La Gerusalemme Liberata
La Gerusalemme liberata, texte important de l’Occident chrétien, imprimée dans la langue maternelle de la princesse de Lamballe (1749-1792) reliée en maroquin rouge de l’époque à ses armes.
« Les livres de Madame de Lamballe sont en très petit nombre » (E. Quentin Bauchart, Les femmes bibliophiles de France).
Provenances : Princesse de Lamballe ; Princesse Mathilde (1820-1904).
2 volumes in-12, maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, armoiries frappées or au centre, dos lisse orné, filet or sur les coupes, roulette intérieure dorée, tranches dorées.
Reliure armoriée de l’époque.
140 x 81 mm.
Le Tasse. La Gerusalemme Liberata di Torquato Tasso.
Parigi, 1768, Appresso Marcello Prault.
Très élégante édition parisienne de 1768 de La Gerusalemme Liberata imprimée dans la langue maternelle de la princesse de Lamballe ornée d’un portrait du Tasse, de deux superbes titres frontispice gravés et d’une planche dépliante.
« Avec La Jérusalem délivrée, Le Tasse offre un poème héroïque moderne et chrétien faisant sa place au romanesque. Toutefois, entre la construction d’ensemble fondée sur les vérités chrétiennes et les multiples évocations s’introduit une équivoque de fond, inscrite au départ dans le choix du sujet religieux pour des raisons d’efficacité littéraire. Les conceptions chrétiennes fondent certes l’action, mais ne semblent parfois alléguées que comme justifications de solutions narratives et surtout ne peuvent rendre compte de toutes les représentations et ambiguïtés qui se font jour dans le poème. De là procèdent certaines de ses faiblesses, mais surtout sa physionomie d’œuvre aux équilibres tendus, où la suggestion répond aux vérités dûment proposées et où, au milieu de la geste collective, aucun héros n’échappe à un destin de solitude inquiète. Dans le vaste remaniement de La Jérusalem conquise, publiée en 1593, l’auteur, visant plus de régularité et plus de majesté, fera disparaître pour l’essentiel les tensions et les contrastes qui habitent La Jérusalem délivrée, que, de ce fait, la postérité retiendra comme la grande œuvre du Tasse » (A.Go).
Précieux et remarquable exemplaire de de l’un des textes fondateurs de l’Occident chrétien imprimée dans la langue maternelle de la Princesse de Lamballe (1749-1792), l’amie intime de la reine Marie-Antoinette, relié en maroquin rouge de l’époque à ses armes.
Marie-Thérèse de Savoie-Carignan, princesse de Lamballe (1749-1792) devint veuve, à dix-huit ans. Son beau-père, qui l'adorait, en avait fait sa fille adoptive, quand Marie-Antoinette la fixa auprès d'elle en lui donnant la charge de surintendante de sa maison.
Bientôt l'amitié la plus tendre unit la reine à la princesse.
« La princesse de Lamballe, après avoir partagé pendant quelques jours, la captivité de la reine au Temple, fut enlevée la nuit et transférée à la Force. C’était son arrêt de mort. Elle y trouva des assassins que sa douce et poétique figure ne put apitoyer. Elle fut égorgée par les Septembriseurs, qui profanèrent odieusement son cadavre, et « comme si, dans la mort même, elle ne dût pas être séparée de celle pour qui elle mourait, trois lettres de la reine tombèrent de l'édifice de sa coiffure dans le sang. La populace battit, mutila, traîna son cadavre, la Révolution laissa pure sa mémoire. Les livres de Madame de Lamballe sont en très petit nombre et leur condition est le plus souvent médiocre » (E. Quentin Bauchart, Les Femmes bibliophiles de France).
Très bel exemplaire.
Provenances : Princesse de Lamballe (1749-1792) ; Princesse Mathilde (1820-1904) avec étiquette ornée d’un M couronné sous couronne impériale.
