Le Malade imaginaire

Molière

« Edition originale de Molière extrêmement rare » (Tchémerzine).

Paris, 1673.

Exemplaire unique avec le seul feuillet A1 connu en deux versions in-4.

In-4 de 36 pp., bradel de cartonnage. Reliure du XIXe siècle.

229 x 169 mm.

Moliere. Le malade imaginaire. Comédie, meslée de musique, & de Danse. Représentée sur le Théâtre du Palais Royal.

Paris, Christophe Ballard, seul imprimeur du Roy pour la musique, 1673.

« Edition originale ; ce livret extrêmement rare contient le prologue, lesintermèdeset lacérémonie finale » (Tchémerzine, IV, 816).

« Christophe Ballard, imprimeur du Roi pour la musique, le fit imprimer immédiatement après la mort de Molière, survenue après la quatrième représentation de la pièce.

On a ajouté à cet exemplaire, après le titre, un feuillet inconnu dans ce format (signé A1 et paginé I-II) donnant une version différente du prologue (débutant par : Le Théâtre représente une Forest…) et contenant une Plainte de la bergère. Cette version du prologue et ce poème ne semblent pas être signalés par Lacroix ni Guibert : nous les avons retrouvés imprimés à la suite d’une contrefaçon de 1674 publiée sous la rubrique des Elzevier d’Amsterdam, conservée à la B.N.F. (Réserve des livres rares), mais cependant au format in-12.

Le Prologue occupe les pages 3 et 4, l’Eglogue les pages 5 à 12. Les Intermèdes comprennent :

1er Intermède ……….. pages 13 à 24

2ème Intermède ……… pages 24 à 27

3ème Intermède ……… pages 27 à 36

Le Malade imaginaire, est une comédie-ballet de Molière, en trois actes, en prose, représentée au Palais-Royal le 10 février 1673, publiée en 1682. Comme je l’ai raconté plus haut, c’est à la suite de la quatrième représentation, le 17 février, que Molière mourut. Il avait écrit cette pièce au milieu de difficultés et d’amertumes que j’ai relatées. C’était un divertissement avec ballet et musique de Charpentier, qu’il réservait à la cour ; mais l’animosité de Lulli qui fit restreindre ses moyens d’exécution vint contre-carrer ce projet et Molière donna la pièce sur son théâtre. Il avait eu pour l’écrire peu de modèles. On parle d’une farce de Maître Mimin du XVIè siècle et d’une farce du répertoire de la troupe de Molière, Le grand benêt de fils aussi benêt que son père ; il aurait pu trouver dans ces charges l’idée de ses Diafoirus. On pourrait dire que, malade, il se jouait lui-même et qu’il jouait la faculté en demandant, pour la jouer, des renseignements à son médecin Mauvilain. Écrivait-il une farce ou une comédie ? C’est assurément une farce, avec ses travestis et ses parades bouffonnes : mais c’est une farce traversée de précises peintures de mœurs et de profondes observations morales. Une fois de plus, Molière y caricature les médecins et leur science prétentieuse, une fois de plus et avec plus de cruauté que jamais, puisqu’il va jusqu’à caricaturer une séance de réception de docteur en médecine, mais son principal propos paraît être différent ; il veut montrer quels ravages peut exercer une manie, l’obsession de la maladie et l’obsession du médecin, dans un individu et dans une famille. Argan n’est pas un sot, mais l’obsession de la maladie qui devient une maladie réelle, lui fait perdre l’esprit, l’avilit, le condamne à ne s’occuper que de ses remèdes, le fait tomber sous l’empire de sa seconde femme Béline, qui est une coquine, et qu’il prend pour un ange. À sa manie, il sacrifie tout et en même temps que lui-même, sa famille, sa fille Angélique qu’il veut faire religieuse, si elle n’épouse pas son Thomas Diafoirus. Par-là, Le Malade imaginaire rejoindrait Tartuffe, Le Misanthrope, L’Avare et Les Femmes savantes. Il toucherait même parfois comme l’Avare, à la tragédie : le malheureux Argan qui fait le mort pour savoir comment il sera regretté des siens est une scène douloureuse. Pour échapper à cette atmosphère de drame, Molière multiplie les bouffonneries, surtout par l’entremise de la servante Toinette, et il nous maintient constamment autour de la garde-robe. » (Rév. J. P. C.)

Tchémerzine ne cite que deux exemplaires : « Lignerolles, dérelié chez James de Rothschild » et de Ruble, exemplaire Firmin-Didot.

Exemplaire unique à grandes marges avec le seul feuillet A1 répertorié en deux versions in-4.

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