paris, Perrin et Cie, 1892.
Très rare édition originale française des Hauts de Hurle-Vent.
Notre exemplaire comporte cette note autographe de François Mitterrand : « Emily Brontë, Un amant, ed. or. de la 1ère traduction de ce qui deviendra Les Hauts de Hurle-Vent, extrêmement rare et recherché. Chez Coulet et Faure, rue Drouot, 160 (fr.), 19/6/1967 ».
« La première traduction de Wuthering Heights, le roman d’Emily Brontë, est due à Téodor de Wyzewa qui dans une longue préface cherche à percer les mystères de l’auteur de ce livre si étrange, qu’il a choisi d’intituler Un amant » (Stéphane Labbe).
« Premier texte en français consacré à Emily, la préface de Wyzewa, que nous nous proposons de relire, met en scène l’inscription du « mythe Brontë » en France […] Ainsi rebaptisé, Wuthering Heights devient l’histoire d’une passion extraordinaire au détriment d’une histoire familiale, locale, couvrant trois générations. […] Quant à la préface, fourmillant d’inexactitudes et d’exagérations, elle est d’autant plus intéressante qu’elle est précédée d’un avertissement signalant la suppression de passages originaux jugés non pertinents pour la compréhension de l’ensemble : ‘Nous n’avons fait aucun autre changement au livre d’Emily Brontë ; à peine si nous nous sommes permis de couper, dans les premiers chapitres, quelques passages épisodiques qui embarrassaient le récit’ » (Bénédicte Coste).
Heathcliff, enfant de bohémiens, abandonné par ses parents, a été recueilli par M. Earnshaw comme l’un de ses propres enfants. Après la mort du vieux Earnshaw, son fils Hindley, caractère mesquin et fantasque, fait souffrir le jeune homme qu’il a toujours détesté ; Heathcliff trouve de la compréhension chez la fille de Earnshaw, Catherine, dont il s’éprend avec toute la fougue de son caractère passionné et violent. Mais, un jour, Heathcliff entend Catherine affirmer qu’elle ne s’abaissera jamais jusqu’à épouser le jeune bohémien ; celui-ci, profondément blessé dans son orgueil farouche, abandonne la maison. Il revient au bout de trois ans, après s’être enrichi. Il ne vit plus désormais que pour se venger ; un violent et sombre amour le lie à Catherine, qui en est bouleversée comme par un envoûtement.
« Ce roman est l’une des œuvres les plus étranges et les plus passionnantes de la littérature anglaise. Emily Brontë a vécu avec ses deux sœurs, écrivains elles aussi, dans une région désolée et sauvage de bruyères, battue par le vent, où les fonctions ecclésiastiques de leur père l’obligeaient à résider. Aussi connut-elle peu la vie, dont elle ne perçut que le côté douloureux et dramatique. Ce roman est donc l’œuvre d’une jeune femme qui puisait uniquement en elle-même son inspiration. Il se tient sur un plan poétique où alternent les naïvetés et les intuitions psychologiques extraordinaires ; à ce titre, il mérite d’être jugé plus comme un poème que comme un roman. […] De ce mélange d’ingénuité et d’intuition pénétrante dérive le double aspect du récit : à la fois pure création d’une imagination ensorcelante et image d’une surprenante vérité. Sa puissance et sa nouveauté lui vaudront de servir de modèle à quelques-unes des manifestations les plus accomplies du roman anglais post-victorien » (Dictionnaire des Œuvres).
Exemplaire conservé dans sa reliure de l’époque provenant de la bibliothèque François Mitterrand.
François Mitterrand a été bibliophile. Il était connu pour arpenter les librairies et dévorer les catalogues de libraires. Il s’échappait ainsi des dures réalités politiques par ses fameuses promenades littéraires dans le Quartier Latin. C’était l’une de ses parts les plus secrètes, la source spirituelle de son action. François Mitterrand avait pour habitude de découper une bande de papier verticale et d’y noter le nom de l’auteur, le titre du livre, la mention « ed. or. » pour édition originale, le prix d’achat entouré d’un simple encadrement, le nom du libraire chez lequel il avait trouvé le livre, la date exacte de l’acquisition. Ces « petits papiers » donnent accès à l’un des cœurs secrets de François Mitterrand : son amour pour la littérature française et pour l’objet-livre lui-même. Ils forment un hommage discret à la librairie française et au marché du livre rare.



