Œuvres diverses
Rare première édition collective des Œuvres de Marivaux conservée en maroquin de l’époque.
Paris, 1765.
4 volumes in-12, maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, dos lisse orné, pièces de titre et de tomaison en maroquin olive, filet or sur les coupes, roulette intérieure dorée, tranches dorées. Reliure en maroquin de l’époque.
164 x 95 mm.
Marivaux, Pierre Carlet de. Œuvres diverses de Monsieur de Marivaux, de l’Académie Françoise contenant La Vie de l’Auteur, Le Dom Quichotte moderne, L’Iliade en vers burlesques, L’Education d’un Prince, la Voiture embourbée & quelques autres pièces posthumes de l’Auteur.
Paris, Duchesne, 1765.
Rare première édition collective des Œuvres de Marivaux en maroquin de l’époque.
Elle contient plusieurs pièces importantes de Marivaux.
« Ce qui fait de Marivaux un des plus grands auteurs français, c’est cette sincérité perpétuellement douloureuse et cependant si maîtresse d’elle-même qu’on a pu voir une discipline et presque un jeu dans un désordre de sensibilité » (Edmond Jaloux).
Quand la querelle des Anciens et des Modernes connaît un regain d’actualité entre 1714 et 1716, autour de la traduction d’Homère par Mme Dacier, il se range aux côtés de Fontenelle et Houdar de La Motte. Il participe à la polémique dans des articles donnés au Mercure, et par L’Iliade travestie, poème burlesque où le souvenir de Scarron se mêle à une gaieté insolente et à une verve réaliste toutes personnelles, que l’on retrouve dans le roman du Télémaque travesti (approbation accordée en 1714, publié à Amsterdam en 1736), cette fois démarqué de Fénelon.
En 1720, Marivaux se tourne vers le théâtre.
D’après le témoignage de D’Alembert, il est peu satisfait par la façon de jouer des Français.
Par sa nature, le dialogue marivaudien est en parfait accord avec le talent de comédiens rompus à la « commedia dell'arte », plus spontanés, et bien plus souples aux directives, que ne le seront jamais les Français. Grâce à eux, Marivaux apporte au théâtre un ton singulier, neuf, inédit et le renouvellement de la dramaturgie qui se faisait attendre depuis Molière. II crée la comédie d'amour, faisant passer au premier plan le couple de jeunes gens, et choisissant pour sujet de sa pièce l’histoire du sentiment amoureux. Les valets forment souvent un couple amoureux parallèle à celui des maîtres dans le registre comique ; plus rapides et plus lucides, ils servent de confidents, révèlent l'amour que la raison, la pudeur, la crainte de l'engagement veulent tenir secret et dirigent l'action. Leur rôle principal consiste à créer les situations où les amoureux seront contraints de renverser ces obstacles intérieurs. Quoique Marivaux ne se répète jamais, ses comédies s'achèvent toutes par le triomphe de 1’amour ; c’est qu’il est persuadé, comme il l’écrit dans La Vie de Marianne qu’« il n'y a que le sentiment qui puisse nous donner des nouvelles un peu sûres de nous » Au théâtre comme dans le roman, Marivaux prend pour sujet l'exploration des « mouvements » infimes et toujours renouvelés de la sensibilité. Dans les trois domaines littéraires abordés par Marivaux : théâtre, roman et journaux, la peinture des mouvements du cœur et l'expression du Moi, la recherche de la vérité de l'être sous tous ses masques, la variété et le naturel des tons, le renouvellement des techniques propres à chaque genre et de leur langage, ont été son souci essentiel. À la fin de sa carrière, Marivaux constate que « le fond de l'esprit humain va toujours croissant parmi les hommes » (« Le Miroir »). C'est bien ce qui fait de lui un auteur pour notre temps. (Catherine Bonfils).
Fort bel exemplaire relié en maroquin de l’époque.



