Zayde histoire espagnole

Madame de La Fayette

Edition originale de Zayde ce roman de Madame de La Fayette.

Très bel exemplaire dont les deux volumes sont de même dimension ce qui est « fort rare » (H. Destailleur), conservé dans sa reliure en maroquin doublé de maroquin de Chambolle-Duru.

Paris, 1670.

2 volumes petit in-8 de : I/ 99 pp., (1) p., 441 pp., (1) p., (1) f. bl.; II/ (2) ff., 536 pp.

Maroquin rouge janséniste, dos à nerfs, titre, tomaison et date dorés, double filet or sur les coupes, doublure de maroquin vert orné d’une large dentelle dorée, tranches dorées sur marbrures.

Reliure signée Chambolle-Duru.

163 x 101 mm

Madame de La Fayette. Zayde histoire espagnole, par Monsieur de Segrais. Avec un traité de l’Origine des Romans, par Monsieur Huet.

Paris, Claude Barbin, 1670.

Très rare édition originale de Zayde ce beau roman de Madame de La Fayette.

Tchemerzine, III, 834-835 ; Le Petit, 347-348 ; Destailleur, 1311 ; Catalogue du baron A. de Ruble, 446 ; Bulletin Morgand et Fatout, n°2212 et 8350.

« La psychologie des personnages, bouleversés par les passions et déchirés entre devoir et sentiments, y est décrite avec une finesse inconnue jusqu'alors dans le genre romanesque. Publié en 1670, Zayde fonde le roman d'analyse et annonce le clair-obscur de La Princesse de Clèves » (Camille Esmein).

Roman à la mode « hispano-mauresque », Zayde est construit autour d’une intrigue à rebondissement rythmé par un dispositif novateur des lettres et de récits insérés.

L’ouvrage obtint un immense succès dès sa sortie en 1670 et fut accompagné d’une deuxième partie l’année suivante. Publié huit années avant La princesse de Clèves, Zayde est considéré comme l’un des premiers romans d’analyse de la littérature moderne et demeure un modèle du genre.

L’œuvre présentait une grande supériorité sur les romans galants de la même époque : c’était son style clair, simple, qui animait le récit et donnait du relief aux personnages.

Marie-Madeleine Pioche de la Vergne épousa le comte de La Fayette en 1655. Ancienne habituée de l’Hôtel de Rambouillet, elle se consacre elle-même à la littérature et aux relations mondaines en ouvrant son salon de la re de Vaugirard aux membres de la haute société et aux doctes comme Ménage, Huet et Segrais. Ce milieu aristocratique et lettré perpétue ainsi la tradition de l’Hôtel de Rambouillet.

Pour éviter les foudres de l’opinion, Madame de La Fayette dut emprunter le nom de son ami Jean de Segrais pour publier La Princesse de Montpensier puis Zayde.

Cette œuvre précieuse et romanesque due essentiellement au talent de la comtesse suppose toutefois une collaboration des beaux esprits du salon et notamment de Segrais et de la Rochefoucauld.

« On sait que Segrais de son propre aveu ne contribua qu’à la construction du roman, auquel La Rochefoucauld, d’après Madame de La Fayette elle-même, communiqua un peu de son esprit » (Tchemerzine).

Très bel exemplaire conservé dans sa reliure en maroquin doublé de maroquin réalisée par Chambolle-Duru.

Les volumes sont « de même dimension, ce qui est fort rare » selon H. Destailleur et « très rare » d’après le baron de Ruble.

Provenance : bibliothèque Guy Pellion, avec ex-libris.

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