Amphitryon

Molière
Paris, Jean Ribou, 1668
Prix : 15 000 €

Édition originale d’Amphitryon de Molière, une comédie originale et gaie, jouée avec succès devant le Roi en 1668.

In-12 de (4) ff. et 88 pp. Maroquin rouge janséniste, dos à nerfs, filet doré sur les coupes, doublure de maroquin bleu avec large dentelle intérieure dorée, tranches dorées sur marbrures. Reliure signée de Chambolle-Duru.

146 x 86 mm.

Molière, Jean-Baptiste Poquelin dit. Amphitryon. Comédie. Paris J. B. P. de Molière. Paris, Jean Ribou, 1668.Edition originale de cette comédie de Molière, idéalisant la cour de Louis XIV, « le roi Soleil » et qui connut un succès éclatant puisqu’elle fut jouée 29 fois consécutivement toujours avec un grand succès.
Tchemerzine, IV, 784 ; Vérène de Diesbach-Soultrait, Six siècles de littérature française, XVIIe siècle, II, n° 180 ; Lacroix, pp.16-17 ; Le Petit, 298-299 ; Catalogue baron Ruble, 374.Cette édition originale se reconnaît notamment par l'absence du sonnet qui se trouve dans la rare contrefaçon parue la même année et que Guibert considérait par erreur comme la véritable originale.La preuve a été apportée par Vérène de Diesbach-Soultrait, dans la description qu'elle fait de ces deux éditions dans le second volume du catalogue consacré à la littérature du XVIIe siècle de la bibliothèque Jean Bonna.« Ce grand succès (…) Cette comédie si originale et si gaie, avait été jouée pour la première fois à Paris, au mois de janvier 1668 » (Le Petit).Le Registre de La Grange note que la recette fut de 1 565 livres, 10 sols. Deux jours après elle atteignait 1 668 livres, 10 sols, ce qui est la preuve évidente d'un franc succès. Cette réussite permit à la troupe de Molière de compenser quelque peu les pertes éprouvées dans cette malheureuse année 1667 qui avait été très mauvaise sur le plan financier, par suite d'une série de malchances et de contretemps.Molière avait en effet été malade pendant plusieurs mois et son éloignement du théâtre avait été désastreux pour la troupe.Le 16 janvier la pièce fut représentée devant le Roi, aux Tuileries, dans un grand déploiement de décors et de machineries.Robinet dans ses lettres du 31 décembre 1667 annonce ainsi la réapparition de Molière :« Veux-tu, lecteur, être ébaudi ?Sois au Palais-Royal mardiMolière que l'on idolâtreY remonte sur son théâtre ».Ce retour de Molière dans le rôle de Sosie fut l'occasion pour l'auteur de manifester avec beaucoup de délicatesse mais avec une grande franchise son chagrin de voir le Roi rester apparemment indifférent aux luttes qu'il menait depuis plusieurs années contre ses ennemis, dans l'affaire du Tartuffe.Dans la première scène de l'Acte premier, Molière, étrangement audacieux, rappelle avec tristesse les devoirs qu'impose aux sujets l'obéissance aux grands de ce monde. Il va même, évoquant par allusion son cas personnel, jusqu'à rappeler au Roi que 20 ans de services si mal récompensés l'avaient un moment conduit à envisager sa retraite.Il est hors de doute que Louis XIV dût être touché et qu'il voulut effacer sans trop tarder dans l'esprit du poète ces sentiments d'amertume. Aussi, dès la fin de la campagne des Flandres la réconciliation était faite et Molière, infatigable, faisait coup sur coup jouer deux pièces nouvelles, Georges Dandin et l'Avare, puis, participait au Grand Divertissement de Versailles en attendant de triompher dans Tartuffe.Provenance : Bibliothèque Léon Rattier, avec ex-libris.