Les amours pastorales de Daphnis et Chloé

Longus
[Paris, impr. Quillau], 1718.
Prix : 55 000 €

Somptueux exemplaire unique au format grand in-4 en coloris du XVIIIe siècle du célèbre Daphnis et Chloé de 1718.

L’exemplaire relié pour le marquis d’Alègre (1715-1791) en somptueux maroquin vert armorié à large dentelle.

In-12, entièrement monté à clair au format in-4, reliure de l’époque en maroquin vert, dos à 6 nerfs, titre doré, caissons ornés aux petits fers, les plats aux armes, bordés de deux roulettes florales et de 2 doubles filets, décorés d’une large bordure composée de fers variés dont fleurs, oiseaux et angelots aux écoinçons, avec aux quatre coins les figures de deux cornemuses ou binious, et deux bâtons d’apparat entrecroisés, le tout doré, double filet doré aux coupes, large bordure intérieure dorée, doublures et gardes de satin rose, tranches dorées. Reliure armoriée en maroquin à large dentelle réalisée vers 1745.

293 x 206 mm.

[Philippe d’Orléans]. Longus. Les amours pastorales de Daphnis et Chloé. 
[Paris, impr. Quillau], 1718.

Exemplaire unique de l'un des livres illustrés les plus célèbres du XVIIIe siècle composé de 2 feuillets pour le titre et la préface, et de 159 pages.

« Jolie édition très recherchée (tirée à 250 exemplaires), dite « du Régent », parce que c’est le régent Philippe duc d’Orléans qui l’a fait exécuter et a fait graver les estampes par Benoit Audran, d’après les peintures que le roman de Longus lui avait inspirées. La figure des petits pieds, attribuée à Caylus, ne fait pas partie du livre, n’ayant été gravée qu’en 1728, mais on l’y a ajoutée dans beaucoup d’exemplaires. Ceux qui sont revêtus d’une belle reliure ancienne sont de très grand prix. »

Remarquable exemplaire, relié avec faste, de cette célèbre édition dite «du Régent» imprimée aux frais de Philippe d’Orléans, et dont les illustrations furent gravées d’après ses propres dessins.

Ladite illustration entièrement gravée sur cuivre se compose d’un frontispice par Audran d’après A. Coypel, de 28 planches, dont 13 doubles, par Benoît Audran d’après les dessins de Philippe d’Orléans. S’y ajoutent 4 vignettes, une en tête de chaque livre. L’on a ajouté à l’époque à cet exemplaire deux versions de la gravure dite « aux petits pieds », ce qui donne un total de 30 planches.

Toutes les gravures sont en coloris du XVIIIe siècle, une bordure peinte de deux filets rouges et d’un bleu encadre chaque page ou planche ; le titre courant est manuscrit en rouge, et la pagination manuscrite en noir ; les feuillets sont réglés en rouge.

Il existe des variantes du texte, et du nombre de vignettes, ainsi que l’a observé l’historienne Marianne Grivel qui souligne qu’il est « extrêmement difficile de démêler l’histoire des différents tirages et éditions [...] » et évoque l’hypothèse d’un premier tirage restreint pour le Régent.

Précieux exemplaire de haute bibliophilie colorié et somptueusement relié en maroquin vert à grande dentelle dorée aux armes de Marie-Yves Desmaretz, comte de Maillebois, marquis d’Alègre, fils de Jean-Baptiste-François, marquis de Maillebois, maréchal de France, et de Marie-Emmanuelle d’Alègre, né en Aout 1715. Il fut nommé colonel en 1734, maître de la garde-robe du roi, en survivance de son père, en 1736, brigadier le 20 février 1743, maréchal de camp le 2 mai 1744 et lieutenant général le 10 mai 1748 ; il fut reçu membre honoraire de l’Académie des sciences en 1749.

Gouverneur de Douai en juin 1753 et lieutenant général du haut Languedoc le 7 mai 1756, il fut créé chevalier des ordres du Roi le 2 février 1757 ; à la suite de certaines opérations militaires malheureuses, il fut disgracié, dégradé et mis en prison (1758) ; dès qu’il en fut sorti (1760), il se rendit en Hollande. Quelque temps après, il fut remis en activité et, en 1784, il reçut même une mission diplomatique aux Pays-Bas. Adversaire résolu des principes révolutionnaires, le comte de Maillebois offrit ses services à l’armée de Condé, mais ils y furent refusés. Il mourut le 13 décembre 1791 à Maëstricht. Il avait épousé le 11 mars 1745 (ou le 11 mai 1747) Marie-Madeleine-Catherine de Voyer de Paulmy d’Argenson, fille du ministre des Affaires étrangères.

Le Longus de 1718 au format in-4 est rarissime.

Provenances : Marquis d’Alègre (1715-1791) ; Etienne Jean Lejourdan (1756-1832) ; Robert Brun (1896-1978), archiviste paléographe, historien du livre auteur de la thèse « La ville de Salon au Moyen-Âge » publiée en 1924, puis de « Le livre illustré en France au XVIe siècle » (1930, révisé en 1969) ; conservateur à la Bibliothèque nationale (1926-1949), puis inspecteur général des bibliothèques (1946-1963).