Lettres choisies des auteurs François les plus célèbres
Rare édition originale de cet important recueil, comprenant 94 lettres ou extraits de lettres de Madame de Sévigné ces « chefs-d’œuvre dans le genre épistolaire ».
Très bel et précieux exemplaire conservé dans son maroquin rouge de l’époque aux armes de la Comtesse de Provence.
2 volumes in-8 de : I/ x pp., (1) f., 504 pp.; II/ (2) ff., 498 pp., (1) f.
Maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, armoiries frappées or au centre, dos à nerfs richement orné, pièces de titre et de tomaison en maroquin vert, filet or sur les coupes, roulette intérieure dorée, tranches dorées sur marbrures. Reliure armoriée de l’époque.
164 x 94 mm.
[Sevigné, Madame de] - Alletz, Pons-Augustin. Lettres choisies des auteurs françois les plus célèbres, pour servir de modèle aux personnes qui veulent se former dans le style épistolaire.
Paris, Guillyn, 1768.
Très rare édition originale de cet important recueil de lettres comprenant 94 lettres ou extraits de lettres de Madame de Sévigné.
Barbier, II, 1229.
Dans ce précieux recueil, Pons-Augustin Alletz (1703-1785) consacre une partie importante aux lettres de Madame de Sévigné, qu’il considère comme des « chefs-d’œuvre dans le genre épistolaire ».
« Le style de ces Lettres est naturel, vif, plein de grâce, on y trouve cette noble simplicité et cette aisance qui caractérise le style des personnes de qualité, et particulièrement de celles qui ont beaucoup d’esprit […] Tout s’embellit sous la plume de Madame de Sévigné : tout y prend de la vie et de la couleur ; et jusqu’à ses pensées les plus brillantes, il ne lui échappe rien qui ne semble être amené par un sentiment fin et délicat ; en sorte que son esprit ne marche, pour ainsi dire, qu’à la suite de son cœur » (Alletz).
Les lettres de la marquise de Sévigné sont considérées aujourd’hui comme l’un des plus beaux témoignages sur le siècle de Louis XIV.
D’une plume alerte et enjouée, l’épistolière raconte à ses nombreux correspondants les grands événements de son temps, du procès du surintendant Fouquet à l’exécution des grandes empoisonneuses. Mais cette correspondance est surtout le plus vibrant témoignage d’amour d’une mère à sa fille, à qui la marquise enverra des centaines de lettres pour lui faire part aussi bien des derniers potins de la ville que de sa tendresse sans limite.
« On dénombre environ cent cinquante lettres autographes sur les mille trois cent soixante-treize connues. La plupart des lettres de la marquise à sa fille ont été brûlées ou fâcheusement remaniées par les descendants. Aucune n'a été publiée de son vivant. La prose la plus policée du monde, le naturel tant vanté, n'étaient pas moins des effets de l'art que l'œuvre d'une société. Il y a dans cet accord une sorte de miracle, voire un document de première main sur le Grand Siècle » (Jacques T. Quentin, Fleurons de la Bodmeriana, n° 43).
« L’amour maternel est le fond de la correspondance privée entre la mère et la fille. Ces lettres de Mme de Sévigné à sa fille seraient vraisemblablement restées enfouies dans les coffres où la destinataire les avait affectueusement conservées si elle n’avait été cousine de Bussy-Rabutin. Exilé en 1665 pour sa célèbre Histoire amoureuse des Gaules, il s’était occupé à raconter sa vie et à écrire des lettres. En 1697, les Lettres de Bussy parurent en 4 volumes, dont 2 contenaient à part sa correspondance avec sa cousine : 247 lettres à peu près également partagées. Le succès de celui qui paraissait alors seul capable de supplanter Balzac et Voiture attira l’œil des gens de goût sur le talent de la marquise. Le fils aîné de Bussy finit par demander à Mme de Simiane, petite-fille de Mme de Sévigné de lui envoyer la correspondance qu’elle venait d’hériter de ses parents. Le mouvement était lancé qui allait faire de la marquise le modèle des épistoliers »
(En français dans le texte).
Très bel et précieux exemplaire conservé dans sa reliure en maroquin rouge de l’époque aux armes de la Comtesse de Provence.
Fille du duc Victor Amédée III de Savoie Marie-Joséphine-Louise de Savoie (née le 2 septembre 1753) épousa le 14 mai 1771 Louis-Stanislas-Xavier comte de Provence, futur Louis XVIII.
D’un esprit très libéral elle défendit les droits de la nation au début de la Révolution avant d’émigrer le jour de l’arrestation de Louis XVI à Varennes le 25 juin 1791.
Se piquant fort de littérature, elle composa sa bibliothèque avec intelligence. Celle-ci fut dispersée à la Révolution (E. Quentin-Bauchart, II, 308 à 330).
