Les Vies des hommes illustres
Le Plutarque d’Amyot, complet des « Vies d’Annibal et de Scipion l’Africain » par Charles de l’Ecluse, conservé dans ses superbes reliures en vélin doré et décoré de l’époque.
2 volumes in-8 de : I/ (12) ff,, 1011 pp., (32) ff. ; II/ 1045 pp, (25) ff.
Vélin doré à recouvrement, filet or encadrant les plats, motif feuillagé aux petits fers dorés au centre, dos lisse orné, tranches dorées, pâles mouillures éparses. Reliure en vélin doré et décoré de l’époque.
182 x 110 mm.
Plutarque (50-125 ap. JC). Les vies des Hommes illustres Translatées de Grec en François par Jacques Amyot.
Paris, Abel L’Angelier, 1585.
Fort rare édition des « Vies des Hommes illustres » de Plutarque traduite par Amyot donnée en 1585 par Abel L’Angelier, Dédiée au roi Henri II.
Amyot a traduit en français toutes les œuvres de Plutarque mais la partie la plus estimée de ce vaste travail est la collection des « Vies des Hommes illustres », dont on a dit avec raison qu’il avait fait un livre français, et qu’on relit toujours avec délices, malgré les modifications profondes que la langue a subies.
Amyot fut en effet un des créateurs de cette belle langue du XVIè siècle, originale et naïve, souple, abondante, colorée, naturelle, pittoresque et harmonieuse.
« Elle a, dit Racine, dans le vieux style du traducteur une grâce, que je ne crois pas pouvoir être égalée dans notre langue moderne ».
« Amyot a fait de Plutarque un livre français écrit d’un style coulant et harmonieux naïf et pittoresque, le plus beau modèle de la langue du seizième siècle » (Hector de Backer).
« A unique contribution to French literature, this work established Amyot as a scholar and stylist ranking with Rabelais and Montaigne » (Mortimer, p. 548).
« Si Amyot fixe fortement l’évolution du langage de cour et nous fait songer à la future fondation de l’Académie française, il demeure surtout un traducteur, le traducteur de romans hellénistiques et des écrits de ce Plutarque, où se rencontrent tant d'aventures humaines et dont il disait que les Vies étaient, après les « Saintes Lettres, la plus belle et la plus digne lecture que l’on sçauroit présenter à un jeune Prince » (dédicace des Œuvres morales). Dans ce domaine de la traduction, Amyot fut à la fois un grand érudit, un grand vulgarisateur (qualités rarement réunies de son temps dans un même personnage) et il s'efforça d’être un grand artiste.
Pour lui la fin du nécessaire travail critique, c'est l’œuvre française qu’il faut polir sans relâche pour la rendre aussi exacte, aussi adaptée au public, aussi belle que possible. On ne peut qu’admirer sa méthode réfléchie d’appropriation (par équivalence, par métamorphose), une méthode fondée sur une géniale intuition de l’Antiquité et toute tournée vers la volonté de mettre l’œuvre ainsi interprétée à la portée des lecteurs, en leur parlant une langue riche, savoureuse, expressive ; en s’adressant à eux d’une façon à la fois élégamment naturelle et constamment attentive à ces effets d’harmonie et de nombre qui firent d’Amyot le Ronsard de la prose de son temps » (R. Aulotte).
« Dans le petit nombre de livres que je lis quelquefois encore, Plutarque est celui qui m’attache et me profite le plus. Ce fut la première lecture de mon enfance, ce sera la dernière de ma vieillesse : c’est presque le seul auteur que je n’ai jamais lu sans en tirer quelque fruit » (J.J. Rousseau, 1777).
Précieux exemplaire conservé dans ses superbes reliures en vélin doré et décoré de l’époque.



