Les Tragédies

Garnier, Robert
Prix : 6 500 €

Très rare première édition complète collective des tragédies « du plus grand auteur dramatique de la Renaissance » (Tibor Fabiny).

Précieux exemplaire conservé dans sa reliure entièrement fleurdelisée de l’époque.

In-12 de (12) ff., 332 ff.

Maroquin fauve, plats entièrement recouverts d'un semé de fleur de lis dans des croisillons dorés, dos lisse orné de même, coupes décorées, tranches dorées. Reliure de l'époque.

140 x 81 mm.

Garnier, Robert. Les tragédies.

Paris, Mamert Patisson, 1585.

Très rare première édition complète collective des tragédies de Robert Garnier, « le plus grand auteur dramatique de la Renaissance » (Tibor Fabiny).

Renouard, Estienne, p. 186, n°7 ; Tchemerzine, III, 427 ; Brunet, 1489.

Il s’agit de la dernière édition collective revue par les soins de l’auteur ; Garnier avait alors quarante ans.

« Jusqu’à sa mort, Garnier va augmenter et améliorer les éditions de ses œuvres complètes, avec le même soin que Ronsard avait apporté aux siennes » (Nicolas Ducimetiere).

« Une des éditions les plus belles et les plus recherchées que l’on ait de ce poète » (Brunet).

La présente édition renferme huit pièces du poète : Porcie, Cornélie, Marc-Antoine, Hippolyte, La Troade, Antigone, Les Juives et Bradamante. Chaque pièce avait d’abord paru séparément de 1568 à 1583.

La première édition collective, publiée à Paris en 1580, ne comportait que ses six premières pièces.

« Par le lyrisme et par la qualité de ses textes, Robert Garnier s’impose sans conteste comme le plus grand dramaturge de son temps » (N. Ducimetière).

Robert Garnier (1544-1590) est reconnu comme le plus grand auteur tragique de la Renaissance.

Il est l’auteur de la première œuvre tragique française, et il marque un moment capital dans l’histoire du genre. A l’exception de Bradamante, tragicomédie, toutes ses pièces sont des tragédies.

Dans un sonnet liminaire pour Cornélie, Ronsard célèbre le triomphe de Garnier sur Jodelle : le premier retrouve « le vieil artifice des Grecs », et il mérite « le vieil cothume d’Euripide ».

La réussite du théâtre de Garnier tient à la vigueur avec laquelle il fait s’affronter les points de vue contradictoires de ses personnages. On a souvent cherché l’originalité du théâtre de Garnier dans sa portée politique, et il est évident que la vigueur des confrontations verbales et morales que ses pièces organisent va dans ce sens. A la Renaissance, le théâtre reste un spectacle de cour, et à ce titre il est un instrument au service d’une politique de paix.

« Garnier a mené parallèlement à sa carrière d’auteur dramatique une carrière de magistrat. On retrouve dans l’ensemble de son théâtre l’écho des conflits des temps troublés des guerres de religion. L’unique tragi-comédie de Garnier, ‘Bradamante’ (1582), qui est aussi la première du théâtre français, en s’inspirant du lyrisme épique de l’Arioste, mêle comme lui le romanesque et le comique, tout en imaginant une réconciliation politique providentielle, qui contraste avec le désespoir que l’auteur aurait éprouvé dans les dernières années de sa vie devant la situation politique de la France » (En Français dans le texte).

Robert Garnier étudia le droit à Toulouse où il se lia avec le poète Guy du Faur de Pibrac. Ce fut à Toulouse qu’en 1565, avec d’autres poètes, il accueillit Charles IX et Catherine de Médicis ; la même année il composa son premier recueil de vers : Plainte amoureuses. En 1573, il écrit son Hippolyte que Ronsard proclame être « plus dur contre les ans que marbre ni qu’airain ». En 580 paraît son premier recueil de tragédies. En 1583 parurent Les Juives, chef-d’œuvre du poète que son puissant lyrisme biblique a fait nommer par Faguet l’Athalie du XVIe siècle ». Il reste le plus grand représentant de la tragédie au XVIe siècle, dont il résume et accomplit tous les efforts.

Précieux exemplaire conservé dans sa reliure entièrement fleurdelisée de l’époque.