Histoires ou contes du tems passé

Perrault, Charles
La Haye, s.n. (Paris, Coustelier), 1742.
Prix : 12 500 €

Le plus bel exemplaire à marges immenses des Contes de Perrault cité et décrit par Cohen (789) de la première édition paraissant ornée de ces 8 jolies vignettes en tête de De Sève.

Des bibliothèques du Comte de Lignerolles (Paris, 1894, n°1918) et Montgermont (1911, n°161).

In-12 de (4) ff. et 137 pp.
Maroquin rouge janséniste, dos à nerfs portant le titre doré, doublure de maroquin citron sertie d’un filet d’or et d’un motif doré aux angles représentant le Chat botté, doubles et gardes de papier peigne, tranches dorées sur marbrures. Trautz-Bauzonnet.

152 x 95 mm.

Perrault, Charles. Histoires ou contes du tems passé avec des moralités ; par M. Perrault. Nouvelle édition augmentée d’une nouvelle, à la fin.
La Haye, s.n. (Paris, Coustelier), 1742.

Le plus bel exemplaire cité et décrit par Cohen (col. 789) de la première édition des Contes de Perrault dans laquelle paraissent pour la première fois les jolies vignettes en tête, utilisées à nouveau en 1781 par le libraire Lamy.

Jolie édition des Contes, imprimée à Paris par Coustellier. Elle est augmentée d’un neuvième conte, l’Adroite princesse, ou les avantures de Finette, écrit par Marie-Jeanne L’Héritier de Villandon (1664-1734), la nièce de Charles Perrault. Celui-ci occupe les pages 93 à 137.

Remarquable illustration, en premier tirage, comprenant un frontispice et 9 vignettes en tête gravés en taille-douce par Simon Fokke d’après les compositions de Jacques de Sève. Les vignettes ne sont pas signées, à l’exception de celles de deux premiers contes : Le Petit Chaperon rouge et Les Fées. Elles seront réutilisées par le libraire Lamy pour son édition parisienne des Contes de fées en 1781.

« De tout ce qu’a écrit Perrault, rien n’a plus contribué à le rendre célèbre qu’un tout petit livre auquel, probablement, il n’attachait lui-même que peu d’importance. L’idée lui vint de recueillir les contes que les enfants aiment tant à entendre de la bouche de leurs mères, de leurs nourrices, quand ils ont été sages. Il les publia en janvier 1697, sous le nom de son fils Perrault d’Armancourt. Voici en quels termes Sainte-Beuve parle de ce petit livre : « La Belle au bois dormant, le Petit chaperon rouge, la Barbe bleue, le Chat botté, Cendrillon, Riquet à la houppe, le Petit Poucet, qu’ajouter au seul titre de ces petits chefs-d’œuvre ? On a disserté sur la question de savoir si Perrault en est le véritable auteur. Il est bien certain que pour la matière de ces Contes, Perrault a dû puiser dans un fonds de tradition populaire, et qu’il n’a fait que fixer par écrit ce que, de temps immémorial, toutes les mères-grands ont raconté. Mais sa rédaction est simple, courante, d’une bonne foi naïve, quelque peu malicieuse pourtant et légère ; elle est telle que tout le monde la répète et croit l’avoir trouvée. Les petites moralités finales en vers sentent bien l’ami de Quinault et le contemporain gaulois de La Fontaine, mais elles ne tiennent que si l’on veut au récit ; elles en sont la date. »

C’est Charles Nodier (1844) qui, le premier, y décèlera « une des plus ravissantes productions de la prose française » et la situera parmi les grands textes littéraires français. La gloire vint avec les XIXe et XXe siècles et l'admiration constante que l'œuvre de Perrault suscite aux États-Unis.

Le nombre de commentaires et études qui lui sont consacrés, le nombre de ses rééditions, illustrations ou adaptations cinématographiques variées témoignent d’un succès permanent et d’une immense audience internationale qui situe cet ouvrage parmi les grands textes de la littérature universelle.

Charmante reliure de Trautz-Bauzonnet en maroquin rouge doublé de maroquin citron, avec le fer au chat botté répété aux angles de la doublure.

De la bibliothèque du comte de Lignerolles (1894, n°1918), qui choisit ce fer spécifique pour orner plusieurs éditions des Contes de Perrault qu’il possédait dans sa bibliothèque.

Le plus précieux des exemplaires cités par Cohen : « en maroquin rouge doublé de maroquin citron de Trautz, vente Lignerolles (n. 1918), revendu 605 fr., vente Montgermont (1911, n. 161) ».