La Légende de Maistre Pierre Faifeu
Le XVIIIè siècle renouera avec Jean Molinet (1435-1507) en éditant Guillaume Crétin (1723), mais surtout en donnant dans La Légende de maistre Pierre Fajfeu (1723) – le présent volume - quatre de ses textes : La Recollection, Le Ditié de Verjus, Le Testament de la guerre et Le Calendrier.
L’un des 4 exemplaires imprimés sur peau de vélin provenant des bibliothèques du roi Louis XV, avec armoiries, Cangé, Ambroise-Firmin Didot, Richard Curzon, 4ème comte Howe et Georges Petit.
In-12 de (5) ff. et 198 pp.
Maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, armoiries frappées or au centre, dos à nerfs finement orné, pièce de titre en maroquin vert, filet or sur les coupes, roulette intérieure dorée, tranches dorées. Reliure armoriée de l'époque.
153 x 98 mm.
Molinet, Jean (1435-1507) - Bourdigne, Charles (1480-1567). La Légende de Maistre Pierre Faifeu, Mise en vers par Charles Bourdigné.
Suivi de : Poésies diverses de Jehan Molinet chanoine de Valenciennes.
Paris, Coustelier, 1723.
L’exemplaire relié pour le roi Louis XV, la première année de son règne et l’un des quatre exemplaires recensés en 1822 imprimés sur peau de vélin en 1723.
En 1822, les 4 exemplaires recensés appartiennent aux bibliothèques de MM. Cangé, Mac-Carthy, Renouard et Harley.
Première édition réunissant La Légende de Maistre Pierre Faifeu et les Poésies de Jehan Molinet.
Charles de Bourdigné, conteur et poète (Angers, v. 1480- ? ap. 1567) a joui à son époque d'une certaine notoriété. Quoique Prêtre, il a, comme Rabelais, écrit quarante-neuf contes pleins de libre verve où il raconte, sans embarras, les mille tours d'un joyeux écolier, Pierre Faifeu (qui figurera dans les Nouvelles de B. Des Périers). Et c'est à lui que revient le mérite d'avoir introduit dans la tradition narrative française le récit d'aventures attribuées à un seul héros folklorique local, peut-être historique à l'origine. Le style familier, riche en régionalismes, la versification, quelquefois le mauvais goût ont fait juger sévèrement cette œuvre. Par ailleurs musicien, il fréquenta à Angers, entre 1530 et 1540, le cénacle de Clément Janequin.
Bourdigné est, après Octavien de Saint-Gelais, le premier versificateur français qui ait alterné assez régulièrement ses rimes masculines et féminines.
La seconde partie du volume est occupée par les poésies de Molinet.
Né en 1435 à Valenciennes, Jean Molinet, farouche et partial partisan de l’excellence des princes bourguignons, devient le modérateur incontesté du groupe des Grands Rhétoriqueurs lorsque, en 1475, Charles le Téméraire le nomme son indiciaire, c’est-à-dire son mémorialiste.
Molinet a mené de front la rédaction de sa Chronique, qui couvre les années 1474-1507 avec une baisse de densité à partir de 1493 (traité de Senlis), et l’écriture d’œuvres multiples : poésies, proses, mais surtout prosimètres. Dans cette dernière forme, rhétorique par excellence, Molinet traite des grands événements politiques du temps. A côté de ces grandes œuvres, où l’élévation du sujet est rendue par une rhétorique double et par le procédé de l’allégorèse (Noblesse, Expérience, Vérité… prennent la parole en alternance avec l’Auteur), il y a l’œuvre en vers ; courtes pièces : ballade de la maladie de Naples, chant royal composé pour le Puy de Valenciennes, épitaphes de Philippe le Bon, Josse de Lalaing, Philippe de Crèvecoeur, etc.
La plus grande partie de l’œuvre poétique et les prosimètres paraissent sous le titre des Faitz et Dictz de Jean Molinet.
Le XVIIIè siècle renouera avec Jean Molinet (1435-1507) en éditant Guillaume Crétin (1723), mais surtout en donnant dans la Légende de maistre Pierre Fajfeu (1723) – le présent volume - quatre de ses textes : La Recollection, le Ditié de Verjus, le Testament de la guerre et le Calendrier.
Molinet, un des piliers de l’école dite des Rhétoriqueurs, a donc connu un succès durable : c’est que son œuvre poétique était tout aussi bien politique et morale. La flamboyance de la rhétorique y était au service d’une vision du monde. La tendance à la moralisation, qui marque spécialement la fin du Moyen Age, s’exprime d’ailleurs de façon exemplaire dans la mise en prose moralisée que Molinet donna de l’œuvre poétique par excellence le Roman de la Rose.
« Comme la plupart des poètes de son temps, il fabrique d’une part des déclamations de circonstance et monte, d'autre part, de curieuses expériences sur les éléments du vocabulaire et du style français. Cependant sa truculence sensible et son impudeur naturelle l'incitent souvent à se gausser des usages, des préjugés littéraires à la mode : il ose décrire le monde tel qu'il le voit. »
Précieux et superbe exemplaire, l’un des quatre imprimés sur peau de vélin, relié en maroquin rouge aux armes du roi Louis XV, provenant des bibliothèques Louis XV, Cangé ; Ambroise-Firmin Didot (juin 1878, n°209) ; Richard Curzon, 4ème comte Howe et Georges Petit.





