[La Farce de Maistre Pierre Pathelin] La Comédie des tromperies
Une des œuvres brillantes du siècle de Louis XI, de peu antérieure à Villon, La Farce de Maistre Pierre Pathelin est due à un clerc du temps.
Tchémerzine ne décrit qu’une seule édition au XVIIe siècle, celle-ci.
« Petit volume rare » (Solar, Paris, année 1860).
In-12 de 120 pages, maroquin rouge, triple filet doré, dos orné, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Lortic).
140 x 79 mm.
[La Farce de Maître Pathelin]. La Comédie des tromperies, finesses & subtilitez de Maistre Pierre Pathelin, Advocat à Paris. Pièce comique. Imprimé sur la coppie de l’An 1560.
Rouen, Jacques Cailloüé, 1656.
« Petit volume rare » (Solar. Paris, année 1860, n° 1628).
Rarissime édition rouennaise de la célèbre Farce de Maistre Pathelin, parfois attribuée à Guillaume Alexis, ornée sur le titre d'un petit bois gravé.
Unique édition du XVIIe siècle décrite par Tchémerzine.
Une des œuvres brillantes du siècle de Louis XI, de peu antérieure à Villon, La Farce de Maistre Pierre Pathelin est due, sans doute, à un clerc du temps. Cette plus ancienne farce du théâtre français, et sans doute la plus longue avec ses 1 600 vers, a été représentée dès le milieu du quinzième siècle et imprimée pour la première fois à Lyon en 1485. Le mordant de l'œuvre, sa psychologie, curieusement en avance sur son époque, et l'habileté de son articulation dramatique en ont fait non seulement l'un des ancêtres du théâtre français mais aussi un archétype des utilisations virtuoses du langage, du plaidoyer entortillé, des filouteries et des ruses.
On observe que les premières éditions des œuvres ayant eu un grand succès et atteint une large circulation ne sont plus connues qu'à une poignée d'exemplaires, quand elles n'ont pas entièrement disparu. Cela se vérifie aussi bien pour les œuvres de Villon, de Rabelais ou de Shakespeare que pour les Contes de Perrault. Il en est de même pour Pathelin dont le succès est attesté par cinq ou six éditions du quinzième siècle qui ne sont plus connues, chacune, que par un seul exemplaire, parfois incomplet, et dont il ne subsiste qu'un ou deux exemplaires de chacune des quelques vingt-cinq éditions qui se sont succédées, au seizième siècle, d'un éditeur à l'autre, reproduites ou piratées, sans compter celles dont la trace est perdue. Tchémerzine ne décrit que cette édition au XVIIe siècle et ne cite aucun exemplaire.
Supérieure, de loin, à toutes les farces et soties du temps, cette pièce a inspiré Rabelais : Panurge essaye sur Pantagruel les langues les plus diverses avant de lui parler simplement en français. Il n'y a rien eu de pareil au théâtre avant Molière. Tout le monde connaît cette pièce célèbre. Un fourbe d'avocat qui dupe un lourdaud de drapier, une naïve Guillemette qui apprend le patelinage à l'école de son mari, un procès où l'on ne sait plus s'il s'agit de drap volé ou de brebis assommées, un juge qui ne comprend goutte à ce charabia et veut qu'on revienne « à ses moutons », un berger finaud qui bêle pour toute réponse, Pathelin berné par Thibaut l'Agnelet, etc. La langue est savoureuse et drue, le vers aisé et spirituel, la repartie vive, les caractères finement observés, les deux intrigues mêlées et dénouées avec un art très sûr. (J. Bédier et P. Hazard, Histoire de la littérature française illustrée, 1949, t. I, p. 106).
Fort bel exemplaire relié parLortic.



