Les Œuvres

Nicole, Pierre
Paris, Charles de Sercy, 1693.

Précieux et bel exemplaire relié en maroquin de l’époque aux armes et pièces d’armes d’Albert de Luynes (1672-1758), gouverneur de Picardie et Prince du Saint-Empire.

Provenances : Albert de Luynes (1672-1758) ; P. Desq. avec ex-libris.

Deux volumes in-12, maroquin rouge, filet pointillé à froid sur les plats, armoiries dorées au centre, dos à nerfs orné de pièces d’armes, coupes décorées, roulette intérieure, tranches dorées. Reliure armoriée de l’époque.

163 x 92 mm.

Nicole, Pierre. Les Œuvres du Président Nicole, contenant diverses pièces choisies traduites en vers françois D’Ovide, Horace, Martial, Anacréon, Catule, Properse, Les Satyres de Juvenal & de Perse. Les Amours d’Aenée & de Didon, de Virgile. Proserpine, Poème de Clodian, & Les Amours d’Adonis, Poëme du Cavalier Matin.
Paris, Charles de Sercy, 1693.

Édition fort rare et texte recherché de Pierre Nicole.

Éducateur né, Nicole fut un des cinq maîtres de Port-Royal de Paris, puis il professa à l’École des Granges, à Port-Royal-des-Champs. On lui doit une Logique de Port-Royal ou Art de penser, composée avec Arnaud. Il fonda à Chartres, à Troyes et à Beauvais, des écoles de filles. Nicole, affamé de solitude, fut au plus fort de la bataille janséniste, jeté dans l’action par le Grand Arnauld, et plusieurs fois contraint de se cacher en province ou aux Pays-Bas. Et lorsque, après avoir dénoncé (pour une fois imprudent), en une lettre latine à Innocent XI, les « monstrueuses erreurs des casuistes » (1677), il fit sa soumission à l’archevêque de Paris, il déchaîna un tollé parmi ses amis. Cependant, pour important que soit son rôle dans l’histoire de Port-Royal, c’est le moraliste, le psychologue fin et pénétrant des Essais de morale (1671-1714) qui, seul, assure aujourd’hui à Pierre Nicole une survie discrète. De Mme de Sévigné à Henri Bremond, son profond pessimisme imprégné de douceur chrétienne et le regard si aigu qu’il porte sur les replis insoupçonnés du moi où se terre l’amour propre ont trouvé des admirateurs. Les Essais de morale, qui comprennent six volumes (dont deux posthumes), contiennent maintes considérations des plus nuancées sur la difficulté d’établir la paix entre les hommes, la connaissance de soi-même et ses illusions, un Traité de l’éducation d’un prince, etc., qui font de Nicole, dans ses meilleures pages, un maître de la civilité chrétienne dont la réflexion suivante donne assez le ton : « L’Homme veut se voir parce qu’il est vain. Il évite de se voir parce que, étant vain, il ne peut souffrir la vue de ses défauts et de ses misères. » Au cours de ses huit dernières années, Nicole, sans jamais cesser d’écrire, put connaître enfin cette tranquillité à laquelle il aspirait. Sa correspondance (trois volumes) à été publiée au XVIIIè siècle par son biographe l’Abbé Goujet. » Henri le Breton Grandmaison.

Précieux et bel exemplaire relié en maroquin de l’époque aux armes et pièces d’armes de Louis-Joseph d’Albert de Luynes, prince de Grimberghen et du Saint-Empire, fils de Louis-Charles, duc de Luynes, grand fauconnier de France et gouverneur de Picardie, et d’Anne de Rohan, sa seconde femme, et petit-fils du connétable. Il naquit le 1er avril 1672 et entra dans l’armée où il devint mestre de camp en 1703 il s’attacha à l’électeur de Bavière qui devint empereur d’Allemagne sous le nom de Charles VII ; celui-ci le nomma conseiller d’État impérial, intime, actuel et privé, colonel des gardes à pied, feld-maréchal, ambassadeur extraordinaire à la cour de France et prince du Saint‑Empire en 1742. Louis-Joseph d’Albert de Luynes mourut à Paris le 20 novembre 1758. Il avait épousé le 17 mars 1715 Madeleine-Marie-Honorine-Charlotte, princesse de Berghes, qui lui apporta la terre de Grimberghen, ; il en eut deux fils morts jeunes et une fille.

Vendu