Gli Asolani. Les Azolains.

Bembo, Pietro

Seconde édition Aldine des « Azolains » de Pietro Bembo (1470-1547) conservée dans son exceptionnelle reliure vénitienne de l’époque de toute pureté, sans restauration aucune, condition des plus rares.
Venise, Alde, 1515

In-8 de 129 ff. et (1) f. avec l’ancre.

Maroquin noir, cadre de filets dorés et à froid sur les plats, fleurette dorée aux angles soulignée de grands fleurons dorés, dos à nerfs orné d’étoiles dorées, « asol » frappé en lettres d’or sur le caisson supérieur, tranches dorées. Remarquable reliure vénitienne de l’époque.

162 x 95 mm.

Bembo, Pietro. [Les Azolains] Gli Asolani di Messer Pietro Bembo.

Venise, Aldo Romano et Andrea Asalano, 1515.

Seconde édition aldine, la première étant parue en 1505 ; on y retrouve la préface deP. Bembo à Lucretia Borgia, duchesse de Ferrare, supprimée dans la plupart des exemplaires de la première édition.

En 1530 seulement, Bembo réimprima cet ouvrage, avec des changements et des corrections ; non pas chez les Alde, mais chez Gio. Antonio e fratelli da Sabbio. In-4.

Pietro Bembo fut à même de connaître la cour de Laurent le Magnifique et celle d’Este, où les écrivains étaient tenus en haute estime. Ses premières expériences à la Cour coïncidèrent avec des études classiques, très poussées, d’abord à Messine avec Constantin Lascaris (1492), puis à Padoue, sous la direction de Nicolò Leonico Tomeo. Bembo avait l’intention de se retirer à l’abbaye de la Croce dell’Avellana, près d’Urbino, mais le bienveillant accueil de Guidobaldo de Montefeltro et de sa femme, Elisabeth Gonzague, l’incita à y renoncer. Il leur dédia un éloge estimé. Bembo – qui fut maintes fois comparé à Pétrarque, non seulement pour sa manière mais encore pour ses tendances et les péripéties de son existence – n’était pas fait pour l’humilité monastique. Déjà à Urbin (1506-1512) il avait connu le cardinal Jean de Médicis, le futur pape Léon X, qui le réclamera à Rome pour rédiger les bulles pontificales en pur latin cicéronien. La période romaine (1512-1519) est dite, précisément, « cicéronienne », de même que la période des Azolains, dédiés à Lucrèce Borgia.

Les Azolains furent écrits entre 1497 et 1502, et dédicacés à Lucrèce Borgia. C’est une suite de dialogues sur l’amour, organisée en 3 livres : l’amour malheureux, l’amour heureux et l’amour platonique. Le tout sur un fond discursif présentant la vie de la cour de Caterina Cornaro à Asolo. Au cours du xviè siècle lus de 40 éditions ont été imprimées.

Après avoir fait une étude profonde des littératures grecque et latine, Alde Manuce donna des leçons publiques de littérature ancienne à Venise (1488), fonda une imprimerie dans cette ville en 1490, devint bientôt célèbre par ses éditions princeps des chefs-d’œuvre grecs et latins et créa l’Académie aldine, composée de savants qui surveillèrent l’impression des nombreux ouvrages sortis de ses presses. En 1500, Alde Manuce épousa la fille d’un imprimeur, André Turisan d’Asola. Six ans plus tard, il eut beaucoup à souffrir de la guerre, vit ses propriétés mises au pillage et fut même emprisonné. Rendu à la liberté, il reprit le cours de ses travaux : mais le manque d’argent le força bientôt à fermer ses ateliers. Toutefois, vers 1512, Alde Manuce forma avec son beau-père une société dont il devint le chef et lui permit de reprendre ses travaux typographiques avec une nouvelle activité. Il comptait parmi ses amis Ange Politicien, Pic de La Mirandole, le prince Alberto Pio de Carpi, etc. Manuce s’attacha à perfectionner la typographie encore dans l’enfance. Il réforma les caractères gothiques, répandit les caractères romains, inventa les lettres italiques, améliora la ponctuation, employa le premier le deux-points et le point et virgule, enfin il apporta le plus grand soin non-seulement à la beauté de l’impression, mais encore à la correction du texte. La marque de son imprimerie est une ancre dont un dauphin enlace la tige, de chaque côté de laquelle on lit en deux syllabes al dvs. La première édition sortie de ses presses est celle d’Héro et Léandre, de Musée, avec une traduction latine (1494). Parmi ses éditions princeps, nous citerons celles d’Aristote, de Platon, d’Eschyle, d’Aristophane, de Sophocle, d’Euripide, de Pindare, de Théocrite, d’Hérodote, de Thucydide, d’Aratus, etc.

Magnifique exemplaire revêtu d’une très pure reliure vénitienne Renaissance en exceptionnel état de conservation, sans restauration aucune, condition des plus rares.

Vendu