Lettres d'une péruvienne
Rare édition originale des Lettres d’une Péruvienne, cet ouvrage satyrique qui sera mis à l’Index.
Bel et précieux exemplaire conservé dans sa fine reliure de l’époque.
3 ouvrages reliés en 2 volumes in-12 de : I/ (1) f., VIII et 337 pp.; II/ 62 pp., (1) f. bl., (4) ff., 186 pp. Veau marbré, triple filet doré encadrant les plats, dos à nerfs orné de double filet et fleurons dorés, pièces de titre et de tomaison en maroquin rouge, filet or sur les coupes, tranches rouges.
Reliure de l’époque.
140 x 79 mm.
Graffigny, Françoise de. Lettres d’une péruvienne.
A Peine, s. d. [Paris, Veuve Pissot, décembre 1747].
Suivi de : Suite des Lettres d’une Péruvienne.
A Peine, s. d. [1748].
Suivi de : Lettres d’Aza ou d’un Péruvien. Conclusion des Lettres Péruvuiennes.
S. l., 1749 [i.e. Paris, Veuve Pissot, décembre 1748].
Véritable édition originale du chef-d’œuvre de Madame de Graffigny qui sera mis à l’index le 28 juillet 1765.
La première à être publiée parmi les 11 éditions à l'adresse de "A Peine", sans date ni auteur, répertoriées par David Smith. Quérard, III, 440 ; Brunet, II, 1690 ; Gay, II, 832.
L’ouvrage connut de nombreuses éditions et fut traduit en plusieurs langues.
Françoise de Graffigny s’était déjà fait connaître par ses Lettres sur Voltaire auprès de qui elle s’était réfugiée à Cirey.
Les Lettres persanes de Montesquieu lui ont servi de modèle.
Reprenant la veine exotique et le style épistolaire employés par Montesquieu dans ses Lettres persanes, Françoise de Graffigny dénonce les travers de la société sous la plume fictive de Zilia, « jeune Péruvienne exilée en France, qui écrit à son amant, Aza : arrivant dans un monde qui lui est inconnu, elle y a pénétré peu à peu, a réussi à en connaître les coutumes, a appris enfin à juger la société parisienne en dehors de l'hypocrisie traditionnelle. La délicatesse et la préciosité de certaines descriptions ont fait dire qu'elle a su adroitement ajouter au chef-d’œuvre de Montesquieu une pincée de la Pamela de Richardson. L'ouvrage obtint un vif succès auprès de la société de son temps, laquelle se retrouvait tout entière dans ce mélange d'idées claires, de critique subtile et de verve endiablée » (Laffont-Bompiani).
L'auteur, amie de Rousseau, emprunte au philosophe le rêve d'un monde naturel mais qui serait pour elle incarné dans la femme. En féministe, elle dénonce en particulier dans la lettre 34 la douloureuse condition de la femme à son époque. Mme de Graffigny sait allier à la satire des mœurs (on a prétendu que les réformes économiques et sociales de Turgot s’en seraient inspirées), le sens le plus délicat et le plus exquis des convenances.
Exceptionnel exemplaire composé de la véritable édition originale de premier tirage des Lettres d’une Péruvienne de Madame de Graffigny suivi des deux suites qui lui furent données : Suite des Lettres d’une Péruvienne attribuée au chevalier de Mouhy et Lettres d’Aza ou d’un Péruvien attribuée à Ignace Hugary de La Marche-Courmont.
Bel et précieux exemplaire, conservé dans sa reliure de l’époque, de l’une des éditions originales importantes du XVIIIe siècle les plus difficiles à trouver.
Cette œuvre essentielle de la littérature française fut adaptée en opéra en 1754 par Marc-Antoine-Jacques de Chabannes sous le titre : La Péruvienne, opéra-comique.



