Œuvres complètes
Édition originale collective des Œuvres de Madame de La Fayette reliée à l’époque aux armes et pièces d’armes de l’Empereur Napoléon Ier
avec cachet sec de la bibliothèque de Trianon.
Paris, 1804.
5 volumes in-8 ; veau raciné, pièces de titres et de tomaison en maroquin rouge, frise grecque dorée en encadrement des plats, grandes armes de Napoléon Ier frappées or au centre, dos ornés de petits fers et d'aigles impériaux., dentelles sur les coupes, gardes cailloutées. 2 portraits frontispices, plusieurs cachets sur 4 pages de titre Bibliothèque du Roi à Trianon, Bibliothèque du Château de Compiègne, dépôt de l'état, ville de Compiègne 1891, Réformé et échangé par la Commission.
Reliures impériales de l’époque.
197 x 123 mm.
Madame de La Fayette. (La Princesse de Clèves). Œuvres complètes de mesdames de La Fayette et de Tencin, nouvelle édition.
Paris, Colnet, An XII – 1804.
Edition originale collective publiée sous l’Empire,citée par Brunet (III, 742) qui mentionne : « il n’a été tiré en papier vélin que six exemplaires ».
Brunet, III, 742 ; Graesse, IV, 70 ; Rahir, Bibliothèque de l’Amateur, 485.
La Princesse de Clèves relate l’histoire de Mlle de Chartres qui a épousé le prince de Clèves sans véritable amour, qui rencontre plus tard au bal le plus brillant cavalier de la cour de Henri II, M. de Nemours, qui laisse grandir en elle un sentiment dont elle ne sait pas le nom, puis s'en aperçoit trop tard, tente de se reprendre, de s’évader dans la retraite, puis de se sauver en faisant à son mari l'aveu de son entraînement ; le romanesque épisode où Nemours surprend cet aveu ; le tourment mortel où il plonge le prince ; puis après la mort de celui-ci, le sentiment du devoir, nuancé de sagesse toute raisonnable, qui sépare à jamais la princesse du volage cavalier : tout ce drame psychologique est situé dans un cadre du XVIè siècle, où passent Marie Stuart, Catherine de Médicis, et un tournoi, et toute une cour peinte par Brantôme à qui l'auteur a emprunté ses héros. Mais les sentiments et les caractères des personnages sont du XVIIè siècle.
Par exemple l'« aveu », qui suscita toute une discussion à l'époque, s'inspire peut-être d'un épisode réel, dont Le Mercure galant de janvier 1678 se ferait l'écho. Peut-être aussi vient-il d'un roman de Mme de Villedieu, Les Désordres de l'Amour, que Valincour attribuait comme source à La Princesse de Clèves, et où d'ailleurs la donnée se présente de façon toute différente. L'abbé de Charnes, en 1678, rapprochait avec plus de vraisemblance les sentiments de l'héroïne de ceux de Pauline entre Polyeucte et Sévère.
Hasardons à notre tour notre hypothèse. On lit dans l'Histoire d'Henriette d'Angleterre, rédigée par Mme de La Fayette, les dernières paroles de Madame à Monsieur : « Elle l'embrasse et lui dit avec une douceur et un air capable d'attendrir les cœurs les plus barbares : Hélas ! Monsieur, vous ne m'aimez plus ; il y a longtemps : mais cela est injuste, je ne vous ai jamais manqué ». N'est-ce pas la princesse de Clèves se défendant devant le prince ? - Enfin, il n'est pas interdit de voir dans Mme de Clèves une image idéalisée de l'auteur. Sainte-Beuve, dans ses Portraits de femmes, a perçu cette nuance. M. de Nemours serait La Rochefoucauld.
Pour la romancière qui, sans avouer son œuvre, la jugea, il semble bien que ce récit a surtout pour objet de peindre la cour de son temps. Elle écrivait à Lescheraine (A. D. Perrero, Lettere inedite di Mme de La Fayette e sue relizioni con la corte di Torino, Turin, 1880) qu'elle y voyait « une parfaite imitation de la Cour et de la manière dont on y vit ».
Le roman d'analyse, au XVIIIè et au XIXè siècle, de Mme de Tencin à Laclos, à Benjamin Constant, à Stendhal - qui invoque une prédilection, dans son traité de l'Amour, des situations de La Princesse de Clèves, à Fromentin, à Bourget, au Bal du comte d'Orgel de Raymond Radiguet, doit beaucoup à cette analyse de l'âme mondaine auprès de laquelle Le Lys dans la vallée, de Balzac, paraissait « grossier et médical » à Taine lui-même.
Précieux exemplaire relié en veau raciné de l’époque aux armes et pièces d’armes de l’Empereur Napoléon Ier (1769-1821).
L'empereur n'avait ni le goût, ni le temps de former une collection ; il possédait toutefois une bibliothèque, mais elle ne comprenait que des ouvrages purement classiques. Ces livres portaient sur les plats l'aigle de l’Empire, que Napoléon avait substitué aux armes des Bonaparte qui étaient : de gueules à deux barres d'or, accompagnées de deux étoiles du même.
Les volumes portent plusieurs cachets dont celui de la bibliothèque du roi à Trianon.
