La Tentation de Saint-Antoine
« C’est mon œuvre de prédilection » (Lettre de G. Flaubert du 5 septembre 1873).
Édition originale de la Tentation de Saint-Antoine.
L’un des 75 exemplaires sur Hollande à la couverture bleue conservée.
In-4 de (4) ff., 296 pp.
Maroquin rouge à grain janséniste, dos à nerfs avec titre doré, date dorée en queue, double filet or sur les coupes, large frise intérieure dorée, doublure et garde de soie brodée, tranches dorées sur témoin, couverture conservée, chemise et étui. Reliure signée Noulhac.
247 x 165 mm.
Flaubert, Gustave. La Tentation de Saint-Antoine.
Paris, Charpentier et Cie, 1874.
Edition originale.
Carteret, I, 269 ; Clouzot, 121 ; Vicaire, III, 728.
L’un des 75 sur Hollande, « fort recherchés » (Clouzot), sous couverture bleue glacée, numéroté 47.
« Il existe des couvertures sur papier bleu clair glacé pour les grands papiers, avec, au second plat, le fleuron de l’Imprimerie Claye, et des couvertures sur papier crème pour l’édition ordinaire » (Carteret).
« Au milieu de mes chagrins, écrit Flaubert en 1872, j'achève mon Saint Antoine, c’est l'œuvre de toute ma vie, puisque la première idée m'en est venue en 1845, à Gênes, devant un tableau de Breughel, et depuis ce temps-là, je n'ai cessé d'y songer et de faire des lectures afférentes ».
Flaubert écrivit l’ouvrage en 1848-1849 et renonça à la publier sur l’avis de Louis Bouilhet et de Maxime du Camp. Il y revint après avoir publié Madame Bovary en 1856 puis réécrivit complètement son œuvre de 1869 à 1872, après l’Education sentimentale.
C'est certainement l'œuvre à laquelle il eut le plus de plaisir à travailler, comme il l'écrit à Louise Colet, le 6 avril 1853 : « Saint Antoine ne m'a pas demandé le quart de la tension d'esprit que la Bovary me cause. C'était un déversoir ; je n'ai eu que plaisir à l'écrire, et les dix-huit mois que j'ai passés à en écrire les 500 pages ont été les plus profondément voluptueuses de toute ma vie ».
La Tentation de Saint Antoine à laquelle Flaubert songea pendant 30 ans est certainement son œuvre la plus significative ; celle qui illustre le mieux sa conception de l’art. Ce roman lui a permis de se livrer à ces « éperdûments de style », à ces « gueulades lyriques » où il voyait le plus sûr moyen de se donner les voluptés d’esprit qu’il souhaitait.
Cette œuvre, la plus chère à l’écrivain, a été avant toute chose, pour lui, le moyen de rassembler ses rêves sur le vieil Orient et le voyage qui marqua sa vie.
« Revue de toutes les anciennes formes religieuses, cortège de tous les hérésiarques, défilé des idoles les plus étranges, apparition d’Hélène et de la reine de Saba, pullulement d’animaux fantastiques, vision de luxures frénétiques, incarnation de Satan : c’est une perpétuelle évocation du passé comme pouvait le recréer une imagination exaltée qui s’excitait dans son exaltation et qui était douée d’une merveilleuse puissance de se traduire visiblement ».
Bel exemplaire, l’un des 75 sur Hollande, à toutes marges, à la couverture bleue conservée.



