Histoire abrégée de la vie et des ouvrages de M. Arnauld
« Tout le monde convient qu’aucun écrivain du XVIIè siècle n’était né avec un esprit plus philosophe et plus étendu que le Grand Arnauld » (P. Larousse).
Bel exemplaire relié en maroquin de l’époque aux armes du marquis de La Vieuville (1652-1719).
In-12 de 503 pp. et (7) pp.
Maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, armoiries frappées or au centre, dos à nerfs orné, coupes décorées, roulette intérieure dorée, infimes restaurations anciennes aux charnières, tranches dorées. Reliure armoriée de l’époque.
157 x 91 mm.
Pasquier Quesnel (1634-1719). Histoire abrégée de la vie et des ouvrages de M. Arnauld.
Cologne, Schouten, 1697.
Edition augmentée par rapport à la première parue deux années plus tôt, en 1695.
Destailleur, 1606.
L’auteur, Pasquier Quesnel, fut l’un des théologiens les plus célèbres du XVIIè siècle par ses écrits et par la longue lutte qu’il soutint pendant les querelles du jansénisme.
L’ouvrage par lequel il débuta, celui qui produisit le plus d’éclat et qui rendit la vie de l’auteur si orageuse fut le livre des Réflexions morales. Craignant d’être inquiété s’il restait en France, il alla joindre Arnauld à Bruxelles et demeura auprès de lui jusqu’à la mort de ce dernier. C’est à Bruxelles que Quesnel acheva son livre des Réflexions morales. Il en revit la première partie, imprimée en 1671, et lui donna plus d’étendue pour la mettre en rapport avec son nouveau travail. L’ouvrage, ainsi refait à neuf, parut en 1694 et fut suivi en 1695 de l’Histoire de la vie et des ouvrages de M. Arnauld.
Antoine Arnauld (1612-1694) fit paraître son livre De la fréquente communion, où il paraissait critiquer la morale relâchée des jésuites et qui fut attaqué et défendu avec beaucoup de vivacité. La querelle soulevée par les doctrines de Jansénius était alors dans toute sa force ; Arnauld ayant écrit deux lettres au sujet d’une absolution refusée par un prêtre de Saint-Sulpice, ses ennemis en tirèrent deux propositions qui furent censurées par la Sorbonne, et lui-même fut exclu de la faculté de théologie (1656).
Il composa avec Lancelot et Nicole les beaux travaux si connus sur la Grammaire et la Logique. A cette époque, il tourna contre les protestants l’impétuosité de son génie polémique, et publia plusieurs ouvrages qui eurent un grand retentissement : la Perpétuité de la foi ; le Renversement de la morale de J. ‑C. par les calvinistes ; l’Impiété de la morale des Calvinistes. Bientôt, entrainé de nouveau par son ardeur, il reprit sa guerre contre les jésuites, fut calomnié auprès du roi, et jugea prudent de se retirer en Belgique, en 1679. Là il publia son Apologie du clergé de France et des catholiques d’Angleterre contre le ministre Jurieu. Peu après, il eut de vifs démêlés avec Malebranche, dont il attaqua, en termes peu mesurés, la doctrine sur la grâce et sur la vision en Dieu. Cette dispute dura jusqu’à sa mort, arrivée à Bruxelles en 1694. Il mourut dans les bras du père Quesnel, qui fut pour ainsi dire son successeur, et qui donna une nouvelle forme au jansénisme. Les jansénistes perdirent en lui leur plus ferme appui, et les jésuites leur plus redoutable adversaire. Tout le monde convient qu’aucun écrivain du XVIIè siècle n’était né avec un esprit plus philosophique et plus étendu.
Bel exemplaire relié en maroquin de l’époque aux armes de René-François, marquis de la Vieuville (1652-1719), chevalier d’honneur de la reine Marie Thérèse et gouverneur du Poitou.
Il fut un bibliophile distingué dont de nombreux indices permettent d’affirmer qu’il fut l’un des plus importants amateurs de livres actifs à Paris à la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe.
