Teverino

Sand, George

Édition originale de Teverino de George Sand.

L’exemplaire du prince de Dietrichstein, précepteur de l'Aiglon, avec ex-libris manuscrit.

2 volumes in-8 de I/ 311 pp., (2) ff.; II/ 319 pp., (2) ff.

Demi-basane vert foncé à petits coins, plats de cuir de Russie vert, filet or encadrant les plats, dos lisses ornés de filets dorés, titre et tomaisons dorés, tranches jaunes. Reliure de l’époque.

202 x 126 mm.

Sand, George. Teverino.

Paris, Desessart, 1846.

Rare édition originale de cet important roman de George Sand. 

Clouzot, 244 ; Vicaire, VII, 227.

« On se promène, on mange, on se repose, on admire le paysage, on échange des propos sérieux ou badins sur l'art et le sentiment. Les couples d'un jour se font et se défont, se cherchent et puis se trouvent, comme dans une comédie de Marivaux, comme dans un roman de Goethe » (Martine Reid).

Lady Sabina G. a épousé un anglais auprès duquel elle s'ennuie mortellement. Il passe ses soirées à boire et dort toutes les matinées. Un jour de très bonne heure, Sabina reçoit la visite de son vieil ami Léonce. Ils se mettent à parler d'amour. Sabina déclare ne jamais l'avoir éprouvé. Elle se plaint d'avoir une vie morne et sans attraits. Léonce lui propose d'abandonner là son mari endormi et de le suivre pour une promenade qu'il promet d'être surprenante. Malgré tout ce qu'il y a d'inconvenant à partir seule avec un jeune homme, sans même prévenir son mari, Sabina accepte, Léonce lui ayant proposé la compagnie de deux domestiques, qui devraient faire taire les mauvaises langues. Dans la voiture, Sabina et Léonce se livrent à un marivaudage froid qui les laisse pleins d'amertume et de mécontentement. Léonce veut dissiper l'atmosphère pesante et redonner confiance à Sabina. Suivant une impulsion fantasque, il invite un curé, qu'il aperçoit sur le bord du chemin, à participer à la promenade. Le curé se laisse convaincre par la promesse d'un bon déjeuner. Il doit d'abord célébrer un office. Léonce et Sabina l'accompagnent à l'église. Ils y remarquent une enfant extraordinaire dont la piété les frappe. La petite fille, qui se nomme Madeleine, les quitte précipitamment car elle dit ne pas vouloir rencontrer le curé qui l'a maudite. Cette histoire excite la curiosité de Léonce et Sabina. Ils questionnent le curé qui leur révèle que Madeleine attire les oiseaux et qu'elle se trouve, depuis peu, sous la mauvaise influence d'un vagabond. Mais le sentiment profond de Léonce et Sabina est que l'enfant respire plus la poésie que la méchanceté. Le petit groupe part en promenade dans la montagne. On s'arrête un moment dans un endroit fort plaisant. Madeleine apparaît et montre le pouvoir qu'elle exerce sur les oiseaux. Ils forment un magnifique ballet poétique autour d'elle. Mécontent du spectacle, Le curé bougon maugrée. Cependant Sabina parvient à l'adoucir et à lui faire accepter la présence de Madeleine durant la promenade. On s'arrête une deuxième fois pour le déjeuner. Léonce tente de faire comprendre à Sabina qu'il l'aime, mais elle le repousse. Il part se promener seul. Sur un sentier escarpé, il rencontre un vagabond. Effrayé, Léonce s'efface pour le laisser passer. Les deux hommes lient connaissance. Le vagabond, qui se nomme Teverino, ôte ses hardes pour prendre un bain. Léonce découvre alors la beauté naturelle de l'homme et essaie de le dessiner. Mais, bien qu'il ait d'ordinaire un joli coup de crayon, il ne parvient pas à rendre la grâce extraordinaire de son modèle. Teverino se confie à Léonce.

« C’est une lecture pittoresque, agréable, distrayante, pleine de surprises. Si le marivaudage entre les deux aristocrates, bien élevés, maîtrisant leurs sentiments est un peu convenu, Sand bouscule les conventions dès que Teverino paraît. La critique sociale devient plus virulente » (M. Panigel).

Séduisant exemplaire du Prince Dietrichstein, précepteur de l’Aiglon de 1815 à 1832, dans la reliure caractéristique de sa bibliothèque.

Les 2 volumes portent son ex-libris manuscrit en contregarde de chaque volume.

Le prince Dietrichstein (1775-1864) avait pris le parti de Marie-Louise au sujet de l’éducation du duc de Reichstadt en préconisant une éducation princière qui n’occultât ni l’art militaire, ni la mémoire de son père Napoléon Ier. Après la mort de son élève, le prince Dietrichstein fut notamment directeur de la Hofbibliothek de Vienne.

Vendu