Travels into several remote Nations of the World.

Swift, Jonathan

Édition originale des Voyages de Gulliver.

2 volume in-8 de: I/ (1) f. pour le portrait, XII et 148 pp., (3) ff., 164 pp. et 2 figures ; II/ (3) ff., 154 pp., (4) ff., 199 pp. et 4 figures.

Veau postérieur, double décor de double filet à froid encadrant les plats, dos à nerfs richement ornés de motifs et filets dorés, pièces de titre en maroquin rouge, de tomaison en maroquin noir, coupes décorées, tranches jaspées. Reliure postérieure à l’imitation.

195 x 123 mm.

Swift, Jonathan. Travels into several Remote Nations of the world. In Four Parts. By Lemuel Gulliver, First a surgeon, and then a Captain of several ships.

London, printed for Benj. Motte, 1726.

Edition originale. Deuxième tirage.

Teerinck’s AA edition.

Elle est ornée d’un portrait frontispice Gulliver gravé par Sheppard d’après Sturte (en second état, comme le plus souvent, la légende dans un cadre ovale, l’inscription latine en-dessous) de 5 cartes et d’une gravure.

Teerinck, 290 ; ESTC T139450 ; Rothschild, 2107 ; PMM, 185.

In 1726 came Gulliver’s Travels which achieved immediate success (…). Gulliver’s Travels has achieved the final apotheosis of the satirical fable, but it has also become a tale for children. For every edition designed for the reader with an eye to historical background, twenty have appeared, abridged or adapted; for readers who care nothing for the satire and enjoy it as a first-class story” (PMM).

Le roman se compose de quatre parties ou voyages. Dans la première, Gulliver, chirurgien embarqué sur un navire marchand raconte comment il fit naufrage et aborda à l’île de Lilliput, dont les habitants mesuraient environ six pouces. (…) Enfin, Gulliver relate son quatrième et dernier voyage « au pays des Houyhnhnm », les bons et vertueux chevaux qui tiennent l’espèce humaine sous leur dépendance : cette dernière est représentée par les Yahoo, êtres répugnants et dégénérés portant les marques de la pire bestialité.

La violence satirique de cette dernière partie donne tout son sens aux Voyages de Gulliver et en fait une œuvre sombre et puissante d’un pessimisme douloureux, dénué pourtant de la moindre résignation.

« L’ouvrage de Swift constitue une énigme aussi grande, sinon plus que l’Utopie de More.

On n’en voudra pour preuve que l’extrême diversité et véhémence des réactions qu’il a suscitées dès sa parution.

Dans leur majorité les lecteurs acceptaient plus ou moins bien la satire que Swift mène des mœurs et institutions de son temps au long des trois premiers livres, mais étaient révoltés par la misanthropie que semblait, à leurs yeux, trahir le quatrième livre. (…)

Pour tout contemporain britannique de Swift, la cible et la portée de la satire ne pouvaient faire aucun doute. Le conflit entre les deux minuscules empires évoquait sans conteste les guerres menées par les Anglais contre la France au début du siècle.

De manière plus générale, pour reprendre les termes de Jeffrey Hopes, « c’est la Grande-Bretagne expansionniste et conquérante qui est représentée, sûre d’elle-même mais rendue ridicule par sa petitesse ». La satire de l’impérialisme britannique et plus généralement des passions conquérantes des monarques européens du XVIIIème siècle se poursuit très clairement dans les deuxième et troisième livres des Voyages.» (F. Knopper, A. Ruiz).

Bel exemplaire, pur et grand de marges.

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