Œuvres de François Villon
Exceptionnel et superbe exemplaire imprimé sur grand papier de Hollande relié en veau blond de l’époque aux armes de Christophe de Klinglin (1689-1769), premier président au conseil souverain d’Alsace.
In-8 de XXXIV, 228 pp., 68 pp., (1) f. et 90 pp.
Veau blond, grandes armoiries frappées or au centre des plats, dos lisse finement orné, pièce de titre en maroquin rouge, coupes décorées, tranches rouges. Reliure armoriée de l’époque.
164 x 100 mm.
Villon, François. Œuvres de François Villon : avec les remarques de diverses personnes (Eusèbe de Laurière, Le Duchat et de Formey).
La Haye, Adrien Moetjens, 1742.
Edition importante, la meilleure du XVIIIe siècle, valant, selon Brunet deux à trois fois l’édition Coustelier de 1723 (6 à 8 Fr. Or contre 3 Fr. Or).
Tchemerzine, V, 980 ; Brunet, V, 1249.
En grande partie originale car augmentée de fragments inédits, elle est ainsi décrite par l’illustre bibliographe : « Cette édition est préférable à celle de Coustelier, parce que l’éditeur y a joint de nouvelles notes, quelques fragments inédits, des mémoires touchant Villon par Prosp. Marchand, et une lettre critique extraite du Mercure de février 1724 ».
« Villon est le premier poète à la moderne : le premier où l’on reconnaisse l’âme du poète étonnant, tel que la France l’a conçu, tel que Paris l’a créé, tel qu’il est resté, et tel qu’il devait être depuis maître François… Les émotions de Villon sont violentes et profondes. Mais elles ne le privent pas de raison, si elles le privent de volonté » (André Suarès).
« Avant tout, il est, est pour jamais, le maître de la ballade. Il y acquit une telle supériorité sur celle du Livre des cent ballades qu’il donne l’impression d’une aisance et d’une facilité qui sont, en fait, le comble de l’art. J’en dirai autant de sa langue, si simple et si naturelle, qui ne doit pas même être traduite à l’intention du lecteur d’aujourd’hui, mais ceci ne doit pas non plus nous donner le change. Il n’en était peut-être point ainsi pour ses contemporains des années 60 du XVe siècle, où sa langue devait avoir les couleurs crues de la toile ou du panneau de bois sortant de l’atelier. Toutefois, il a renié et dédaigné l’accompagnement musical traditionnellement imposé à notre poésie lyrique, et il est un des premiers à avoir prononcé la séparation de la musique et de la poésie, celle-ci se contentant, désormais, de son harmonie propre. Son « farfadet » comporte quelque deux mille vers. Imprimé, il tient dans le creux de la main ; aussi ces deux mille vers valent leur pesant d’or et défieront toute insulte du temps » (G. Cohen).
Précieux et élégant volume imprimé sur très beau papier vergé de Hollande admirablement relié en veau blond de l’époque aux grandes armes deChristophe de Klinglin, baron de Hattstatt, fils de Jean-Baptiste, préteur royal de Strasbourg. Né en 1689, reçu conseiller du Roi au conseil souverain d’Alsace en 1716, il en devint le second président en 1719, et ensuite le premier président ; il résilia sa charge en avril 1768 et mourut en son château d’Oberherghiens le 8 août 1769, âgé de 80 ans ; il avait épousé en 1725 Marie-Anne, comtesse de Montjoye.
