Recueil des plus beaux vers
Editions originales des poésies signées « M. de Mollier » (sic) achevées d’imprimer le 18 juin 1661,
reliées aux armes de Madame la Comtesse de Verrue (1670-1736).
Paris, 1661.
2 parties en 1 volume in-12 de (16) ff. et 286 pp., (2) ff., pp. 287 à 536.
Maroquin bleu, triple filet doré encadrant les plats, armes frappées or au centre, dos à nerfs orné aux petits fers avec pièces d'armes alternées, pièce de titre en maroquin rouge, roulette dorée sur les coupes, dentelle intérieure dorée, tranches rouges. Reliure du début du XVIIIè siècle.
143 x 84 mm.
M. de Mollier ou « Molière ». Recueil des plus beaux vers qui ont esté mis en chant. Avec le nom des Autheurs tant des Airs que des Paroles.
Paris, Charles de Sercy, 1661.
Edition originale rarissime des poésies signées « De Mollier » composées avant l’année 1660 et « Achevé d’imprimer pour la première fois le 18 jour de juin 1661 ».
Barbier, IV, col. 106 ; Lachèvre, Recueils collectifs de poésies, publiés de 1597 à 1700, II, pp. 84-89 et 129-130 ; Quentin Bauchart, I, pp. 409-426; Le Livre au féminin, Bibliothèque royale de Belgique, 1996, n° 156 ; Barber, The James A. de Rothschild Bequest at Waddesdon Manor. Printed Books and Bookbindings, Rothschild Foundation, 2013, II, n° 672 et 714 ; Larguier (L.), Les Trésors de Palmyre, Plon, 1938, pp. 53-63 ; Olivier, Pl. 800.
Ce sont entre autres : Sérénade pour le roy (Louis XIV) signée M. de Mollier, Chanson A danser de Mr. De Mollier, signée M. de Mollier,autre Chanson a Danser de Mr. De Mollier signée M. de Mollier, etc…
La signature de ces premières poésies et chansons composées avant Les Précieuses ridicules est très vite corrigée en « Molière » par Madame de Sévigné.
Ce précieux volume rassemble 314 poésies originales réunissant outre celles citées ci-dessus, les grands auteurs du XVIIè siècle : Corneille, Voiture, Pascal (madame), Scarron, Melle de Scudery, M. de Rambouillet et Malherbe notamment.
Précieux exemplaire aux armes de la comtesse de Verrue (1670-1736), née Jeanne-Baptiste d'Albert de Luynes.
Épouse d'un maréchal de camps, elle fut recherchée par le duc de Savoie, Victor-Amédée II, et finit après une longue résistance par céder à sa passion. Olivier ajoute toutefois qu'elle domina impérieusement la Cour de Savoie, finit par se lasser après avoir lassé son entourage et retourna à Paris où elle ouvrit son hôtel de la rue du Cherche-Midi aux littérateurs et philosophes.
Bibliophile, elle avait formé dans son hôtel parisien et à sa campagne de Meudon une collection riche de quelque 3 000 titres, tous reliés par les meilleurs artistes de l'époque et souvent en maroquin de diverses couleurs et à ses armes.
A Paris, ces livres prenaient place dans un grand cabinet avec vue sur le jardin, dans des armoires en marqueterie écaille et cuivre, les volets garnis de rideaux de taffetas vert, le dessus couvert de marbre.
La tradition veut que celle-ci, « qui [avait eu] 30 ans en 1700, représente admirablement le XVIIIè siècle où l'on [était] philosophe et libertin, épicurien, élégant, curieux, artiste et intelligent ». Et l'on se plaît à l'imaginer, elle, dont l'épitaphe, composée par ses soins, était « Ci-gît, dans une paix profonde, cette dame de volupté qui, pour plus grande sûreté, fit son paradis dans ce monde », chantant en la compagnie de ses amis, beaux esprits, artistes, écrivains et philosophes, quelques-unes des chansons réunies dans ce recueil.
Exemplaire très bien conservé.
Provenances : Jeanne-Baptiste d'Albert de Luynes, comtesse de Verrue (Cat., 1737, n° 206), avec cote de rangement manuscrite ; marquis de Colin (Cat., 2845, n° 362 « Exempl. aux armes de la comtesse de Verrue »), avec la mention manuscrite « Colin 1845 » sur l'un des premiers feuillets de garde; Florin de Duikingberg, avec son ex-libris.



