Les Œuvres
Édition originale des Œuvres de Malherbe.
Bel exemplaire conservé dans sa première reliure en vélin ivoire de l’époque.
In-4 ff. de (26) ff. titre et portrait compris, 720 pp., 228 pp.
Vélin ivoire, qq. pp. soulignées au crayon, qq. ff. roussis, qq. piqures. Reliure de l’époque.
216 x 162 mm.
Malherbe, François de. Les Œuvres de Mre François de Malherbe, gentil-homme ordinaire de la chambre du Roy.
Paris, Charles Chappellain, 1630.
Édition originale, première émission, des Œuvres de Malherbe.
Tchemerzine, IV, 338 ; Le Petit, 116-118 ; En français dans le texte, 87 ; Soultrait, Bibliothèque J. Bonna, XVIIe siècle, n° 162.
Elle est illustrée d'un beau portrait gravé en taille-douce par Vostermann d'après Dumonstier.
« Son portrait a été peint plusieurs fois par son ami Dumonstier, et ce portrait, gravé par l’un des grands élèves de Rubens, Lucas Vostermann, pour la première édition de Malherbe publiée en 1630, est devenu le type de tous ceux qui ont paru depuis » (Feuillet de Conches).
Exemplaire du premier tirage, avant l'adjonction des 18 lignes au Discours sur les œuvres de M. de Malherbe par Godeau.
« Le maître dont le mot fameux de Boileau exaltait l’avènement exerça son autorité jusqu’au début du XIXe siècle, et les premières odes de Hugo sont encore de sa tradition… Il a fondé la poésie classique » (H. Coulet, En français dans le texte).
Le succès des poésies de Malherbe est attesté par les éditions de ses œuvres, à partir de 1630, et par la première place qu’il continuait d’occuper dans les rééditions du Recueil collectif.
C’est dans le domaine du lyrisme noble ou officiel que Malherbe devient aussitôt une autorité et un modèle ; toutes les odes officielles du siècle, même celles de Théophile et de Tristan, dérivent des siennes.
On pille ses lieux communs, ses expressions, ses rimes : Scarron et d’autres le parodient ; Théophile et Boileau dénoncent les plagiats de fils et de Memphis, turban et Liban, merveille et sans pareille.
Vaugelas et Balzac citent volontiers les remarques de langage qu’ils lui ont entendu prononcer.
A l’époque des précieux, on admet ses exigences de clarté, de justesse et de sobriété. Enfin les vers de l’Art poétique fixent pour deux siècles l’image d’un Malherbe législateur-né du Parnasse et créateur de la poésie classique. Au XVIIIe siècle, J.-B. Rousseau copie son lyrisme officiel, et le jeune Chénier apprécie ses vers en connaisseur. A partir du romantisme, son œuvre connaît une longue défaveur, bien que Baudelaire en admire le rythme symétrique. De nos jours, la vogue du baroque a ramené l’attention sur les poésies de sa jeunesse, tandis que Paul Valéry justifiait les contraintes que, dans sa maturité, il a imposées au vers français.
Bel exemplaire conservé dans sa première reliure en vélin ivoire de l’époque.



