Pensées

Pascal, Blaise
Prix : 15 000 €

L'édition définitive de 1678 « augmentée de nombreuses pensées » (Tchémerzine).

Le plus bel exemplaire répertorié en main privée somptueusement relié en maroquin de l’époque de Luc-Antoine Boyet, l’illustre relieur du roi Louis XIV, actif à compter de 1680.

In-12 de (28) ff., 357 pp., (9) ff., (3) ff., 133 pp. (1) f., pp. 137-214 et (1) f. [Discours… de Filleau de la Chaise, daté de 1672] ; (2) ff. et 12 pp. [Qu’il y a des démonstrations…]

Maroquin rouge, plats ornés d’un décor à la Duseuil, dos à nerfs richement orné, coupes décorées, roulette intérieure, tranches dorées sur marbrures. Superbe reliure de l’époque de Luc-Antoine Boyet.

162 x 88 mm.

Pascal, Blaise. Pensées de M. Pascal sur la Religion et sur quelques autres sujets, qui ont esté trouvées après sa mort parmy ses papiers. Nouvelle édition, augmentée de plusieurs Pensées du même autheur. Paris, Guillaume Desprez, 1678. Avec Privilège et Approbation.

Rarissime édition originale définitive desPensées de Pascal sortie des presses le 14 avril 1678, la première et la seule « augmentée de nombreuses pensées et du DiscoursQu’il y a des démonstrations d’une autre espèce, et aussi certaines que celles de la Géométrie et qu’on en peut donner de telles pour la religion chrestienne » (Tchémerzine, V, 74).

Cette édition originale définitive de 1678 est plus rare que la première édition originale de 1670 en beau maroquin de l’époque.

« L’édition originale augmentée des Pensées de 1678 est la première qui apporte des changements substantiels à l’édition originale de 1670. Elle lui ajoute quarante et un fragments nouveaux : deux d’entre eux ne sont plus connus aujourd’hui que par cette version imprimée. Quant à leur teneur, « la grande majorité des textes nouveaux portent soit sur la morale, soit sur les preuves de l’autorité de l’Écriture » (McKenna 1993).

Le texte des Pensées ne devait plus être modifié ensuite dans les éditions successives que la famille Desprez, titulaire d’un privilège régulièrement renouvelé, fit paraître jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. L’édition de 1678 a par ailleurs suivi l’exemple fourni l’année précédente par le libraire d’Amsterdam Abraham Wolfgang, qui avait adjoint aux Pensées les deux discours de Jean Filleau de La Chaise parus en 1672. Mais Desprez y a ajouté un troisième discours de Filleau de La Chaise, inédit mais portant toujours sur la question de la « preuve de fait ». Son titre, Qu’il y a des démonstrations d’une autre espèce et aussi certaines que celles de la géométrie et qu’on peut en donner de telles pour la religion chrétienne, est démarqué d’une proposition de la Logique de Port-Royal : « Il y a des choses que nous ne connaissons que par une foi humaine, que nous devons tenir pour aussi certaines et aussi indubitables, que si nous en avions des démonstrations mathématiques » (B.N.F.)

« En 1678, munie d’un privilège de 1677 couvrant une durée de 20 ans, fut publiée une édition augmentée d’une quarantaine de fragments qui avaient été exclus de la première. De nombreuses corrections ont été apportées. Les éditions publiées par la suite n’ajouteront rien de neuf.

La sélection des fragments pour cette édition a donné lieu à plusieurs phases de marquage à la sanguine dans la Copie C1. Selon J. Mesnard, ces marques seraient de la main d’Étienne Périer.

Les nombreux changements de graphies et l’abandon des modifications présentes dans les deuxième et troisième éditions montrent que le texte a été entièrement recomposé à partir du manuscrit utilisé pour la première édition.

Trois nouveaux textes ont été introduits dans cette édition :

- Discours sur les pensées de Mr. Pascal (132 pages) composé par M. Du Bois de la Cour (Filleau de la Chaise),

- Discours sur les preuves des livres de Moïse (78 pages), de Filleau de la Chaise,

- Qu’il y a des démonstrations d’une autre espèce et aussi certaines que celles de la géométrie et qu’on en peut donner de telles pour la religion chrétienne (12 pages), de Filleau de la Chaise. » (C.N.R.S)

Les exemplaires reliés en beau maroquin de l’époque pour les deux éditions originales importantes des Pensées de Pascal parues en 1670 et 1678 sont d’une extrême rareté.

Pour l’édition originale de 1670, Tchémerzine ne cite que cinq exemplaires reliés en maroquin ancien : Ex. Parran, Malaussena (vendu 40 000 F contre 2 650 F pour un bel exemplaire relié par Chambolle-Duru dans la même vente) ; Lignerolles, Escoffier et Loménie de Brienne.

Pour l’édition originale de 1678, Tchémerzine ne cite aucun exemplaire relié en maroquin de l’époque.

Brunet cite 3 exemplaires reliés en maroquin de l’époque pour l’originale de 1670 : Bertin, Giraud et Duplessis mais un seul pour l’originale de 1678 : Giraud.

Deschamps ne mentionne aucun exemplaire de l’édition de 1678.

Magnifique exemplaire, le plus beau répertorié en main privée, entièrement réglé, à marges immenses (hauteur 162 mm) revêtu d’une exceptionnelle reliure en maroquin rouge décoré de l’époque de l’illustre Luc-Antoine Boyet, relieur du roi Louis XIV, actif à compter de 1680.