Mémoires pour servir à l'Histoire de la Maison de Brandebourg

Frédéric II de Prusse

L’exemplaire de Présent du Grand Frédéric II de Prusse (1712-1786) imprimé sur très grand papier de Hollande

relié en maroquin rouge au chiffre couronné et doré du roi de Prusse.

Berlin, 1751.

2 parties en un volume in-4 de (3) ff, XVI, 4 pp., 180 pp., 2 ff. ; pages 181 à 383 (mal chif. 385), 35 cartes dépliantes et gravures de Schleven dont un frontispice allégorique, une carte et un tableau généalogique repliés dans la première partie ; un tableau généalogique et une carte repliés dans la seconde partie ; vignettes d'en-tête, lettrines et culs-de-lampe.

Maroquin rouge, filet et fines roulettes dentelées dorés encadrant les plats, monogramme royal couronné au centre, dos à nerfs orné du même monogramme en tête et de fleurons, tranches dorées. Reliure royale l'époque.

290 x 229 mm.

Frédéric II de Prusse. Mémoires pour servir à l'histoire de la Maison de Brandebourg [...] & suivis de trois Dissertations, sur la Religion, les Moeurs, le Gouvernement du Brandebourg, & d'une quatrième sur les Raisons d'Etablir ou d'Abroger les Loix […].

Berlin et La Haye, Jean Neaulme, Libraire, 1751.

Edition originale définitive, la première imprimée hors de l’Imprimerie royale qui publia la première originale cette même année 1751.

Exemplaire royal de Présent imprimé sur très grand papier de Hollande relié en maroquin rouge de l’époque au monogramme royal « F » couronné.

Quelques rarissimes exemplaires furent ainsi reliés destinés à être offerts par le grand Frédéric.

« La prose de Frédéric vaut mieux que sa poésie ; et il y a dans sa correspondance, surtout dans ses lettres à Voltaire, beaucoup de gaieté et de finesse ; on y trouve même des traits brillants, spirituels, et qui ne le cèdent en rien aux plus ingénieux de nos écrivains. Ses Mémoires pour servir à l’histoire de la maison de Brandebourg sont remarquables par une grande impartialité » (Michaud).

« Comparé aux autres rois de son temps, il apparaît dans sa vraie grandeur et dans son originalité. Les autres n'ont aucune idée de l'avenir, aucun sentiment de la justice du droit, de la liberté, du progrès et semblent plutôt des chefs barbares. Il les domine par cette force intellectuelle qui est en définitive la vraie force. « S'il n'eut été ni roi ni général dit Michelet, il resterait encore un des premiers hommes du siècle ».

Mettez-le donc en regard de Louis XV ! Et sans parler de toutes les supériorités qu’il a sur le triste pacha de Versailles, n'avait-il pas admirablement compris ce qui restait lettre close pour l'autre, c'est-à-dire le rôle de la France à cette époque, l'œuvre profondément humaine civilisatrice et libératrice de nos philosophes qui ont alors bien plus sûrement conquis l'Europe que n'ont pu le faire toutes les boucheries de Napoléon ? A ce point de vue n’était-ce pas un roi plus français que Louis XV, que ce lettré, ce penseur qui a tant écrit en français (et jamais en allemand) ; qui correspondait en prose et en vers avec Voltaire ; qui adressait des lettres si spirituelles et si philosophiques à d'Alembert, à Diderot à Rousseau etc.

C'est Frédéric qui fit les avances d'un raccommodement avec Voltaire, raccommodement au sujet duquel celui-ci écrit à M. d’Argens, qu’il avait connu à Berlin, la charmante lettre qui suit et que nous citons parce qu’elle contient d’intéressantes appréciations :

« De Lausanne, le 8 janvier 1758, Vous demandez, mon cher ami et compagnon de Potsdam comment Cinéas s’est raccommodé avec Pyrrhus. C'est, premièrement, que Pyrrhus fit un opéra de ma tragédie de Mérope et me l’envoya ; c'est qu'ensuite il eut la bonté de m'offrir sa clef, qui n'est pas celle du paradis, et toutes ses faveurs, qui ne conviennent plus à mon âge ; c'est qu'une de ses sœurs, (Mme la margrave de Baireuth), qui m’a toujours conservé ses bontés, a été le lien de ce petit commerce qui se renouvelle quelquefois entre le héros poëte, philosophe, guerrier, brillant, fier, modeste, roi et le Suisse Cinéas, retiré du monde… Nous récitâmes hier une tragédie… » (P. Larousse).

Magnifique exemplaire de Présent sur grand papier de Hollande relié en maroquin rouge de l’époque pour le Grand Frédéric avec son chiffre couronné et doré au centre des plats.

Vendu