Les Lettres

Malherbe, François de
Paris, Antoine de Sommaville, 1645.
Prix : 3 000 €

Édition originale rare de La Correspondance de Malherbe en reliure de l’époque.

« La Correspondance de Malherbe est du plus grand intérêt car elle constitue une chronique de la vie de Paris et de la Cour pendant la fin du règne d’Henri IV et le début du règne de Louis XIII. Beaucoup de ces lettres cependant dépassent le genre des Mémoires. » (Dictionnaire des Œuvres).

In-12 de (1) f. et 366 pp.
Veau fauve, dos à nerfs orné à la grotesque, pièce de titre en maroquin rouge, coupes décorées, tranches dorées sur marbrure, coins et coiffes émoussés. Reliure de l’époque.

137 x 73 mm.

Malherbe. Les Lettres de M. François de Malherbe, Gentil-homme ordinaire de la Chambre du Roy.
Paris, Antoine de Sommaville, 1645.

On trouve en tête, avant les Lettres, le XXXIIIe livre de Tite-Live, avec la dédicace au duc de Luynes.

Édition originale rare desLettres de Malherbe non répertoriée par Brunet et Deschamps.

La Correspondance de Malherbe (vers 1555-1628) est du plus grand intérêt, car elle constitue une chronique de la vie de Paris et de la Cour pendant la fin du règne d’Henri IV et le début du règne de Louis XIII. Beaucoup de ces lettres cependant dépassent le genre des Mémoires : Malherbe s’y révèle critique et moraliste. Moraliste classique, « honnête homme » qui ne croit point que lui soit dévolue la mission de corriger son prochain et de jouer le rôle d’un gardien farouche de la vertu, il se contente de ramener doucement ses amis, de les convaincre par des raisons (notamment en leur rappelant le règne universel de la mort) d’accepter les jeux du sort. « La vie des hommes, écrit-il, a sa lie, aussi bien que le vin. Le vivre et le vieillir sont choses si conjointes, que l’imagination même a de la peine à les séparer. En la terre, tout se change, tout s’altère, non d’année en année, de mois en mois, ni de semaine en semaine, mais de jour en jour, d’heure en heure, et de moment en moment. » Faut-il pour cela perdre cœur ?

Pour garder ses amis de l’angoisse, Malherbe en appelle moins à l’espérance divine qu’aux joies que la nature, même dans nos deuils, continue de nous proposer. Cette confiance éminemment classique dans l’ordre du monde apparaît bien lorsque, par exemple, ce cœur volage que fut Malherbe évoque la solidité des affections enracinées dans la loi naturelle : « Les amitiés que les opinions nous impriment commencent légèrement et finissent de même ; un faible soupçon les ébranle, une petite offense les ruine ; celles qui ont leur naissance dans les sentiments de la nature s’attachent en nous avec des racines si profondes qu’il n’y a qu’une violence prodigieuse qui soit capable de les en arracher. »

Le ton de ces Lettres est souvent lourd de pessimisme : « Quelque habit que l’on porte en ce monde, et par quelque chemin que l’on y marche, on arrive toujours au même lieu. Cette vie est une pure sottise. »

Mais si Malherbe abhorre les hommes, il confesse crûment avoir trouvé « deux belles choses au monde, les femmes et les roses, et deux bons morceaux, les femmes et les melons ».
Dieu, dit-il encore, s’est sans doute repenti d’avoir fait l’homme ; mais il ne s’est jamais repenti d’avoir fait la femme !

Précieux et fort rare exemplaire conservé dans sa reliure du XVIIe siècle.