Fables choisies mises en vers

La Fontaine, Jean de

L’un des rares exemplaires des Fables de La Fontaine d’Oudry illustré en premier tirage – ils valent plus du double des exemplaires de second tirage orné de la fameuse reliure aux fers animaliers spéciaux inspirés des fables, dessinés et gravés par Louis Douceur.
Paris, 1755-1759.

4 volumes in-folio, plein veau havane, dos à nerfs orné des fers animaliers spéciaux dessinés et gravés par Louis Douceur inspirés par les fables du livre, pièces de titre et de tomaison en maroquin vert, plats ornés d’un triple encadrement de filets dorés, filets or sur les coupes, roulette intérieure, tranches dorées. Reliure de grand luxe de l’époque de Louis Douceur.

425 x 300 mm.

La Fontaine. Fables choisies mises en vers par Jean de La Fontaine.

A Paris, chez Desaint et Saillant, rue Saint Jean de Beauvais (de l'imprimerie de Charles Antoine Jombert), 1755-1759.

Le plus beau et le plus célèbre livre français illustré du siècle de Louis XV, orné de 276 admirables gravures dessinées par Oudry qui paraissent ici pour la première fois et revêtu de la rare et célèbre reliure aux fers animaliers de Louis Douceur inspirés par le sujet des Fables.

Précieux exemplaire de tout premier tirage avant l’inscription des mots « Le Léopard » sur la gravure de la fable « Le singe et Le Léopard » (Tome III, page 113) ; ils valent plus du double des exemplaires de second tirage qui porte l’inscription « Le Léopard ».

Oudry acheva l’œuvre monumentale commandée par Louis XV : 275 gravures en taille-douce devant illustrer les fables de monsieur de La Fontaine, que le roi avait dessein de faire magnifiquement éditer pour son plaisir.

Pour pouvoir imprimer ces gravures d’une incomparable finesse et exalter la beauté des jeux d’ombres et de lumières qui font de ces tableaux le plus bel ensemble jamais conçu par un artiste, il sera nécessaire de construire une presse gigantesque, beaucoup plus puissante que celles utilisées auparavant, autour de laquelle les imprimeurs Desaint et Saillant travailleront jour et nuit sans désemparer.

Et lorsque le premier exemplaire des 4 volumes réservés au Roi lui sera remis solennellement, celui-ci ne pourra retenir son admiration et s’exclamera devant toute la Cour : « Voici à coup sûr la plus belle galerie de tableaux qu’un roi puisse jamais se vanter de posséder ! ».

Les Courtisans s’arracheront à prix d’or les exemplaires suivants afin de plaire au Roi, leur possession tenant lieu de titre de noblesse !

Quand à Oudry, enfin libre et rendu à sa vie dissipée, nommé Peintre officiel des Chasses Royales, Directeur de la Manufacture de Beauvais, Inspecteur de la Manufacture royale des Gobelins, comblé d’or et d’honneurs, il n’a qu’une hâte, dilapider au jeu sa fortune et courir les belles, sous le regard amusé de Madame de Pompadour qui triomphe. (Quelques notes sur Jean-Baptiste Oudry)

Cette magnifique série de 276 dessins de format in-quarto, au crayon noir, lavés d’encre de Chine et rehaussés de touches de gouache, est pleine d’invention et d’originalité. Ce sont bien les dessins qu’un peintre jette sur le papier avec assurance et liberté, au gré de son inspiration et sans souci du graveur futur.

Quoi de mieux composé que le sujet de « la Chatte métamorphosée en femme », celui du « Lion amoureux », ou les différentes figures du « Meunier, son fils et l’âne ? » Où trouver un effet plus réussi que dans « Phoebus et Borée » et dans « un Animal dans la lune ? » Citons encore parmi les dessins les plus heureux comme composition « les Bâtons flottants, l’Homme entre deux âges et ses deux maîtresses, le Léopard, les Poissons et le berger qui joue de la flûte » ; enfin « Daphnis et Alcimadure », qui auraient parfaitement pu se passer de la collaboration et des retouches de Cochin.

Parmi les dessins d’animaux les plus vrais, les plus nature, on doit citer « le Loup et l’Agneau », « le Loup Plaidant contre le Renard devant le singe », « la Lice et sa compagne », « Rien de trop », et la fable intitulée : « Discours à Madame de la Sablière », pour laquelle il a reproduit son joli tableau, maintenant au musée du Louvre, du « Chien en arrêt devant une perdrix ».

« Louis Douceur, relieur de Louis XV, avait dessiné pour cet ouvrage des fers spéciaux inspirés par le sujet du livre ; le renard, la cigogne, le loup, le corbeau.On connaît deux ou trois exemplaires reliés par lui : en maroquin rouge aux armes du marquis de Massiac, riches dentelles aux fers spéciaux, étiquette de Douceur, 10 000 fr., Bull. Morgand n° 36137 ; en maroquin rouge aux armes du Duc de Hautefort, fers spéciaux au dos des volumes, 4 200 fr., vente Destailleur (1891, n° 1132) ; c’est ce dernier exemplaire, croyons-nous qui se trouve aujourd’hui dans la collection Ferdinand de Rothschild » (Cohen).

Exceptionnel exemplaire l'un des rares de premier tirage imprimé sur papier moyen de Hollande revêtu à l'époque d'une reliure de Louis Douceur ornée des fers animaliers. Afin de mettre ses fers en valeur, Douceur choisissait de préférence les exemplaires imprimés sur papier moyen de Hollande mais ses reliures habillaient plus souvent des exemplaires de second tirage.

Vendu