Lettres Persanes
Un merle blanc de la littérature française des lumières :
le superbe exemplaire des Lettres persanes à la date de 1721 en maroquin janséniste de l’époque
avec doublures et gardes polychromes à décor floral sur fond doré.
Condition de reliure inconnue de l’ensemble des bibliographes spécialisés.
2 volumes in-12 de (1) f. et 311 pp. ; (1) f. et 347 pp. titres rouge et noir.
Maroquin rouge janséniste, filet à froid sur les plats, dos à nerfs, titre et tomaison frappés en lettres d’or, coupes décorées, roulette intérieure, doublures et gardes de papier polychrome sur fond de pointillé dorée, tranches dorées sur marbrures. Reliure en maroquin janséniste de l’époque avec doublures et gardes décorées.
140 x 78 mm.
Unique exemplaire desLettres persanesrelié en maroquin de l’époque à la date de 1721 passé sur le marché depuis des décennies.
Jacques Guérin possédait un exemplaire de la réédition des Liaisons dangereuses en maroquin d’époque – précieux aussi en cette condition de reliure mais cependant moins rare – mais n’avait pu se procurer d’exemplaire des Lettres persanes de 1721 en maroquin du temps. Son exemplaire de la troisième édition des Liaisons dangereuses relié en maroquin de l’époque fut vendu près de 40 000 € il y a 33 ans (Vente du 29 novembre 1988, n°12).
« Première édition de Rochebilière (Bibliographie des éditions originales d’auteurs français, page 267 et suivantes) qui la croit imprimée clandestinement en France, et probablement à Rouen comme toutes les éditions Brunel. Typographie en gros caractères » (Tchemerzine IV, 921).
Elle contient 150 lettres.
Elle est ici avec les fautes corrigées en tirage signalé ni par Rochebilière, ni par Tchemerzine.
« Il existe plusieurs éditions des Lettres Persanes sous la date de 1721 et sous la rubrique, tantôt Cologne, Pierre Marteau, tantôt d’Amsterdam, Pierre Brunel. La première de toutes est de format petit in-12 et aurait été imprimée en Hollande. « Pour être plus sûr que le secret fût bien gardé et que l’impression fût bien faite, Montesquieu confia son manuscrit à son secrétaire qu’il envoya à Amsterdam. Celui-ci y séjourna jusqu’à la fin de sa mission, qu’il couronna en mettant sur la première page du livre un nom de libraire supposé et un lieu d’impression inexact. » (L. Vian, Histoire de Montesquieu, page 56-57). Le succès de ce livre hardi, qui frondait toutes les idées reçues et les travers de la société à cette époque, fut immense. On le réimprima furtivement en France, coup sur coup. L’édition que nous cataloguons, quoique portant la rubrique d’Amsterdam, et bien que le nom de P. Brunel soir un nom réel, n’a jamais vu le jour en Hollande. Elle a été imprimée en France, sans la participation de l’auteur, et nous croyons que le groupe d’éditions, portant le nom de Brunel, a été imprimé pour la majeure partie à Rouen.
Cette édition est imprimée en gros caractères, rappelant la première des éditions de Madame de Sévigné sortie des presses de Rouen. » (Rochebilière, Bibliographie des éditions originales d’auteurs français, n°770).
Les Lettres Persanes sont une satire pittoresque de la France d’alors, d’autant plus fine qu’elle vient de deux Persans, ébahis comme nos voyageurs l’étaient chez eux, et qui jugent nos mœurs, l’un avec un sérieux piquant, l’autre avec une souriante malice.
Montesquieu fait des Français un portrait peu flatteur. A l’en croire, ils sont légers, curieux, incapables d’un effort soutenu, sans cesse tourmentés d'un besoin inquiétant de plaisirs, et l'argent a chez eux confondu les conditions. Mais sa critique, si elle est sévère, n'est pas triste. Il amuse, comme amusait La Bruyère : il imite d'ailleurs ce modèle et ne redoute pas la comparaison. Son portrait du décisionnaire universel » (lettre 72) n'a peut-être pas le fini du portrait d'Arrias : il plaît par plus de prestesse et de bonne humeur.
Nos Persans impitoyables disent leur mot sur tout ce qu'on voit à Paris : sur le roi, les seigneurs, les magistrats, les théologiens, les habitués des cafés, les nouvellistes, les badauds, les écrivains. Leur badinage irrespectueux se nuance parfois de gravité, c'est par avance le ton de Voltaire.
Montesquieu aborde tous les problèmes de la morale, de la politique et de l'économie sociale : il traite de la tolérance, de la justice éternelle, du suicide, de la valeur des lettres et de la civilisation, du droit public et du droit des gens, de la condition des femmes, de la dépopulation. Comment ne pas être frappé de cette curiosité attentive, de ce souci des hautes questions, de la profondeur et de l'originalité des vues ? Une méthode s'élabore, des principes apparaissent qui, dans la pensée de Montesquieu, joueront un rôle essentiel. Sous l'aspect riant d'un badinage agréable et fleuri s'annonce la gravité des œuvres prochaines.
Précieux et magnifique exemplaire à la bonne date de 1721 de l’un des plus grands textes littéraires français des Lumières revêtu d’une exquise reliure en maroquin rouge janséniste de l’époque avec doublure et gardes de papier polychrome à décor floral sur fond doré.
Brunet ne cite aucun exemplaire en maroquin de l’époque. Il mentionne l’exemplaire Bertin relié au XIXe siècle en maroquin de Trautz-Bauzonnet, vendu 76 F OR à sa vente de 1854 (N°1416). A cette même vente, l’édition originale des Précieuses Ridicules « joli exemplaire relié pour Duru » était vendu 24 F OR (N°903).
Deschamps, Tchemerzine et Rochebilière ne citent pareillement aucun exemplaire à la date de 1721 relié en maroquin de l’époque.
Le présent exemplaire pourrait être le seul répertorié en cette condition d’exception.





