Le Tartuffe, ou l'imposteur comédie

Molière

Seconde édition originale de Tartuffe contenant pour la première fois le frontispice gravé sur cuivre représentant Tartuffe, Orgon et Elmire, ainsi que les trois importants placets présentés par Molière au roi pour la défense de sa pièce.

Paris, 1669.

Petit in-12 de : (12) ff., et 96 pp., petites restaurations marginales sans atteinte au texte, frontispice renforcé en marge, pte. déch. restaurée au f. D4.

Maroquin rouge, losange aux petits fers doré au centre des plats, dos à nerfs, double filet or sur les coupes, roulette intérieure dorée, tranches dorées, étui bordé. Reliure du XIXe siècle.

141 x 84 mm.

Molière. Le Tartuffe, ou L’imposteur, comédie.

Paris, Jean Ribou, 1669.

Seconde édition originale de Tartuffecontenant pour la première fois un frontispice gravé sur cuivre représentant Tartuffe, Orgon et Elmire, ainsi que les trois importants placets présentés par Molière au roi pour la défense de sa pièce.

Tchemerzine, IV, 787 ; Guibert, Bibliographie des œuvres de Molière, 262-263.

Parue 74 jours après la première originale, c’est cette édition que la Bibliothèque Nationale reproduisit en fac-similé à 330 exemplaires en 1924, avec une notice de Dacier, indiquant que les deux premières éditions étant également précieuses, celle-ci l’emportant en intérêt.

« L'histoire des représentations de ‘Tartuffe’ est celle même de la lutte obstinée menée par Molière contre les vices de son temps et de la résistance qu'elle suscita. En mai 1664, eurent lieu à Versailles des fêtes.

Tartuffe n'est ni un traître de mélodrame, ni un personnage de Vaudeville ; c'est un personnage complexe, humain ; en lui, l'orgueilleux, l'homme sensuel déduisent, en un instant, le résultat de la comédie de l'hypocrisie. »

« On sait les difficultés qu’éprouva Molière à faire jouer ce chef-d’œuvre, qui était composé dès 1664. Les trois premiers actes furent représentés devant Louis XIV et sa Cour, aux fameuses fêtes de Versailles données par le Roi, au mois de mai 1664, et dont les spectacles étaient désignés sous le nom de ‘Les Plaisirs de l’Isle enchantée’. Ce fut le 12 mai qu’eut lieu la première représentation. Mais la pièce fut de suite interdite à la ville. Louis XIV, écoutant évidemment les conseils de certains personnages qui s’étaient sentis blessés au vif par cette satire, refusa à Molière l’autorisation de jouer ‘le Tartuffe’ au théâtre.

Malgré les instances de Molière, malgré la protection du prince de Condé, qui fit jouer le ‘Tartuffe’ chez lui à plusieurs reprises, il devait s’écouler encore plus de dix-huit mois avant que la pièce fût livrée au public.

Cette comédie immortelle fut jouée à la ville le 5 février 1669. Inutile de dire qu’elle eut un succès considérable, car elle était impatiemment attendue. Quarante-huit représentations à peu près consécutives démontrèrent aux fanatiques d’hypocrisie que la loyauté et la persévérante franchise venaient enfin de triompher… » (Le Petit, Bibliographie des principales éditions originales, pp. 293-297).

Dès la première représentation se forma une cabale influente protégée par quelques hautes personnalités en vue de faire interdire définitivement cette pièce estimée dangereuse pour la morale et la religion.

Précieuse seconde édition originale, achevée d’imprimer le 6 juin 1669.

Elle présente un intérêt tout particulier en raison de la présence des trois placets et du frontispice représentant Tartuffe, Elmire, et Orgon sortant de dessous la table.

Ces placets au roi sont relatifs au pamphlet de Roullé, curé de Saint-Barthélemy qui avait réussi à faire interdire la représentation de Tartuffe. « Ces ‘Placets’ offrent un très grand intérêt et il est urgent de les posséder » (Le Petit).

Une grande originale de Molière.

Vendu