Les Œuvres

Desportes, Philippe
Anvers, Arnauld Coninx, 1591.

Les Œuvres de Philippe Desportes, précieux exemplaire, le seul cité par Tchémerzine, conservé dans sa première reliure en vélin argenté.

Des bibliothèques Ripault I, 1924 n° 161, avec ex-libris.

In-12 de (4) ff., 529 pp. et (6) ff., marge supérieure du titre anciennement remmargée, ex‑libris ms. daté 1626 au bas. Papier parfois bruni.
Plein vélin ivoire à recouvrement, plats ornés d’un élégant décor argenté, dos lisse finement orné de filets et rosaces argentés, tranches jaspées. Remarquable reliure à décor argenté de l’époque.

134 x 77 mm.

Desportes, Philippe (1546-1606). Les Œuvres de Philippes des portes. Reveues, corrigées et augmentées.
Anvers, Arnauld Coninx, 1591.

Rarissime édition desŒuvres de Philippe Desportes, recherchée comme l’ensemble des éditions du XVIe siècle de ce poète, la première étant parue à Paris en 1573.
Tchémerzine, II, 888.

Remarquable exemplaire, le plus précieux et le seul en reliure de l’époque parmi les trois cités par Tchémerzine.

Ce recueil contient les Poésies amoureuses dédiées au futur Henri III que Desportes avait accompagné en Pologne.

Desportes, né à Chartres en 1546, mort à Bonport (Eure) le 5 octobre 1606, appartenait à une famille bourgeoise de Chartres et reçut une bonne instruction. Il savait le latin et le grec et probablement l’hébreu et manifesta très tôt des dispositions pour la poésie. Sa vie fut celle d’un courtisan ; d’abord attaché à l’évêque du Puy, Antoine de Senecterre, qu’il accompagna en Italie, puis au secrétaire d’Etat Villeroy, par l’intermédiaire de qui il se lia étroitement avec Ronsard, Baïf et Jamyn. Il accompagna en Pologne, en 1573, le duc d’Anjou, le futur Henri III, qui venait d’y être élu roi, et rentra en France l’année suivante avec lui lorsque Henri d’Anjou devint roi de France. Desportes fut un des intimes et un des conseillers les plus écoutés d’Henri III.

De son vivant, et surtout sous le règne d’Henri III, Desportes a été considéré comme l’égal de Ronsard à qui on l’a souvent préféré. Il se distingue de lui par un certain nombre de qualités fort estimables, la simplicité et la clarté du style et de la langue, la facilité, la légèreté, la suavité. Entre la Pléiade et Malherbe, Desportes occupe une place de transition non négligeable.

Vivant dans la retraite de son abbaye de Bonport, près de Pont-de-l’Arche, Desportes y reçut les jeunes poètes envers qui il se montra toujours généreux et serviable et exerça sur eux une vive influence.

Remarquable reliure de l’époque à décor argenté, d’une grande fraîcheur.

Provenance : L’exemplaire a appartenu à Mauricia-Fébronie de la Tour d’Auvergne (1652-1707), princesse d’Évreux, épouse du Duc Maximilien-Philippe de Bavière (ex-libris à ses armes).

Elle était la fille de Frédéric-Maurice de la Tour d’Auvergne, Duc de Bouillon, frère de Turenne, qui fut longtemps l’âme de la Fronde. Mauricia-Fébronie et sa belle-sœur Adélaïde-Henriette de Savoie firent de la cour de Munich un foyer d’influence française, engageant notamment une troupe de comédiens français.

Son frère, futur Duc de Bouillon, avait épousé Marie-Anne Mancini, nièce de Mazarin, la protectrice de La Fontaine ; bibliothèque Ripault (I, 1924 n° 161) avec ex-libris.

Tchémerzine cite trois exemplaires dont un seul en reliure de l’époque, celui-ci.

LesŒuvres de Desportes imprimées au xviè siècle conservées dans leur vélin de l’époque sont rares et fort recherchées.

Vendu