Procez et amples examinations sur la vie de Caresme Prenant

Rouen, veuve Jean Petit, 1612.
Prix : 6 800 €

Farces et facéties populaires.

Carême Prenant et Carnaval.

« Édition perdue dont le comte de Lurde possédait un exemplaire » (Alain Mercier).

Superbe exemplaire, celui-là même du Comte de Lurde.

Plaquette in-8 de 14 pages.
Maroquin citron, triple filet doré encadrant les plats, dos à nerfs orné, dentelle intérieure, tranches dorées, qq. rousseurs. Trautz-Bauzonnet.

153 x 100 mm.

Procez et amples examinations sur la vie de Caresme Prenant. Dans lesquels sont amplement descrites toutes les tromperies, astuces, caprices, bisarreries, fantasies, brouillements, inventions, subtilités, folies & débordemens qu’il a commises & faict pratiquer en la présente année. Avec la sentence, mandement & banissement général, donnez & publiez contre luy, de l’ordonnance & commission du seigneur Caresme. Traduit d’Italien en François.
Rouen, veuve Jean Petit, 1612.

Rarissime édition rouennaise de cette facétie citée par Brunet (I-1576).

Cette édition est ainsi décrite par Alain Mercier dans La littérature facétieuse sous Louis XIII : Édition perdue, dont le comte de Lurde possédait un exemplaire. On en trouve mention dans le Bulletin du bibliophile, 1875, p. 389, n°341.

Très bel exemplaire, réglé, provenant de la vente de Monmerqué et recouvert ensuite d’une ravissante reliure de Trautz-Bauzonnet.

L’exemplaire même du Comte de Lurde, cité précédemment, provenant de la bibliothèque du baron de Ruble (1899, n°496).

De tout temps, et dès le Moyen Age, l’époque du carnaval vit se dérouler des mascarades et des fêtes populaires. A la cour même, les rois étaient atteints du vent de folie qui soufflait dans ces jours de liesse ; eux-aussi, faisaient leur « Carême-prenant ». On appelait ainsi les trois derniers jours du Carnaval précédent le Carême. Dès longtemps, le peuple personnifia ces deux personnages ennemis, Carême-prenant et Carême, le premier dispensateur de joies, amateur de fêtes, de festins et de beuveries, le second précédant un cortège de jours maigres et tristes, où ne devait plus régner que l’abstinence, d’où étaient exclus les hommages rendus à Bacchus et à Vénus.

Ainsi, le public par les réjouissances de la rue, comme les grands seigneurs par des tournois, fêtait-il sans retenue les jours gras avant de tomber sous le triste règne du sire Carême. Ces fêtes étaient l’occasion pour les colporteurs de débiter certains livrets burlesques et facétieux. A Paris et en province, on vendait alors de petits opuscules comiques où souvent était évoqué, dans un style héroï-comique, le combat de Carême-prenant et de Carême. La plupart de ces petits livrets sont certainement perdus. La curiosité des bibliophiles de tous les temps en a sauvé un certain nombre de l’oubli. Leur abondance même, du XVè siècle à nos jours, atteste la persistance de la gaieté et de l’esprit gaulois dans notre race.

L’exemplaire du Comte de Lurde et du Baron de Ruble.