Les Poésies

Malherbe, François de
Paris, Thomas Jolli, 1666.
Prix : 7 500 €

Les Poésies de Malherbe.

Magnifique exemplaire en maroquin rouge de l’époque provenant de la bibliothèque Albert de Luynes (1672-1758).

In-8 de (24) ff., 596 pp., (10) ff. 
Maroquin rouge, triple filet doré, dos orné avec caissons dessinés au filet et nerfs soulignés d’une mince roulette, coupes décorées, roulette intérieure, tranches dorées. Reliure de l’époque.

182 x 116 mm.

Malherbe, François de. Les Poésies ; avec les observations de Monsieur Ménage. 
Paris, Thomas Jolli, 1666.

« Première édition donnée par Ménage » (Brunet). 
Tchemerzine, IV, 344 ; Brunet, III, 1338.

Rare édition des Poésies de François de Malherbe (1555-1628) plus complète que l’originale qui ne comportait que les six livres de poésies.
Cette belle édition servit de modèle aux éditions suivantes.

« Édition recherchée dans laquelle on trouve le discours d’Antoine Godeau sur les œuvres de Malherbe qui n’a pas été reproduit dans l’édition de 1689 ci-dessous. De beaux exemplaires en maroquin bleu et en maroquin vert ont été vendus 72 fr. De Bure l’aîné, et 50 fr. Giraud » (Brunet, III, 1338).
72 et 50 F OR sont à l’époque des prix fort élevés, l’originale de 1630 reliée en superbe maroquin de l’époque, condition désormais introuvable n’ayant été adjugée que 41 F OR. Bertin et 91 F OR, Giraud.

« « Enfin Malherbe vint… », la célèbre formule de Boileau le présente justement comme un inaugurateur. Poète grammairien, il a voulu donner au siècle nouveau une langue nouvelle. Célébrant les princes qui marquent un tournant de l’Histoire en imposant l’ordre politique et la paix civile, il s’érige lui-même en « tyran des mots et des syllabes » pour fixer la langue dans sa perfection. Tournant le dos à la fièvre anarchique d’enrichissement comme aux subtilités pétrarquistes, il épure au nom de l’usage et du bon sens, et consacre le règne de la simplicité et de la clarté, valeurs « classiques » par excellence. A ses yeux, cette langue ainsi fixée sera tout aussi apte que le latin classique à dire le vrai dans une forme inaltérable. « Ce que Malherbe écrit dure éternellement » ; ce point d’orgue ponctuant plusieurs de ses pièces résonne comme un cri de victoire sur l’angoisse surmontée. « Mais mon humeur est d’aspirer / Où la gloire est indubitable. » L’écriture de chaque poème a pour enjeu la conquête de ce lieu où l’infini du beau se conjugue avec son universalité et son intemporalité, là où le poète parle la parole essentielle. Ainsi s’expliquent le « caractère non raisonnable, le côté inhumain, maniaque » (Ponge) du travail de Malherbe. Il y a un aspect mallarméen de Malherbe qui n’a pas fini de nous fasciner » (Louis Delibes).

« Bien que sa production rimée ait été peu importante, Malherbe fut encensé par plusieurs générations d’auteurs comme le créateur de la littérature classique » (Nicolas Ducimetière).

Magnifique exemplaire, à très grandes marges, conservé dans son maroquin parisien de l'époque provenant de la bibliothèque du duc Albert de Luynes (1672-1758).