Œuvres
Précieux et superbe exemplaire sur Hollande avec les figures avant la lettre relié en maroquin de l’époque aux armes du Lieutenant général de Police Le Noir.
7 volumes in-8, maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, armoiries au centre, dos lisses richement ornés de filets et motifs dorés, pièce de titre en maroquin citron, filet or sur les coupes, roulette intérieure dorée, tranches dorées. Reliure armoriée de l’époque.
196 x 122 mm.
Racine, Jean. Œuvres de Jean Racine, avec des commentaires. Par M. Luneau de Boisjermain.Paris, Louis Cellot, 1768.
La célèbre édition desŒuvres de Racine illustrée en premier tirage par Gravelot en 1768.
Tchemerzine, V, 361 ; Cohen, 484-485 ; Rahir, Bibliothèque de l’amateur, 602.
Elle est ornée d’un portrait par Santerre, gravé par Gaucher et 12 figures de Gravelot, gravées par Duclos, Flipart, Lemire, Lempereur, Levasseur, Née, Provost, Rousseau et Simonet.
« Gravelot remaniait souvent jusqu’à trois ou quatre fois sa composition, et ne la dessinait définitivement à la plume, avec des touches délicates de bistre, que lorsqu’il en avait trouvé le mouvement juste et quand l’agencement lui plaisait ; jusque-là il cherchait ses figures à la sanguine et au crayon souvent retouché de plume, dans ces premières esquisses où il est si curieux de suivre les efforts de sa pensée. Il poussait souvent même la conscience jusqu’à dessiner le nu de ses personnages, et ne se décidait à les costumer qu’autant que la position de leurs corps lui semblait heureuse et le mouvement naturel » (R. Portalis, Les dessinateurs d’illustrations au XVIIIe siècle, Paris, Morgand et Fatout, 1877, tome I, pp. 274-275).
« Il existe des exemplaires sur papier de Hollande, avec les figures avant la lettre » (Cohen, 484).
« Belle édition, d’un format commode et prisée par les amateurs. Il a été tiré quelques exemplaires sur papier de Hollande, dans lesquels les figures sont en épreuves avant la lettre » (Rahir).
« La vie de Jean Racine (1639-1699) est traversée de contrastes. Orphelin tout enfant, élevé par son grand-père maternel, il commence ses études à Port-Royal, puis envisage la vie ecclésiastique, mais se tourne à vingt-deux ans vers la « mondanité » et connaît le plus vif succès dès sa deuxième tragédie « Alexandre le Grand ». Il remporte ensuite triomphe sur triomphe pendant dix ans à partir d’Andromaque, s’imposant avec Bérénice contre Corneille son aîné, réduisant au silence la cabale qui avait voulu abattre Britannicus (…) ; mais soudain c’est le silence, un mariage qui le « range », le retour la piété- bref, une visible crise intérieure qui, plus que sa nomination comme historiographe de Louis XIV, explique la retraite, en plein gloire, de cet homme qui n’avait pas quarante ans. Ses deux seuls retours à la scène furent inspirés par la Bible (Esther et Athalie). En 1697, la troisième édition de ses Œuvres, contenant ses deux dernières pièces, fixe pour nous son legs : quelques pièces de vers et surtout onze tragédies. Outre la comédie de Plaideurs, et les pièces citées plus haut, ce sont La Thébaïde, Bajazet, Mithridate et Iphigénie. La Bruyère a suggéré que Corneille intimide parce qu’il peint les hommes « tels qu’ils devraient être », alors que Racine attire parce qu’il les peint « tels qu’ils sont ». Racine a su toucher davantage que Corneille en plaçant au centre de ses intrigues simplifiées à l’extrême de multiples personnages frémissants de femmes, des plus diurnes aux plus nocturnes. Racine poète de l’amour… » (En Français dans le texte).
Précieux exemplaire imprimé sur papier de Hollande avec les figures avant la lettre, l’un des rares conservé dans ses reliures en maroquin de l’époque armorié.
Chacun des plats porte les armoiries de Jean-Charles-Pierre Le Noir, fils de Jean-Charles-Joseph, lieutenant particulier au Châtelet de Paris, et de Marie-Anne Le Noir de Cindré, né le 17 novembre 1732. Il devint conseiller au Châtelet en 1752, lieutenant particulier après son père maître des requêtes, conseiller d’État en 1775, puis lieutenant général de police à Paris le 10 juin 1776 ; il apporta dans l’administration de cette ville quantité d’améliorations et resta en fonction jusqu’au 11 août 1785 ; il avait été nommé en avril 1784 garde de la Bibliothèque du Roi et président de la commission des finances ; en 1790, il émigra en Suisse, puis en Autriche ; il rentra en France en 1802 et mourut le 17 novembre 1807. Le Noir qui avait épousé en premières noces Marie Denis, le 27 janvier 1757, contracta en Autriche un second mariage avec une Française.
De la bibliothèque Giraud-Badin (10 novembre 1954).
