Essais de Messire Michel, Seigneur de Montaigne. 1582
Deuxième édition originale des Essais de Montaigne, « Bourdeaus, 1582 » conservée dans sa superbe reliure en vélin ivoire de l’époque,
la plus rare et enviable des conditions.
L’exemplaire Jean Filleau de la Touche, avocat du roi Louis XIV.
In-8 de (4) ff., 806 pp. et (1) feuillet d’extrait du privilège.
Vélin ivoire à rabats, titre inscrit à l’encre sur la tranche inférieure Essays. Reliure de l’époque.
160 x 106 mm.
Montaigne, Michel de. Essais de Messire Michel, Seigneur de Montaigne, Chevalier de l’Ordre du Roy, & Gentil-homme ordinaire de sa Chambre, Maire & Gouverneur de Bourdeaus. Edition seconde, reveue & augmentée.
Bourdeaus, S. Millanges, 1582.
« Seconde édition originale des « Essais » », (Tchemerzine), revue, corrigée et comportant les deux premiers livres augmentés par Montaigne.
Sayce & Maskell, 2 ; Tchemerzine, IV, 871 ; P. Dessan, Bibliotheca Desaniana , n° 12.
« Elle est plus belle que la première et c’est un volume peu commun » (Brunet, III, 1835).
« Elle est imprimée en jolis caractères plus fins et plus nets que ceux de la première » (Le Petit, p. 100).
Elle dut être imprimée à 1500 exemplaires.
Cette édition fut publiée par Montaigne au retour de son voyage en Italie. Elle comporte des corrections issues de cette récente expérience comme, par exemple, une allusion à sa rencontre avec Le Tasse.
« Les exemplaires de la seconde édition des « Essais » sont aujourd’hui aussi rares que ceux de la première édition de 1580. Le tirage fut probablement identique à celui de la première édition imprimée deux années plus tôt. On relève 34 additions et 16 citations nouvelles, dont 9 en italien » (P. Desan).
Les Essais de 1582 intègreront de nouvelles citations et feront place à quelques développements importants, comme, par exemple le nouveau préambule en forme de profession de foi du chapitre « Des prières » (l. 56). Sans être parfaite, l’édition de 1582 est plus soignée que celle de 1580. La récente élection de Montaigne comme maire de Bordeaux n’y fut sans doute pas pour rien. Elle amena en tout cas Millanges à rajouter deux charges aux dignités de l’auteur déjà mentionnées en page de titre, au-dessus du fleuron déjà utilisé en 1580 : Essais de Messire, Seigneur de Montaigne, Chevalier de l’ordre du Roy & Gentil-homme ordinaire de sa chambre, Maire & Gouverneur de Bourdeaus.
« Retiré du tumulte après que son plus fidèle ami, Etienne de La Boétie, et son père, eurent disparu, il consacra la fin de sa vie à retoucher son portrait. D’ébauches en corrections, de remords en précisions, Montaigne échafaude une des œuvres maîtresses de l’esprit humain. D’abord publié à Bordeaux chez Simon Millanges, en 1580 et sans doute à compte d’auteur (« J’achette les imprimeurs en Guienne, ailleurs ils m’achettent »), les ‘Essais’ ne comportent alors que deux Livres » (F. Pottiée-Sperry).
Au cours des 70 dernières années, seuls deux autres exemplaires reliés en vélin de l’époque sont répertoriés :
Librairie Loewy (catalogue 1966, n° 940), il y a 53 ans.
Vente Sotheby’s (Londres, 22 juin 1988, lot 259, 155 mm de hauteur : « upper margin of title shaved… corner of upper cover repaired »), il y a 31 ans, exemplaire court de marges et rogné.
Valeurs des éditions originales de 1580 et 1582 en reliures identiques :
Il est rare de trouver dans une même vente ou dans le catalogue d’un libraire ces deux éditions originales des Essais de Montaigne en reliure identique. Ce fut cependant le cas chez « Morgand » en 1877, époque de haute bibliophilie :
Edition de 1580 reliée en maroquin du XIXe siècle de Duru 1 500 F OR
Edition de 1582 reliée en maroquin du XIXe siècle de Duru 1 000 F OR à la même date.
Rappelons pour mémoire que Pierre Bergé acquit son exemplaire de 1580 relié en vélin de l’époque 715 000 € à la vente Christie’s du 25 juin 2009, au cœur de la crise financière.
Superbe exemplaire conservé dans la plus enviable condition, grand de marges (hauteur 160 mm contre 156 mm pour l’exemplaire rogné vendu par Sotheby’s en 1988).
Provenances : Jean Filleau de la Touche, sieur de la Bouchetterie, avocat du roi Louis XIV (1600-1682) ; Jacques de Ricaumont, Francis Pottiée Sperry ; puis vendu 350 000 € il y a une dizaine d’années.



