L'Année terrible.

Hugo, Victor

« Le moment où nous sommes passera. Nous avons la république, nous aurons la liberté » (Victor Hugo).
Édition originale de L’Année terrible, cet « ouvrage capital » (Carteret).
Le superbe exemplaire Louis Barthou, appartenant au tirage de tête, sur papier de Chine.

In-8 de (4) ff., 427 pp.

Demi-maroquin ébène à coins avec filet doré, dos lisse orné en long, ébarbé, couverture et dos conservés. Reliurede G. Mercier Sr de son père.

244 x 157 mm.

Hugo, Victor. L’Année terrible.

Paris, Michel Lévy, 1872.

Edition originale de cet « ouvrage capital » (Carteret).

Superbe exemplaire Louis Barthou, l’un des 25 exemplaires du tirage de tête sur papier de Chine numéroté, seul grand papier avec 150 sur vergé de Hollande (Carteret).

Carteret, I, 423‑424 ; Clouzot, 151 ; Talvart, IX, p. 46, n°71 a.

« L’Année terrible est formidable comme une armée, comme un tremblement de terre, comme le Déluge » (Jean Dutourd).

C'est sous la forme d'un recueil de poèmes que Victor Hugo raconte l'épouvantable année 1870-1871, marquée par la guerre franco-prussienne, le siège de Paris, et, après l'armistice, le soulèvement de la Commune contre le gouvernement en place.

Dédié à Paris, capitale des peuples, l'ouvrage s'ouvre par une courte préface datée d'avril 1872 dont les dernières lignes sont empreintes d'espoir : « Le moment où nous sommes passera. Nous avons la république, nous aurons la liberté ».

« Dans le cycle de ses grandes commémorations patriotiques, Hugo évoque la chute du second Empire et l’avènement de la troisième République, instant décisif où la France s’élance à nouveau vers la liberté. Du mois d’août 1870 au mois de juillet 1871, la nation connaît la honte de l’esclavage et voit la défaite de son armée, la lutte des partis politiques. Mais ses martyrs et ses exilés lui montrent le chemin de la gloire : celui qui mène à la fraternité des peuples et à l’union latine. Toute l’histoire de ce temps est passée en revue dans un style fougueux et puissant qui porte la marque de l’auteur. Dans « Sedan », il déplore l’amertume de la défaite : l’épée des héros et de tous les chefs illustres qui ont fait honneur à la France est rendue à l’ennemi par un « bandit », par le faible et vaniteux Napoléon III. « Choix entre les deux nations » (la France humiliée, l’Allemagne victorieuse) nous dit l’amour filial que le poète voue à sa patrie. Les poèmes dédiés aux mois de septembre et octobre 1870 sont prenants : c’est le siège de Paris et les combats acharnés dans la ville. Viennent ensuite les poèmes du mois de mai : luttes contre les partisans de la liberté, l’incendie de Paris, l’expulsion du poète qui est chassé de Bruxelles ; les vers ont ici un ton biblique ; faits personnels et évènements historiques y sont symboliquement entremêlés. Dans l’ensemble, ce recueil rappelle des mois de douleur, de sang et d’horreurs, fruits d’une confiance aveugle et de la tyrannie. Sur Napoléon III et sur ceux qui, après lui, ont tenté de rétablir le pouvoir absolu retombe la responsabilité de tant de souffrances et de morts. Après avoir voué à l’exécration le vieux monde croulant, l’« Épilogue » souligne le sens hautement civique et politique du livre consacré à la renaissance de la civilisation » (Dictionnaire des Œuvres).

Précieux exemplaire grand de marges et bien relié, provenant des bibliothèques Louis Barthou et François Delachaux(ex-libris).

Vendu