Notre-Dame de Paris

Hugo, Victor

Superbe exemplaire de l’édition originale de premier tirage de Notre-Dame de Paris.

Cité par Carteret, l’exemplaire provient des bibliothèques Pierre Duché, Louis Giraud-Badin et Marc Loliée.

Paris, 1831.

2 volumes in-8 de I/ (4) ff., 404 pp.; II/ (2) ff., 536 pp. Vignette sur chacune des pages de titre gravée par Tony Johannot. Tirage : exemplaire de premier tirage, sans mention d’édition ni nom d’auteur sur les pages de titre.

Demi-veau havane avec coins, filet doré, dos orné de filets soulignant les caissons et roulettes dorés, tranches marbrées, étui moderne. Reliure de l’époque.

205 x 130 mm.

Hugo, Victor. Notre-Dame de Paris.

Paris, Charles Gosselini, 1831.

Edition originale rarissime de premier état - sans mention fictive d’édition - deNotre‑Dame de Paris en belle reliure de l’époque.

« Cette édition originale, en bel état, est la plus rare de toutes les œuvres de l’auteur ; elle a eu un retentissement mondial, et c’est une des plus difficiles à se procurer de la période romantique » (Carteret).

« Tiré à 1 100 exemplaires, divisés en quatre tranches, les trois dernières avec mentions : deuxième, troisième ou quatrième édition.

Ceux de la première tranche, sans mention d’édition et sans nom d’auteur sont fort rares et, à qualité égale, se vendent couramment trois fois plus cher que les autres.

En ce cas, ne pas se montrer trop exigeant sur la qualité de la reliure et sur son état intérieur. Le livre est rare », écrivait Marcel Clouzot il y a 23 ans.

En fait, les exemplaires de la première tranche se vendent aujourd’hui cinq fois plus cher que ceux des trois autres tranches.

En 1985, il y a 33 ans, un exemplaire en reliure d’époque proche de celle présentée ici, mais appartenant aux tranches avec mention était vendu 100 000 F (15 000 €), (Réf : Deux cents livres précieux. Mai 1985, n° 176).

En 2003, il y a 15 ans, Pierre Berès cataloguait et vendait 56 000 € un exemplaire de la seconde tranche « portant sur les couvertures l’indication fallacieuse de deuxième édition » (Ref. Stendhal, Baudelaire. Pierre Berès, Catalogue 92, n°557. Paris, 2003 ; 56 000 €).

Cette œuvre, éminemment représentative du romantisme, est le récit - « gothique » par excellence - où revit le fascinant pittoresque du Moyen Age, avec pour centre la cathédrale, dont les ombres et les lumières fantastiques se détachent au clair de lune.

Mais le véritable héros du roman, c’est Notre-Dame de Paris avec ses monstres, ses vitraux, ses masses d’ombre parmi les colonnes enchevêtrées. Dans ce livre qui a pour origine la contemplation du monument gothique, Victor Hugo a réussi une exacte transposition littéraire des splendeurs architecturales. Son roman a d’ailleurs contribué à faire renaître, autour de cette magnifique basilique, un courant de ferveur et d’admiration, qui devait plus tard se traduire par les efforts méritoires de Viollet-le-Duc pour restituer la cathédrale telle qu’elle était au Moyen Age. Toutefois, le Moyen Age évoqué par Victor Hugo n’a que fort peu à voir avec la réalité historique ; c’est un Moyen Age au goût du jour, réinventé de toutes pièces par une imagination puissante et impétueuse. Cette image du temps de la « Grande Nuit » devait puissamment contribuer à répandre et à populariser l’idée conventionnelle et paradoxalement homogène d’une époque si riche en contrastes et si diverse. Tout juste valable pour une partie étroitement circonscrite chronologiquement (la fin du xivè et le xvè siècle), elle devait amener à négliger les quelques cinq siècles précédents et à constituer, non point une synthèse, mais un véritable escamotage du passé. A cette attitude systématique, qu’on trouve même chez de grands historiens français contemporains de Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, qui connut dès sa parution une grande popularité, ne devait pas peu contribuer. Son action était d’autant plus efficace que le pittoresque des descriptions, le sens qu’a toujours eu Victor Hugo des masses populaires et du grouillement de la vie urbaine, rendaient plus que convaincante, prenante, cette reconstitution d’un monde révolu.

Dans Notre-Dame de Paris comme plus tard dans les Misérables, Hugo parvient à donner corps et âme aux gigantesques visions de son esprit, à faire prendre vie aux symboles, à imposer comme une réalité historique ses vues les plus personnelles et souvent les plus contestables. C’est ce souffle créateur qui anime les admirables peintures qu’il nous donne de la grande salle du palais de justice et de la place de Grève, et qui confère tous les dehors de la vérité à cette Cour des miracles dont il se fit curieusement le sociologue, alors qu’il s’agissait d’un monde en partie inventé par lui. Comment ne pas évoquer enfin les grandioses descriptions de Paris à vol d’oiseau, de Notre-Dame, ou encore des cloches de la cathédrale. Doué d’un sens dramatique certain que vient renforcer un réalisme effrayant, Hugo nous a donné dans ce roman quelques-unes des pages les plus saisissantes qu’il ait jamais écrites : qu’on relise, pour s’en convaincre, la chute de Claude Frollo des tours de Notre-Dame. C’est pour toutes ces raisons que cette œuvre n’a pas cessé de passionner et de séduire un très vaste public.

Superbe exemplaire, cité par Carteret, il a fait partie des bibliothèques Louis Giraud-Badin et Pierre Duché avec leurs ex-libris et provient de la bibliothèque privée de Marc Loliée, membre de cette dynastie de grands libraires spécialisés dans la quête des plus beaux exemplaires littéraires du XIXe siècle.

Vendu