Le Premier Livre des Poèmes.
Edition originale fort rare du Premier livre des poèmes de Jean Passerat (1534-1602) contenant l’histoire du mari délaissé qui de Cocu devient Coucou.
Exemplaire à très grandes marges.
Paris, 1597.
In-4 de (2) ff. et 32 ff.
Vélin ivoire, dos lisse, traces d’attaches. Reliure ancienne.
226 x 152 mm.
Passerat, Jean. Le premier livre des poèmes.
Paris, Mamert Patisson, Imprimeur du Roy, 1597.
Edition originale d’une extrême rareté.
Renouard, p. 191, n° 5 ; Tchemerzine, V, 107 ; Thiébaud, 712-713 ; Souhart, 368 ; Schwerdt, II, 61.
Exemplaire à très grandes marges (hauteur 226 mm contre 215 mm pour l’exemplaire J. P. Barbier).
« Le Premier livre des Poèmes bénéficiait d'un privilège d'impression indépendant des Kalendæ éditées en même temps. Il était prévu de vendre les deux textes séparément, mais on les rencontre assez souvent reliés ensemble anciennement. Le Premier livre des Poèmes semble toutefois plus rare que les Kalendæ, peut-être tirés à plus grand nombre car leur succès était certain »
(N. Ducimetière, Mignonne, Allons voir si la Rose, n° 52).
« The first edition of the collected poems by a man of considerable learning who was attached to the courts of Henry III and Henry IV in a capacity akin to that of laureate. Passerat composed several songs on hunting, including “Le chien courant” which is the most important, as well as “Le cerf d’amour” and “Adonis ou la chasse du sanglier”. The first of these especially is instructive as the theme is entirely hunting. The best of Passerat is “La Metamorphose de l’homme en oiseau”” (Schwerdt).
« Grand connaisseur des textes latins antiques, lecteur royal détenteur de la chaire d'éloquence latine, Passerat composa une bonne partie de son œuvre dans cette langue d'érudition. Outre les célèbres Kalendiæ, cadeaux d'étrenne à son protecteur Henri de Mesmes entre 1570 et 1596, il avait donné plusieurs poèmes latins déplorant la folie des Français, jetés dans des guerres civiles à répétition… Hormis quelques plaquettes, Le Premier Livre des Poèmes est le principal ouvrage de vers français composé par Passerat : il parut pour la première fois en 1597, parallèlement à la première édition collective des Kalendæ. Le recueil s'ouvre avec le Chien courant, poème sur la chasse commandé, semble-t-il, par Henri III à la fin de son règne. Ce petit traité sur le soin aux chiens de meute est suivi de pièces consacrées au mythe d'Actéon, l'amoureux chassé, dont l'une est dédiée à Catherine de Bourbon, soeur d'Henri IV. La plupart des autres pièces, en revanche, s'adressent au Béarnais et à ses favoris ou favorites : le Jardin d'Amour, par exemple, blasonnant chaque fleur et ses vertus pour les amants, est dédié à la marquise de Monceaux, Gabrielle d'Estrées, la maîtresse en titre d'Henri IV. Plus vive et amusante, la Métamorphose d'un homme en oiseau raconte, dans un style purement marotique, l'histoire d'un mari délaissé qui, de cocu, devint coucou ! »
(N. Ducimetière, Mignonne, Allons voir si la Rose, n° 52).
Humaniste et poète, esprit rabelaisien, Jean Passerat (1534-1602) demeura trente ans auprès du haut magistrat Henri de Mesmes, mécène tenant salon de beaux esprits et de savants, et, d'une profonde érudition, fut choisi en 1572 comme professeur d'éloquence au collège des Lecteurs royaux. Proche du président de Thou, il collabora alors activement à l'entreprise de la Satyre Ménippée, pamphlet littéraire et politique favorable à un pouvoir monarchique restauré en faveur d'Henri IV.
Si Jean Passerat prolonge dans ses poésies la veine marotique, tout en ronsardisant admirablement à l'occasion, son originalité se manifeste principalement dans les pièces où s'exprime sa verve, son enjouement, son esprit de facétie ou de satire, comme dans « Métamorphose d'un homme en oiseau » (un cocu changé en coucou).
Très bel exemplaire à marges immenses (hauteur : 226 mm) de cette remarquable édition originale.



